Ce que cachent les Lumières Sombres. Avec Pierre de Brague pour Géopolitique profonde.


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08.02.2026

Le monde observe la mutation politique des États-Unis sans en comprendre la racine idéologique. Derrière l'ascension de figures comme JD Vance ou l'omniprésence de Peter Thiel, se cache un courant radical : la néoréaction (NRx), également appelée "les Lumières Sombres". Ce mouvement, théorisé par Curtis Yarvin et Nick Land, rejette frontalement l'héritage démocratique occidental.
Le constat de départ est brutal. Pour ces idéologues, la démocratie libérale est un système inefficace qu'ils surnomment La Cathédrale. Ils ne cherchent plus seulement à réduire l'État, comme le voulaient les libertariens classiques. Leur stratégie a basculé du contournement vers le retournement : prendre le contrôle du sommet pour transformer la nation en une corporation privée performante.
Cette vision s'incarne déjà dans des outils de puissance technologique sans précédent. L'entreprise Palantir Technologies, spécialisée dans le Big Data et l'intelligence artificielle pour le renseignement, semble être le bras armé de cette doctrine. Selon toute vraisemblance, il ne s'agit plus de politique traditionnelle, mais d'une tentative de remplacer le citoyen par un client au sein d'une monarchie capitaliste.
Quel est le véritable calendrier de cette élite techno-conservatrice ? Comment la pensée de Curtis Yarvin a-t-elle pu infiltrer le cercle restreint de la Maison-Blanche ? Sommes-nous en train de vivre la fin programmée du modèle républicain au profit d'une gestion algorithmique du monde ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'08 : Les origines libertariennes
 - 0'30'28 : La critique de la démocratie moderne
 - 0'41'08 : Les trois courants néoréactionnaires
 - 1'00'07 : Le bioléninisme selon Spandrel
 - 1'17'36 : Palantir : les fonctions de l'État
 - 1'36'10 : Conclusion

Un entretien mené par Raphaël Besliu.

Critiques classiques du management. Avec Baptiste Rappin et Michel Boyance sur Haltérophilo.


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23.05.2025

Alors que nos sociétés sont désormais soumis à une implacable "théologie managériale", il est important de mettre en perspective l'héritage des traditions philosophiques antiques et médiévales face aux ruptures introduites par la modernité et la postmodernité. L'occasion d'interroger la manière dont le management s'est imposé comme un cadre normatif dominant, en se substituant parfois au politique et au religieux, et d'inviter à envisager ce que la pensée classique peut encore offrir pour répondre aux enjeux contemporains.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'03'45 : Quelques définitions : pensée classique, modernité et post-modernité
 - 0'12'40 : Le piège de la binarité
 - 0'29'46 : Quand fut le point de rupture entre pensée classique et pensée moderne ?
 - 0'41'19 : Substitution de l'Église par l’état puis de l’état par l’entreprise ?
 - 0'49'02 : Vers un état mondial et unifié ?
 - 0'54'58 : Y a-t-il un lien entre l’athéisme, l’eugénisme et le management ?
 - 1'04'53 : "Mourir dans la dignité" et la substitution du prêtre par la machine
 - 1'11'36 : Qui d'autre peut apporter une réponse si ce n'est l'Église ou la machine ?
 - 1'16'33 : Quelques recommandations de lecture
 - 1'20'57 : Conclusion et remerciements

Le sport est-il l'otage du chiffre ? Avec Olivier Rey pour l'INSEP.


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2025

Olivier Rey s'inscrit dans la lignée d'une tradition très française, issue de Polytechnique où il a enseigné les mathématiques, et de la Sorbonne pour l'enseignement de la philosophie. L'un de ces ouvrages majeurs et marquants, Quand le monde s'est fait nombre, fait écho à la question sportive et pose l'hypothèse d'un sport, otage du chiffre. Si le monde n'était que nombre, donc, le sport n'apparaîtrait-il pas alors comme l'un des modes d'expression exemplaire de cette "qualité par la quantité" ?
De nombreuses questions surgissent alors. N'est-on pas un peu dépassé par l'idée que le progrès sans limite que l'on attribue généralement à la production d'objets techniques s'applique également à l'homme qui, somme toute reste limité par essence, notamment de par sa constitution physique et biomécanique. Nous ne courrons jamais le cent mètre en 3 secondes !
Le sport et la culture sont toujours dissociés dans le langage commun et particulièrement dans le langage politique. Cette distinction, voire cette discrimination qui persiste ne trahit-elle pas l'idée d'une sous-catégorie, moins noble, au panthéon des activités humaines ?
À l'évidence, l'accession ou la reconnaissance pleine et entière du sport dans la Culture résiste encore. L'hypothèse d'un sport "otage du chiffre" ne répond-elle pas en partie à cette résistance ? Le sociologue Paul Yonnet, amoureux du sport, lui ayant consacré de nombreux ouvrages théoriques et sociologiques, osait cette idée : "Le sport n'est pas un art pour une raison majeure. Dans l'art, on ne mesure jamais de la qualité par la quantité. Être un grand sportif, c'est entrer dans l'ère de la mesure".

