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D'après Cioran, il aurait été "l'homme le plus réalisé" qu'il ait jamais rencontré. Figure intellectuelle fascinante, Ludwig Klages a exercé son influence sur de grands penseurs ou artistes comme Hermann Hesse, C. G. Jung, Walter F. Otto, Robert Musil ou Gustave Thibon. Il demeure pourtant un nom méconnu, voire énigmatique, en France.
Disciple hétérodoxe de Nietzsche, représentant d'une pensée écologiste et vitaliste avant la lettre, Klages incarne, selon François Plat Colonna, l'acmé de la pensée antimoderne. Le philosophe allemand défia en effet dans son œuvre tous les fondements de la pensée moderne que sont la mathématisation du monde, la déification de la raison, le progressisme et l'universalisme. Au logocentrisme qui a dominé l'ensemble de la philosophie occidentale, Klages opposa le biocentrisme, revalorisant ainsi les dimensions instinctives et poétiques du monde enfouies par des siècles de rationalisme.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


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Et si l'histoire de la pensée politique n'était pas celle que l'on croit ? Et si le coeur de nos sociétés se jouait dans la tension perpétuelle entre le Je et le Nous, dans l'éternelle dispute et l'éternel dialogue entre la personne et la communauté ?
Revisitant 2'500 ans d'idées en explorant ce rapport fondamental, rarement abordé de front, François Huguenin nuance l'opposition certes réelle, mais souvent exprimée de façon caricaturale et idéologique, entre une pensée classique axée sur le bien commun et une modernité centrée sur la préservation des libertés individuelles.
Passionnante, accessible et pédagogique, son analyse est essentielle pour comprendre les fondements de notre société.
Émission "Les mardis de la mémoire", animée par Anne Collin.



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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.




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Docteur en science politique et historien des idées, David Bisson propose une lecture politique et philosophique de l'œuvre de Pier Paolo Pasolini. À travers les différentes périodes de la vie et de l'intellectuel Italien, il revient sur son rapport au monde moderne, au sacré et au christianisme, mais aussi sur sa critique du développement du capitalisme et des transformations profondes de son pays.
De son parcours intellectuel à sa réflexion sur le sacré païen et chrétien, en passant par la figure christique, les Évangiles et l'émergence d'un "sacré de la modernité", David Bisson cherche à comprendre la pensée d'un auteur qui n'a cessé d'interroger les bouleversements de son époque.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'26 : Politique de Pasolini
- 0'04'07 : L'insurrection des âmes
- 0'05'46 : L'importance de l’âme
- 0'06'51 : Pasolini contre le monde moderne
- 0'08'07 : Première période : 1922-1949
- 0'13'18 : Deuxième période : 1949-1968
- 0'18'38 : Troisième période : 1968-1975
- 0'22'53 : Pasolini et le sacré
- 0'27'30 : Le sacré païen
- 0'38'03 : Le sacré chrétien
- 0'39'22 : La figure christique
- 0'41'18 : Le christianisme politique
- 0'42'52 : Les Évangiles
- 0'44'46 : Le sacré de la modernité
- 0'47'07 : Le développement du capitalisme
- 0'49'03 : Le capitalisme et le contre-sacré
- 0'54'11 : Conclusion : l'insurrection des âmes




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Dans un monde marqué par la guerre hybride, la multipolarité, les dépendances technologiques, énergétiques et industrielles, une question revient sans cesse : qui décide encore vraiment ?
Alors que nous insistons au retour brutal de notions que l'on croyait parfois dépassées, Pierre-Yves Rougeyron et Jérémy Berriau explorent les conditions concrètes d'une souveraineté réelle : puissance matérielle, capacité stratégique, cohésion politique, transmission culturelle et continuité civilisationnelle.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'07 : Guerre, puissance, souveraineté : une nouvelle donne mondiale
- 0'06'40 : La crise de la modernité politique
- 0'11'54 : La souveraineté : statut juridique ou capacité réelle ?
- 0'17'36 : La guerre contemporaine : zone grise, conflit permanent et temps long
- 0'24'01 : Multipolarité et recomposition de l'ordre mondial
- 0'29'09 : Les conditions matérielles de la puissance
- 0'33'32 : Transmission, civilisation et souveraineté
- 0'40'19 : Questions du public : valeurs, vertus et transmission
- 0'53'29 : Stratégie, langage politique et conflictualité
- 0'56'10 : Technique, guerre, oligarchie et formes politiques
- 1'07'35 : Transgression, Occident et décadence
- 1'13'34 : ONU, souverainetés et rapports de puissance
- 1'18'23 : IA, réalité, cosmopolitisme et utopies contemporaines


