Lire au travers de Rawls : enquête sur la réception d'un philosophe américain en France. Avec Mathieu Hauchecorne sur France Culture.


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06.04.2019

Si certains s’en servent pour caler des armoires, les livres sont avant tout écrits et publiés pour être lus. Ils peuvent toutefois s'avérer précieux à d'autres fins. Servir en particulier de prisme au travers desquels mieux percevoir certains phénomènes.
Lire au travers c'est précisément ce qu'a fait Mathieu Hauchecorne avec un livre devenu récemment un classique, la Théorie de la justice du philosophe américain John Rawls. Lire au travers de la version française plus exactement, celle qui a paru en 1987 aux éditions du Seuil, soit seize ans après sa publication en langue originale.
Si Mathieu Hauchecorne a pris le parti de se servir ainsi de Rawls, c'est pour faire apparaître, à travers la réception de son œuvre en France, certaines caractéristiques du monde intellectuel de notre pays entre les années 1960 et aujourd'hui, et par là proposer une autre manière, sociale et politique, d'écrire l'histoire des idées.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

Nietzsche : vie et philosophie, par Julien Rochedy.


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09.2019

Ancien président du Front national de la jeunesse, créateur et animateur de l'Ecole Major, Julien Rochedy nous offre une conférence passionante sur la vie et l'oeuvre de l'homme qui l'aura le plus profondémment marqué : Friedrich Nietzsche.
Car l'oeuvre de ce philosophe est, en définitive, une façon de voir le monde. Un filtre d'exactitude et, surtout, de sincérité. Il s'agit, avec lui, de s'entraîner à percevoir ce qui se mue et s'agite autour de soi en se débarrassant des grilles de lectures morales ou idéalistes.
Sommes-nous prêt à voir notre nos certitudes et notre vie même bouleversées ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'06'33 : Né dans l’esprit de la musique
 - 0'12'34 : Naissance d'une tragédie
 - 0'20'28 : Rupture trop humaine
 - 0'27'30 : Aurore nouvelle
 - 0'32'47 : La mort de Dieu
 - 0'37'07 : L'Eternel retour
 - 0'43'13 : Zarathoustra
 - 0'47'58 : Vérité entre mer et montagnes
 - 0'54'22 : Métaphysique de la volonté de puissance
 - 1'06'36 : Un moraliste européen
 - 1'11'29 : Généalogie de la Morale
 - 1'24'30 : La révolte des esclaves
 - 1'33'46 : La vengeance déguisée
 - 1'45'05 : Qui cherche à triompher ?
 - 1'51'44 : La corruption par la moraline
 - 1'57'01 : La cruauté retournée contre soi
 - 2'03'05 : L'Idéalisme et la Raison contre la vie
 - 2'17'08 : Nihilisme de l'homme sans Dieu
 - 2'25'11 : La décadence de l'Europe
 - 2'37'58 : La révolte contre le nihilisme
 - 2'42'53 : La voie du surhomme
 - 3'02'34 : Folie et grandeur de Nietzsche

La philosophie devenue folle. Avec Jean-François Braunstein sur RFI.


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28.10.2018

Trois débats nous obsèdent : le genre, les droits de l'animal et l'euthanasie. Et trois disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire : gender studies, animal studies, bioéthique. 
Cependant, lorsqu'on lit les textes des fondateurs de ces disciplines, John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway et quelques autres, on s'aperçoit que, derrière les bons sentiments affichés, se font jour des conséquences absurdes sinon abjectes. 
Si le genre n'est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l'infini ? S'il n'y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ? S'il est des vies dignes d'être vécues et d'autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les "infirmes", y compris les enfants "défectueux" ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d'humains plus prometteurs ?
Jean-François Braunstein a mené un travail considérable et novateur : il a lu les milliers de pages de ces penseurs célébrés dans le monde occidental et revient sur leurs idées, leurs contradictions, leur parcours personnel pour analyser, souligner, contredire et déconstruire. L'erreur consiste à vouloir "effacer les limites" : entre les sexes, entre les animaux et les humains, entre les vivants et les morts. Il convient, au contraire, d'affronter ces limites qui nous constituent.
Oui, parfois la philosophie devient folle, quand elle oublie l'homme.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

L'emprise du numérique. Avec Mark Hunyadi pour l'Université de Sudbury.


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2018

Cet entretien avec le professeur Mark Hunyadi vise à appréhender la condition de l'homme numérique, condition qui dépasse la relation instrumentale avec le monde pour en modifier la subjectivité même de l'homme : elle n'impacte pas seulement ce que nous faisons, mais ce que nous sommes, notamment en nous soumettant au principe libidinal qui tend à faire de tout dispositif numérique une extension de soi.
Du coup, l'individu est plus arrimé à son médium technologique qu'au monde lui-même. La vie de l'esprit s'en trouve modifiée : le jugement est remplacé par le calcul, la relation de confiance par le raisonnement assuranciel.
Sur le plan social, c'est le déficit démocratique qui s'en suit et la disparition de l'empathie, comme en témoigne le traitement récent des flux de réfugiés en Europe.

