La République française est-elle la fille de la Révolution ? Avec Thomas Branthôme et Alexis Corbière pour La France insoumise.


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23.08.2019

Qu'est-ce que la République ? Quels sont ses principes et ses valeurs ? Certains prétendent que la République ne serait plus qu'un mot "vide de sens". Pourtant, elle continue de fédérer les Français autour d'un même espoir de "dignité pour tous".
Paradoxalement, l'histoire de la République reste mal connue. Présenter cette histoire controversée et toujours amplement débattue impose de remonter à ses fondements idéologiques à partir de la redécouverte d'Aristote au Moyen Âge qui donna naissance à un "républicanisme classique" qui se répandra des Cités italiennes aux États-Unis d'Amérique. Mais les "Lumières radicales" vont donner à ce républicanisme une connotation particulière en France, en l'associant à la démocratie, ce qu'on a appelé l' "exception républicaine française".
À partir de 1789-1792, la République devient l'objet de grands affrontements politiques et pendant plus d'un siècle source de divisions, parfois même au sein du camp républicain. Plus complexe que ne le laissait jadis entrevoir l'étude téléologique de l'idée républicaine, l'histoire que nous raconte Thomas Branthôme révèle qu'il n'y a pas une tradition républicaine mais plusieurs (conservatrice, libérale, jacobine, plébéienne). Le ralliement de la plupart des traditions politiques à l'idée républicaine au cours du XIXe siècle s'est ainsi faite sous ces couleurs diverses, habillant parfois des conceptions fort opposées.

La vérité sur Pierre Pucheu. Avec Gilles Antonowicz sur Radio Courtoisie.


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15.11.2018

Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy de juillet 1941 à avril 1942, nourrit les controverses : a-t-il réellement désigné lui-même les otages fusillés à Châteaubriant, dont Guy Môquet, comme il en est systématiquement accusé ? A-t-il organisé les crimes judiciaires perpétrés par la section spéciale de la cour d'appel de Paris et le tribunal d'État, condamnant à mort des communistes pour avoir distribué quelques tracts ? Ou est-il au contraire le ministre qui, en zone libre, a permis l'arrestation de plusieurs centaines d'agents ennemis ? Celui qui adjura Pétain de partir pour Alger en octobre 1942 de manière à y appeler les Américains, rompre l'armistice et reprendre la guerre contre l'Allemagne ?
Alors qu'il rejoint le camp allié dès novembre 1942 pour aller se battre en première ligne contre les Allemands avec l'aval du général Giraud, Pierre Pucheu est arrêté à son arrivée en Afrique du Nord, incarcéré, jugé, condamné, fusillé. Son procès, le premier de l'épuration, préfigure tous les autres. De Gaulle, tout en refusant sa grâce pour "raison d'État", fait cependant savoir qu'il lui "garde son estime". Symbole de cette contradiction, voire de ce regret, Pierre Pucheu est l'un des seuls condamné à avoir été autorisé à commander le peloton chargé de l'exécuter...
Ni réquisitoire ni plaidoirie, l'enquête de Gilles Antonowicz comble enfin un trou noir de l'historiographie concernant Vichy, l'occupation et la collaboration.

Émission du "Libre Journal du soir", animée par Jacques Trémolet de Villers.

Y a-t-il eu épuration en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Avec Annie Lacroix-Riz pour les éditions Armand Colin.


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07.2019

Dès 1943 et jusque dans les années 1950, les élites impliquées dans la collaboration ont cherché à se "recycler". Y a-t-il vraiment eu, en France, une politique d'épuration ?
Annie Lacroix-Riz explore cette question et nous montre que l'épuration criminalisée ayant suivi la Libération (femmes tondues, cours martiales, exécutions) a cherché à camoufler la non-épuration, aussi bien de la part des ministères de l'Intérieur et de la Justice que de celle des milieux financiers, de la magistrature, des journalistes, des hommes politiques, voire de l'Eglise. De nombreux anciens collaborateurs ont ainsi bénéficié de "grands protecteurs". Le poids des Etats-Unis a également participé de cette non-épuration.
Annie Lacroix-Riz nous livre sa version des faits basée sur les archives et prend le contrepied des ouvrages d'histoire de l'épuration parus ces vingt dernières années, selon elle aussi unanimes que fantaisistes, se concentrant exclusivement sur l'épuration (dite) sauvage, systématiquement confondue avec celle de la Résistance armée.

Le grand méchant Robespierre. Avec Yannick Bosc et Marc Belissa sur Le Média.


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06.2019

Avant même son arrestation et son exécution lors de Thermidor (juillet 1794), Maximilien Robespierre a été outrancièrement vilipendé et calomnié par les ennemis de la Révolution, en particulier par les presses royaliste et anglaise. Son élimination a été immédiatement justifiée par une diabolisation destinée à discréditer tout projet de démocratie réelle au profit d'un système représentatif reléguant le peuple à la passivité et laissant aux possédants le monopole d'un gouvernement "des compétences" mené en fonction de leurs intérêts.
En évoquant les différents regards successivement portés sur l' "Incorruptible" jusqu'à nos jours, les historiens Marc Belissa et Yannick Bosc montrent la permanence de l'enjeu politique essentiel qui s'est cristallisé autour de cette figure. Enjeu qui demeure on-ne-peut-plus actuel : la démocratie réelle, où l'action des représentants seraient strictement contrôlée par le peuple, est-elle possible ?

