La promenade de Georg Simmel, Max Weber et Margaret Gilbert. Avec Franck Fischbach pour l'Université de Strasbourg.


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2020

Que signifie faire ensemble ? Et faut-il penser cet agir social avant tout comme une interaction entre individus, à la manière de Georg Simmel, ou comme la participation à des rapports sociaux hérités, à la manière du Marx de la maturité ? 
Il s'agit ici de comprendre les origines philosophiques de la notion d'agir ensemble puis d'action réciproque, ainsi que leurs critères. 
Franck Fischbach montre aussi toutes les limites de l'analyse wébérienne, qui s'efforce de définir la relation de communauté entre individus sans avoir besoin de présupposer aucun acte de coopération.

Devenir des machines : réfléchir avec la philosophie et les philosophes. Avec Denis Collin sur Radio Courtoisie.


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29.03.2025

Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.

Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".

Marx était-il écolo ? Avec Denis Collin à Avallon.


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16.05.2025

Denis Collin interroge le rapport de l'être humain à la nature et au travail à partir de la pensée de Marx. L'être humain est présenté comme un être naturel, dépendant de son environnement et des autres vivants. Le travail lui permet de transformer la nature pour répondre à ses besoins, mais aussi de développer ses propres facultés. Dans le système capitaliste, cette activité est toutefois détournée : on ne produit plus d'abord pour satisfaire des besoins, mais pour vendre des marchandises et accumuler de la valeur. La société se retrouve ainsi soumise à une logique de croissance devenue indépendante des besoins réels.
Il analyse ensuite les conséquences écologiques de cette dynamique : épuisement des ressources, dégradation des sols, extractivisme et dérèglement climatique. Une croissance infinie étant impossible dans un monde fini, plusieurs scénarios sont envisagés, de l'autoritarisme à la barbarie. Une autre perspective repose sur la démocratie, l'égalité, l'entraide et la gestion collective des biens communs.
Il s'agirait donc de réorienter la production vers les usages réels, de privilégier la durabilité, la réparation et la sobriété, tout en reprenant collectivement le contrôle du travail, du temps et des choix techniques.

Une conférence pour l'association "Les Remparts" à la Maison Hirondelle.

Marx en Amérique. Avec Christian Laval à la Librairie Ombres Blanches.


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20.03.2025

Karl Marx n'est pas mort le 14 mars 1883. Il a quitté Londres pour partager la vie des Iroquois sénécas. Il avait eu connaissance de leur démocratie exemplaire par la lecture de travaux ethnologiques. Il veut faire enfin l'expérience d'une autre vie, d'un libre communisme d'amitié et de partage. Cette décision radicale va le lancer dans des aventures imprévues et l'amener à faire des découvertes bouleversantes.
Comment devient-on Iroquois quand on s'appelle Marx ? Par quelles métamorphoses passe-t-on quand, après avoir tombé le masque de l'ethnologue, on est adopté par les irréductibles Red Guns ? Comment se transforme-t-on en guerrier prêt à tout, jusqu'au meurtre, pour venger le peuple sénéca ? Et quel regard porte-t-on alors sur sa vie ancienne, son oeuvre, ses combats ?
Quand ce Marx spectral et pourtant plus vivant que jamais retrouve son ami Engels et sa fille cadette Eleanor au bord des chutes du Niagara, la confrontation des mondes est inévitable. Et le destin surprenant des personnages, leurs désirs et leurs drames, résonnent alors comme autant d'appels pour changer la vie et révolutionner la terre entière.
C'est un homme de notre temps qui s'adresse à nous. Un Marx inattendu, et qu'on attendait.

Un entretien conduit par Franck Gaudichaud et Emmanuelle Perez.

Le premier âge du capitalisme. Avec Alain Bihr à l'Université Libre de Bruxelles.


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03.2020

L'essor contemporain des pays émergents, Chine en tête, oblige à réinterroger l'histoire du capitalisme. Et si la prééminence occidentale n'avait été qu'une parenthèse ? C'est la thèse qu'Alain Bihr développe dans ses travaux : si l'Europe a été le berceau du capitalisme, c'est d'abord à son emprise sur le reste du monde qu'elle le doit.
Il analyse en premier lieu l'expansion commerciale et coloniale amorcée au XVe siècle vers les Amériques, l'Afrique et l'Asie. Par le commerce forcé, l'échange inégal et l'esclavage, des continents entiers sont subordonés à la dynamique capitaliste européenne — non sans résistances. Alain Bihr s'intéresse ensuite la transition du féodalisme au capitalisme, dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles : émergence des marchés, proto-prolétariat, manufactures, mercantilisme, mais aussi Réforme, Renaissance, Lumières et naissance d'un individu autonome.
Enfin, il referme la boucle en cartographiant ce premier monde capitaliste, de son centre britannique vers ses marges. Les rivalités européennes, les semi-périphéries baltiques ou méditerranéennes, et les grandes puissances asiatiques y sont analysées avec précision — expliquant pourquoi le capitalisme n'a pu naître en Chine des Ming, tandis que le repli féodal du Japon préparait son fulgurant rattrapage Meiji.
Nourrie des acquis historiographiques les plus récents, son Premier âge du capitalisme en trois tomes allie rigueur analytique et souffle narratif.