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A l'occasion de la parution de son essai L'Animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage (La Découverte), l'ethnologue Charles Stépanoff déploye, à partir de la figure centrale de lʼimaginaire du sauvage en Occident qu'est le cerf, une réflexion sur lʼévolution de la conception du sauvage et de lʼanimal dans le contexte des bouleversements écologiques et éthiques des dernières décennies.
Confrontant les réponses quʼapportent les peuples chasseurs-cueilleurs animistes, les défenseurs des animaux et les chasseurs occidentaux aux questions morales que pose la violence exercée sur le vivant, Charles Stépanoff interroge lʼuniversalité de la figure du "prédateur empathique" et lʼévolution de la cognition de lʼespèce humaine où elle puise son origine. Et si la trajectoire de la modernité occidentale apparaît sous cet angle singulier, le rapport à lʼanimal y demeure, à lʼinstar dʼautres sociétés hiérarchisées, un puissant opérateur de distinction.
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Tout au long de son oeuvre, René Guénon a dressé la cartographie la plus rigoureuse et la plus minutieuse des espaces physique et psychique contemporains.
Rien d'étonnant à cela, dès lors qu'il les a représentés à l'échelle immuable de la métaphysique et de l'esprit. Très peu d'abstractions, d’ailleurs, dans ses descriptions et analyses, mais une limpide et sereine exposition des causes et des conséquences du désastre que nous sommes plus ou moins fermement invités à considérer comme une avancée ou un progrès.
Nouvel ordre mondial et mondialisation, uniformisation, chaos social, individualisme, dégénérescence de la monnaie, etc.: très tôt, il a tout vu venir et il a tout décrit, non par grâce divine ou don de clairvoyance, mais par la seule connaissance des principes — notamment cosmologiques — qui régissent la manifestation.
Ainsi se déploie devant nos yeux la ténébreuse fresque du Kali Yuga, jusqu'à la touche la plus actuelle qui parachève l'expression des possibilités les plus inférieures, donc les plus infernales du cycle.
D’évidence, nous vivons "la fin d'un monde" qui, assure pourtant Guénon, "n'est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d'une illusion". Ce qui n'est pas illusoire, en effet, c'est l'Être, "ce qui est, et qui ne peut pas ne pas être, ni être autre que ce qu'il est". Or, l'Être implique tout aussi sûrement la "rénovation totale" que les hommes fidèles à la Tradition préparent, depuis l' "Abomination de la désolation".
- 0'00'00 : René Guénon, écrivain français né à Blois
- 0'07'47 : Fréquentation des milieux occultistes
- 0'13'13 : Rapprochement avec les intellectuels catholiques
- 0'23'11 : Initiation à l'hindouisme non-dualiste
- 0'33'14 : Rupture avec les milieux catholiques
- 0'41'00 : La contemplation hors de l'action politique
- 0'43'30 : Cohérence de la pensée de Guénon
- 0'46'45 : Les cycles cosmologiques selon les Védas
- 0'53'10 : Fracture du Moyen Âge occidental
- 0'58'50 : Critique du progrès et de l'égalitarisme
- 1'13'35 : Déménagement en Égypte
- 1'17'10 : Installation de Guénon dans l'islam
- 1'28'20 : Correspondance avec l'intelligentsia européenne
- 1'32'46 : La crise du monde moderne
- 2'36'35 : Le règne de la quantité et les signes des temps


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Michel Villey (1914-1988), historien et philosophe du droit, a laissé une empreinte durable dans sa discipline grâce à ses réflexions novatrices sur la philosophie grecque, notamment sur la pensée d'Aristote. En revisitant les idées de saint Thomas d’Aquin, il a développé des concepts fondamentaux tels que le "droit naturel classique" et une vision réaliste des droits de l'homme. Son travail souligne l'importance de notions grecques comme la physis (nature), le dikaion (droit juste) et le dikastes (le juge comme droit animé).
Plusieurs enseignants-chercheurs analysent ici l'héritage intellectuel de Michel Villey, ce "paladin du réalisme juridique", et sa pertinence dans le contexte actuel.