Émission "La grande H.", animée par Julien Théry.

Une autre histoire de la laïcité. Avec François-Marin Fleutot sur Radio Courtoisie.


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13.03.2019

La France fut peut-être "la fille aînée de l'Église", mais les rois de France ne furent pas toujours des fils obéissants. Entre le Xe et le XVIIIe siècle, alors que régnaient les Capétiens, seize d'entre eux ont ainsi subi les foudres ecclésiastiques : l'interdit, ou pire, l'excommunication. Tous – même saint Louis ! – se sont un jour ou l'autre opposés à Rome, rejetant par exemple le concile de Trente, ou allant jusqu'à récuser l'infaillibilité du pape. Certains ont même refusé de participer aux croisades.
C'est de cette volonté manifeste des rois de France d'imposer leur propre souveraineté, de leur refus radical d'être soumis à tous les pouvoirs étrangers (même aux puissances internationales de ces époques que furent le Saint-Siège ou l'Empire), qu'est née l'identité singulière du pouvoir politique dans notre pays.
C'est cette histoire d'amour et d'aversion, entre la religion et la politique, l'intemporel et le temporel, que nous raconte François-Marin Fleutot, avec grande érudition.

Émission du "Libre Journal des débats", animée par Charles de Meyer.

Les communistes et les guerres de décolonisation. Avec Alain Ruscio au Cercle Universitaire d'Études Marxistes.


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21.03.2019

Historien et spécialiste de l'histoire coloniale, Alain Ruscio a consacré sa thèse à l'Indochine coloniale. Il a plus récemment étudié l'Algérie coloniale et élargi ses travaux vers une histoire comparative des colonies françaises.
Lors de cette conférence, Alain Ruscio compare la position et l'action des communistes lors des deux guerres de décolonisation, les guerres d'Indochine et d'Algérie (1945-1962) pour nous permettre d'appréhender cette problématique de manière dépassionnée.

Histoire du Fascisme. Avec Frédéric le Moal sur Radio Athena.


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27.06.2019

Qu'est-ce que le fascisme ? Fut-il un mouvement réactionnaire, conservateur ou révolutionnaire ? Se situait-il à gauche ou à droite ? Et bien entendu : quelle place occupa Mussolini dans les débats idéologiques et dans le fonctionnement du régime ?
Frédéric le Moal donne non seulement des réponses à ces questions cruciales, mais porte sur le fascisme un regard nouveau et inhabituel chez les historiens français. Réaffirmant avec force le caractère totalitaire du régime, il replace l'idéologie qui le fonde dans sa nature révolutionnaire tout en la rattachant à la Révolution française et au socialisme.
Si les fascistes cherchèrent à détruire par la violence la modernité libérale de leur temps, ce ne fut pas au nom d'un âge d'or révolu et dans une démarche passéiste, mais avec la volonté farouche de construire une société et un homme nouveaux. Cette ambition imprégnait aussi bien les pensées et les actes du Duce que ceux de ses disciples, y compris dans la radicalisation sanglante de la république de Salò.
Pour toutes ces raisons, l'histoire du fascisme, ici racontée de la prise de pouvoir de Mussolini jusqu'à sa mort, est celle d'une révolution avortée.

Émission des "Jeudis du Carrefour de l'Horloge", animée par Henry de Lesquen.

Nietzsche et l'histoire, Nietzsche dans l'histoire. Avec Dorian Astor sur Le Média.


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07.2019

L'histoire est indispensable pour comprendre le présent : assurément... et voilà un lieu commun somme toute rassurant. Mais quelle(s) histoire(s), faite(s) par qui, et comment ? Y-a-t-il une manière neutre d'aborder le passé, ou plus recommandable que d'autres qui seraient trop orientées ou militantes ? Les historiens peuvent-ils s'ériger en arbitres des usages du passé – en particulier de ses usages ou instrumentalisations politiques ? Le savoir et l'érudition sont-ils en mesure de dire le dernier mot sur ce qui a eu lieu, et quelles seraient les conséquences de cette prétention ?
La pensée d'un philosophe du XIXe siècle, Friedrich Nietzsche (1844-1900), peut aider à poser ces problèmes très actuels. En 1874, dans sa deuxième Considération inactuelle, intitulée "De l'utilité et des inconvénients de l'histoire pour la vie", Nietzsche mettait en évidence les enjeux cruciaux de la "science historique" et de notre rapport au passé.
C'est en compagnie de Dorian Astor, philosophe, germaniste et spécialiste de Nietzsche, que ces questions sont traitées.

Émission "La grande H.", animée par Julien Théry.