Planification centralisée et fin de la valeur. Avec Simon Verdun à l'Ecole Normale Supérieure.


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03.06.2024

il est une idée répandue, quoique fausse, qui voudrait que Marx n'ait jamais donné de description claire de ce que sera le communisme. Simon Verdun défend la position exactement inverse : loin de s'être limité à décrire les mécanismes essentiels du capitalisme ainsi que ses catégories, Marx n'a pas fait autre chose que de décrire, au sein même de son œuvre économique, la forme invariante que devra nécessairement prendre le communisme comme mode de production non-marchand constitué en négation de la société marchande développée.
Il s'agit alors de revenir sur un certain nombre de descriptions faites dans les livres I, II et III du Capital du système de la production et de la distribution communiste, tant dans sa phase inférieure que supérieure, en les mettant en relation avec les descriptions que Marx donne dans le livre I d'autres formes de production non-marchandes (famille antique patriarcale, société féodale, unités productives fermées dans une moindre mesure), où les produits du travail ne prennent pas la forme de valeurs et au sein desquelles la logique de l'accumulation tautologique de valeur ne s'est pas encore emparée de l'ensemble de l'organisation sociale.
Loin de constituer un retour à la pensée utopique, cette projection de Marx du communisme comme organisation sociale où le travail social est réparti à l'avance selon un plan central unique apparaît comme la conséquence directe de l'analyse des catégories de la production capitaliste, dans laquelle les produits de travail des producteurs séparés revêtent universellement la forme de marchandises, dans laquelle le travail humain social se présente sous la forme de travail abstrait et où la mesure du temps de travail s'effectue nécessairement sous cette "forme démente" (Le Capital, I) qu'est la grandeur de valeur, c'est-à-dire sous forme de prix.
Qui connaît ce qu'est le capital connaît nécessairement ce que devra être le communisme ; qui connaît les conditions sociales dans lesquelles la valeur d'échange fait son apparition pour s'ériger en fétiche et en maître de l'organisation sociale connaît nécessairement les conditions dans lesquelles les rapports de production pourront enfin être soumis "à la puissance des individus unis" (L'Idéologie allemande). Il ne s'agit rien de moins que de la description faite par Marx, sous une forme épurée et essentielle, des conditions de la fermeture définitive de la parenthèse historique qu'est la société marchande : les conditions de la destruction des rapports et des catégories mercantiles, de l'échange, de la forme-valeur, de l'argent, de l'État et des classes.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

La réception de Hegel par Lénine. Avec Sasha Besnard pour l'Institut Humanisme Total.


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01.2024

Souvent réservé aux spécialistes, la question de la réception originale de Hegel par Lénine est pourtant essentielle pour tout militant marxiste. À une époque où le marxisme était déjà une tradition théorique établie, Lénine a dû se positionner face aux différentes interprétations de Hegel, offrant une lecture distincte de celle de ses contemporains.
Son approche, plus favorable à Hegel que celle d'autres marxistes, voire que Marx lui-même (à tout le moins le Marx auquel Léline avait alors accès), soulève des questions sur les implications pratiques de cette philosophie, souvent perçue comme abstraite. L'objectif est de comprendre ce que Lénine a retenu de Hegel et comment cette lecture a influencé sa pensée politique.
Contrairement Plekhanov ou les théoriciens de la Deuxième Internationale qui rejetaient souvent Hegel au profit d'un matérialisme mécaniste ou évolutionniste, Lénine a su tirer parti de la dialectique hégélienne pour analyser les contradictions immanentes de la réalité. Cette approche lui a permis de dépasser les schémas étapistes de son époque et d'adapter sa stratégie révolutionnaire au contexte spécifique de la Russie, illustrant ainsi l'importance pratique d'une compréhension fine de Hegel pour l'action politique.

 - 00'15 : Présentation
 - 03'35 : La formation intellectuelle de Lénine 
 - 23'34 : L'influence hégélienne dans Matérialisme et Empiriocriticisme 
 - 34'13 : La lecture de la Science de la Logique en 1914
 - 50'20 : Conclusion

La situation de la classe laborieuse en France. Avec Antoine Vatan pour les Amis de la Liberté.


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19.06.2025

"Ça ne peut plus durer" entend-on partout dans la bouche de ceux qui travaillent. Mais de quoi s'agit-il ? Ce qui ne peut plus durer, en fait, c'est bien le capitalisme. Ce mode de production qui a conquis l'ensemble de la production planétaire au XIXe siècle est à bout de souffle aujourd'hui. 
En se développant ainsi, le capitalisme a créé, du même coup, des liens entre tous les prolétaires. La bourgeoisie utilise ces liens pour augmenter le taux d'exploitation, en se servant notamment du discours xénophobe. Or, si les travailleurs arrivaient enfin à prendre réellement conscience de ces liens, à analyser le fonctionnement de l'exploitation dont ils sont victimes de la part de la classe dominante, alors une autre organisation de la société pourrait être imaginée...