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Au nom de la lutte contre les discriminations, une vague d'intolérance submerge le monde occidental. Venue des universités américaines, la religion woke, la religion des "éveillés", emporte tout sur son passage : médias et culture, entreprises, écoles, universités.
De la théorie du genre à la théorie critique de la race, le but des wokes est de "déconstruire" tout l'héritage culturel d'un Occident accusé d'être "systémiquement" sexiste, raciste et colonialiste. Leur enthousiasme évoque bien plus les "réveils" religieux protestants américains que la philosophie française des années 1970. C'est la première fois dans l'histoire moderne qu'un culte prend naissance dans les universités. Tout est réuni pour que se mette en place une dictature au nom du "bien" et de la "justice sociale" et que naisse une religion nouvelle et destructrice pour la liberté.
Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.


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Si l'on veut comprendre le conflit russo-ukrainien et la guerre criminelle livrée par Vladimir Poutine, il nous faut remonter le cours du temps. Une histoire de plus de 1'000 ans, déterminée par les cultures religieuses. Les trois monothéismes et les trois confessions chrétiennes n'ont cessé en effet de se rencontrer et de se confronter en Ukraine. Une terre frontalière écartelée entre le choc des Empires, la déflagration des totalitarismes et le réveil des nations.
Cette histoire est une longue série de conflits, de croisades mêlant des ambitions des princes, les disputes théologiques des papes et des patriarches et les soulèvements spirituels des prophètes.
Émission "Les Racines du présent", animée par Frédéric Mounier.


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Comment penser la justice après 1789, dans une société civile bourgeoise qui fait de l'égalité des conditions son principe ? Quel sens prend la notion de doctrine de la philosophie du droit pour Hegel ? Quelle normativité nous fait passer de ce qu'il appelle "le droit abstrait", à l'Etat comme achèvement de la vie éthique ?
En 1820, Hegel rédige ses célèbres Principes de la philosophie du droit, dans lequel il tient l'application du droit comme corollaire indispensable à la liberté des citoyens. Serait-il le premier penseur social-démocrate ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.
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La cause immédiate de la chute de l'URSS est à présent claire. Grâce au travail de Ostrovski, Azad, Zinoviev et la cellule chinoise, entre autres, on sait qu'elle est liée à la liquidation entreprise par Gorbatchev.
Les causes plus profondes restent cependant à déterminer : comment Gorbatchev est-il venu au pouvoir ? Comment s'y est-il maintenu ? Pourquoi le parti et le peuple n'ont-ils pas réagi à la dérive ? Plus généralement, le projet soviétique était-il viable ? Ou y avait-il des problèmes structurels qui condamnaient l'Union Soviétique à terme ?


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Les techniques issues de la tradition militaire de contre-insurrection et d'action psychologique sont aujourd'hui largement banalisées, y compris dans le management d'entreprise, dans nombre de polices du monde, voire dans des groupes mafieux. Mais on ignore souvent ce qu'elles doivent à la doctrine française de la guerre révolutionnaire (DGR). D'où l'intérêt du travail entrepris par Jérémy Rubenstein où il entreprend de retracer son histoire méconnue.
Sa genèse remonte aux armées coloniales du XIXe siècle - principalement française et britannique - qui ont constitué un savoir-faire répressif permettant l'émergence de la DGR au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été formalisée par des officiers français engagés dans la guerre d'Indochine, devenant hégémonique dans l'état-major durant celle d'Algérie.
Elle se veut une réponse au mouvement de décolonisation, conçue comme une guerre totale impliquant l'ensemble de la société, et vise son contrôle intégral par la propagande et la manipulation, la conquête des coeurs et des esprits. Mais aussi par la terreur, associée à la séduction propagandiste : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations...
Malgré ses nombreux fiascos, la DGR a essaimé depuis les colonies françaises vers bien d'autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d'Irak et d'Afghanistan, de l'Argentine des années 1970 à l'Afrique des années 1980 ou l'Algérie des années 1990. Et comment ses principes se retrouvent aujourd'hui au coeur des techniques violentes de maintien de l'ordre comme des outils de manipulation de l'information.