Un entretien mené par François L'Yvonnet.

Rousseau contre le siècle des Lumières. Avec Alain de Benoist, Michel Maffesoli et Pierre Le Vigan sur TV Libertés.


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06.2025

Que savons-nous vraiment de Rousseau, hors quelques lieux communs ? Le "bon sauvage", l'homme naturellement bon mais corrompu par la société, la perfectibilité humaine, la volonté générale, le contrat social ?
Si Rousseau, à certains égards, est un moderne qui rejette les hiérarchies traditionnelles et croit en la souveraineté populaire, il ne se livre pas moins à une critique radicale de la société libérale, bourgeoise, progressiste et cosmopolite – à ses yeux, décadente – à laquelle il oppose la frugalité des Anciens et une démocratie autrement plus authentique et politique.

Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.

On arrête (parfois) le progrès. Avec François Jarrige à la Librairie Ombres Blanches.


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25.05.2023

Saviez-vous qu'au siècle de la machine à vapeur, on s'inquiétait déjà de la surconsommation d'énergie et des limites à la croissance ? Pensiez-vous que la "fée électricité" avait été rejetée par des réfractaires au confort moderne, soucieux de ne pas dépendre de grands systèmes techniques ? Imaginiez-vous que nos ancêtres fustigeaient les automobilistes "écraseurs" et s'en prenaient à l'accélération des transports ? Que des travailleurs s'opposaient au sacro-saint "développement des forces productives" ? Que des écologistes avant l'heure alertaient sur la destruction de la nature par la civilisation industrielle ?
Contrairement au fameux adage selon lequel "on n'arrête pas le progrès", le recours à l'histoire démontre qu'il n'y a pas de fatalité technologique. L'humanité n'est pas vouée à s'adapter, résignée, à l'implacable règne des machines. La course à la puissance a toujours fait face à de profondes remises en cause.
L'historien François Jarrive nous rappelle la mémoire de ces résistances pour nourrir la réflexion actuelle autour de la nécessaire décroissance. Alors que l'expansion indéfinie nous conduit à l'abîme et que l'artificialisation du monde s'intensifie, des bifurcations restent possibles. Et elles sont vitales.

La crise de la modernité selon Michel Freitag. Avec Eric Martin au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.


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04.06.2024

Le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag distingue, au sein de sa "sociologie dialectique", trois modes formels de reproduction : le "culturel-symbolique", le "politico-institutionnel" et le "décisionnel-opérationnel". La modernité, qui correspond au second de ces modes, est aujourd'hui en crise alors qu'il est acculé par le nouveau mode de reproduction cybernétique propre à la post-modernité.
Comment devons-nous comprendre cette évolution de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective ?

Révolution : une histoire culturelle. Avec Enzo Traverso à la Librairie Ombres Blanches.


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29.06.2023

Les révolutions ne se prêtent pas aux récits linéaires. Elles sont de véritables séismes qui, en renversant l'ordre établi, renouvellent les horizons d'attente et font advenir des idées, des imaginaires et des canons esthétiques nouveaux.
Pour en mesurer les forces et les puissances de transformation, mais aussi les tensions et les contradictions, Enzo Traverso compose une constellation d' "images dialectiques", où se télescopent les "locomotives de l'histoire" de Marx et le "frein d'urgence" de Walter Benjamin, les corps sexuellement libérés d'Alexandra Kollontaï et les corps disciplinés pour bâtir la "société nouvelle", la création d'images et de symboles (la barricade, le drapeau rouge, les chansons et rituels...) et la furie iconoclaste.
Au croisement de l'histoire intellectuelle, de l'histoire visuelle et de la théorie politique, Enzo Traverso montre que l'idée de révolution offre une clé d'intelligibilité de la modernité, jusqu'à notre présent, où elle continue d'informer souterrainement notre rapport au futur et au possible.

L'art doit-il être beau ? Avec Carole Talon-Hugon sur France Culture.


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01.04.2019

La notion de "beaux-arts", apparue entre le XVIᵉ siècle et la fin du XVIIIᵉ siècle, marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient une finalité. Cette notion nouvelle pose les bases d'une réflexion esthétique : qu'est-ce qui est beau ou laid dans l'art ? Et comment en juger ?
S'ensuit une autre rupture esthétique dans l'histoire de l'art, l'apparition du mouvement romantique au XIXᵉ siècle qui opère une "désesthétisation" de l'art : le beau comme valeur artistique suprême est alors contesté.
Au XXᵉ siècle, les frontières de l'art deviennent floues, s'élargissent, on utilise de nouveaux matériaux de nouvelles techniques ou des formes nouvelles comme la performance. Si le beau ne disparaît pas du champ artistique, quelle place a-t-il désormais ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.