Émission "Ethics Center Podcast", animée par François Côté-Vaillancourt.

Orwell et la décence ordinaire. Avec Bruce Bégout sur France Culture.


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14.02.2017

C'est un paradoxe rarement souligné : bien rares sont les intellectuels de gauche à avoir glorifié les vertus ordinaires, en les attribuant au mode de vie des gens simples.
George Orwell, lui, croyait à l'existence d'un sens moral inné chez les gens ordinaires. En 1939, à la veille de l'entrée de son pays à reculons dans la guerre la plus effroyable de l'histoire européenne, il écrit : "Tout le message de Dickens tient dans une constatation d'une colossale banalité : si les gens se comportaient comme il faut, le monde serait ce qu'il doit être". Et quelques dizaines de pages plus loin dans le même texte, on lit : "en dernier ressort, Charles Dickens n'admire rien, si ce n'est la common decency, l'honnêteté des mœurs". Cette "décence commune", cette décence ordinaire, est la pierre angulaire sur laquelle Orwell a bâti sa propre vision de la politique.
Orwell, qui se proclamait socialiste différait radicalement du léninisme alors triomphant. Il ne croyait pas que les masses étaient aliénées par l'idéologie des classes dirigeantes. Il n'adhérait nullement à l'idée qu'il fallait "conscientiser" les opprimés, afin qu'ils entrent en lutte. Il misait, au contraire, sur les croyances spontanées et les manières de vivre des gens simples ; il les opposait à la fois aux élites dirigeantes traditionnelles – égoïstes et incapables - et aux intellectuels donneurs de leçons.
De ces derniers, il écrit dans Le lion et la licorne, ce sont "des gens qui vivent dans le monde des idées et ont très peu de contacts avec la réalité matérielle". Il pensait que la méfiance spontanée des gens simples envers l'autorité ferait barrage à la montée des régimes autoritaires et totalitaires dont il était l'un des témoins les plus lucides de son temps.

Les évangéliques dans le paysage théologique d'aujourd'hui. Avec Henri Blocher pour le Free College.


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12.2017

Le monde protestant est en ébullition du point de vue théologique : les grands axes de la foi des Réformateurs – "solus Christus, sola Scriptura, sola fide…" – sont balayés et de nouvelles lignes de fracture se déployent ces dernières années pour se transformer en véritables gouffres…
Henri Blocher, professeur de théologique systématique, nous donne une série de conférences qui doit nous permettre de comprendre d'où viennent les évangéliques, quelle est leur identité au sein des différents courants théologiques qui marquent le christianisme contemporain, et d'identifier les fronts sur lesquels tenir ferme.
Un éclairage nécessaire sur des questions cruciales pour les évangéliques d'aujourd'hui et de demain.

Faut-il renvoyer le monde animal à l'état sauvage ? Avec Jean-François Braunstein, Damien Baldin et Valéry Giroux sur France Culture.


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18.10.2018

"800 chats ! 400 chiens ! Des rongeurs à foison ! Des poissons par millier ! Des reptiles à profusion !" Voilà ce que promettait le salon Animal expo, qui s’est déroulé il y a une dizaine de jours à Paris. L’équivalent, pour les animaux de compagnie, de ce qu'est le salon de l'Agriculture pour les animaux d'élevage.
A priori, la comparaison s'arrête là. Les animaux d'élevage ont vocation à être exploités, et mangés le cas échéant ;  les animaux de compagnie sont là pour nous faire du bien, des antidépresseurs sur pattes en quelque sorte !
Ils ont néanmoins une histoire commune : ils ont été domestiqués. Autrement dit, si l'on se réfère à la définition proposée par le dictionnaire Larousse, ils ont été transformés, passant "d'une espèce sauvage en espèce soumise à une exploitation par l'homme, en vue de lui fournir des produits ou des services".
C’est cette exploitation que remet en cause aujourd'hui le mouvement antispéciste. Il considère que la question de la liberté animale doit se poser en tant que droit fondamental, comme elle se pose à l’homme.

Émission "Du Grain à moudre", animée par Hervé Gardette.

Les droits de l'homme dénaturé. Avec Grégor Puppinck aux mardis de Politique Magazine.


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08.01.2019

Les droits de l'homme ? Après la Seconde Guerre mondiale, ils apparaissaient comme une promesse universelle de paix et de justice. Aujourd'hui, ils sont devenus un champ de bataille idéologique, le terrain sur lequel se confrontent les civilisations en lutte.
Car les droits de l'homme sont d'abord le reflet de notre conception de l'homme. Or, celle-ci a beaucoup changé depuis la rédaction de la Déclaration universelle, en 1948.
Alors que cette déclaration d'après-guerre s'inspirait encore des droits naturels, l'affirmation de l'individualisme a généré de nouveaux droits antinaturels, conduisant aujourd'hui à l'émergence de droits transnaturels qui promettent le pouvoir de transformer la nature.
À l'oeuvre au coeur de cette transformation : la réduction de la dignité humaine à la seule volonté individuelle, au mépris du corps. Au-delà, les droits de l'homme accompagnent discrètement le transhumanisme, oeuvrant au dépassement de la démocratie représentative.