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L'anthropologue et historien américain Joseph Tainter étudie l'effondrement des sociétés par une analyse systémique dans la longue durée. Ainsi, il se focalise d'abord sur l'évolution des sociétés plutôt que de restreindre son étude à l'effondrement. Cette approche permet d'identifier plusieurs principes et dynamiques universelles comme la complexité, l'énergie, les rendements décroissants et la compétition. Tainter en dégage une typologie d'évolution et de disparition des sociétés s'appliquant tant aux sociétés passées que présentes.
Dans ce cadre, la perspective tainterienne interroge à nouveau la nature et les conditions de la durabilité. Joseph Tainter est significativement critique des approches actuelles de la durabilité. Pour être précis, son cadre d'analyse suggère que les approches actuelles de la durabilité reposent sur une fiction et ne sont fondamentalement pas applicables à long terme.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'52 : Plan de l'intervention
- 0'02'44 : Présentation de l'Intervenant
- 0'04'02 : Présentation de Joseph Tainter
- 0'05'51 : Le modèle d'évolution des sociétés
- 0'06'03 : Composants des sociétés complexes
- 0'06'59 : Complexité
- 0'12'34 : Énergie
- 0'13'54 : Interactions énergie/complexité
- 0'16'36 : Dynamique
- 0'16'48 : Les rendements décroissants
- 0'27'27 : Le cadre d'évolution
- 0'31'52 : Trajectoire d'évolution-type
- 0'41'39 : Récapitulatif
- 0'42'18 : Évaluation
- 0'42'39 : Évaluation du modèle (revue des critiques)
- 0'54'51 : Évaluation de la situation actuelle
- 1'02'08 : La durabilité selon Tainter
- 1'02'33 : Critique de la durabilité
- 1'06'23 : Durabilité tainterienne
- 1'07'29 : Implications de la durabilité tainterienne
- 1'13'52 : Conditions de réussite d'une simplification sociétale
- 1'17'02 : Exemple de l'Empire Byzantin
- 1'20'55 : Conséquences pour les sociétés contemporaines


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Dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, l'Union européenne continue de chercher à repousser les frontières de son empire, particulièrement dans la région des Balkans.
Alors que les élections européennes de 2024 viennent de se dérouler, l'historien Olivier Delorme, spécialiste de la région, nous propose de passer en revue l'équilibre politique précaire des pays alentours.


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Anthropologue, démographe et historien, Emmanuel Todd revient pour proposer son analyse inédite des récents évènements : pourquoi Emmanuel Macron a-t-il pris cette décision de dissoudre l'Assemblée ? Sommes-nous face à un Machiavel ou un Néron ?
En réalité, le nihilisme des élites (dont Macron en est la parfaite incarnation) se poursuit, et conduit le pays vers un chaos dont personne ne peut anticiper la nature...


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Le diable est un curieux personnage, aux multiples facettes. Tour à tour Belzébuth, Bélial, Satan, Lucifer, Mammon, Astaroth, le Malin, le Démon, l'Accusateur, l'Adversaire, le Serpent ou légion, cette incarnation du mal est diverse et ne cesse de fasciner.
Mais notre modernité occidentale, elle, semble en avoir fini avec le négatif. Comment donc la littérature continue-t-elle de composer avec le diable ? Car comme le disait Baudelaire, sa plus grande ruse ne consiste-t-elle pas à nous laisser croire qu'il n'existe pas ?
Émission du "Libre journal des littératures", animée par Hector Burnouf.


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Chef d'entreprise, intellectuel de sensibilité écologiste et ancien homme politique, Laurent Ozon développe longuement les logiques de domestication et de coopération propres aux sphères de culture qui permettent aux humains, in fine, d'habiter le monde.
Mais ces collectifs de culture s'engagent également dans des processus dangereux lorsqu'ils se sentent menacés : la guerre civile est-elle alors une risque auquel nous pourrions faire face dans un avenir proche ? Comment le pouvoir en place continue-t-il à désamorcer ces processus potentiellement violents tout en exposant les populations à des stress vitaux (démographiques, économiques, etc.) qui viennent pourtant renforcer ces problèmes ?


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Ancien haut fonctionnaire et professeur de philosophie poliitque, Bruno Guigue échange avec l'historien et spécialiste des relations internationales Youssef Hindi sur la question des croyances et de la relation sujet/objet dans le domaine de l'analyse géopolitique.
Un débat profond et constructif qui se décline en plusieurs axes :
- Dans quelle mesure la dimension spirituelle et religieuse peut-elle être utilisée en géopolitique ?
- Peut-on parler de logique et de justice Divine en géopolitique ?
- Un géopolitologue peut-il être neutre ?
- La métaphysique a-t-elle sa place en géopolitique ?
- Peut-on opposer une eschatologie à une autre ? et un messianisme à un autre ?


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Dénonciation du narcissisme de l'individu épris de ses seuls droits, crainte d'une spirale de revendications infinie, rappel des exigences de la communauté familiale, sociale ou politique : la "religion des droits de l'homme" suscite de plus en plus ouvertement la contestation. En témoigne le succès de l'accusation de "droit-de-l'hommisme" destinée à fustiger l'oubli des contraintes de l'action politique.
Ces attaques ne reflètent-elles que la constance, sous des formes voilées, de la pensée antidémocratique ? Si certaines émanent de catholiques conservateurs ou des tenants d'une nouvelle hypothèse communiste, elles sont toutefois aussi menées par des auteurs qui, de Marcel Gauchet à Régis Debray ou Jean-Claude Michéa, se réclament du républicanisme ou de la démocratie.
En comprenant leur généalogie, il s'agit ici de questionner la place des droits de l'homme dans l'Europe du XXIe siècle.