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En 1968, Paul R. Ehrlich a publié le best-seller The Population Bomb (La bombe démographique). La thèse catastrophiste de ce livre était que la croissance de la population mondiale conduirait à une famine mondiale, voire à l'effondrement de l'humanité dans une guerre thermonucléaire, à moins que des mesures drastiques ne soient prises. En écho à cette crainte, en 1971, un Programme de recherche sur la reproduction humaine (HRP) a été créé au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Face à la crainte d'une crise économique et sanitaire liée à l'explosion démographique, il a en effet été décidé d'axer la recherche scientifique sur la maîtrise de la fécondité par des méthodes de contraception et de planning familial. Quarante ans plus tard, l'heure est au bilan et à la critique. Louis-Marie Bonneau revient sur le discours de l'ONU et de l'OMS, de son origine économique à son évolution vers les droits de l'homme. Il met en lumière les influences privées et étatiques qui ont prévalu dans les mesures de régulation de la fertilité proposées à travers le monde.



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Pourquoi la chaloupe trotskiste coule-t-elle avec le "Titanic stalinien" ? Parce qu'elle est à sa remorque !
Depuis 1938, le trotskisme, dans ses mille et une chapelles, se présente comme la direction alternative du prolétariat révolutionnaire mondial. La disparition du pouvoir soviétique, l'effondrement électoral et moral du PCF devrait donc ouvrir un boulevard aux trotskistes ? Eh bien, non ! Les remous de l'immense naufrage stalinien entraînent vers le fond les frêles esquifs de son opposition de gauche.
Patrick Gofman, au travers de son engagement passé, nous explique avec précision, références, humour et cruauté, les dégénérescences parallèles des staliniens et des stalinains, leur choc fatal avec l'iceberg de l'Histoire, leurs derniers gargouillis dans l'eau glaciale.


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Docteur en histoire des religions, en théologie et en philosophie, prêtre catholique, Bernard Bourdin est l'interlocuteur idéal pour aborder la dimension théologico-politique au sein du catholicisme.
En effet, celle-ci nous permet de mieux comprendre le rôle structurant du catholicisme dans l'émergence des grandes institutions et concepts politiques au sein de l'Europe occidentale (souveraineté, laïcité, démocratie, ...).
De même, les relativement récentes évolutions de l'Eglise et l'abandon graduel du champs politique ont ouvert la voie à l'idéologie libérale qui, désormais, joue sans le dire le rôle de l'église en décrétant le Bien et le Mal, la guerre juste et injuste, la vérité et le faux.
Est-il alors temps pour l'Eglise catholique de redevenir ce qu'elle était ? Et surtout, en a-t-elle encore les moyens, les ressources et surtout la volonté ?
Un entretien mené par Rachid Achachi.


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Bon connaisseur de la littérature consacrée à l'Allemagne nazie, le politologue Gilles Amiel bat en brèche quelques idées reçues concernant le Troisième Reich, notamment la prétendue existence d'un "Etat fort" au sens traditoinnel du terme et celle non moins problématique d'une idéologie nationaliste qui ne serait que l'exacerbation du logiciel national.
C'est également l'occasion de clarifier le concept de souveraineté et de comprendre en quoi l'expérience nazie en est l'antithèse, tant ses tropismes racial et impérial en nient l'idée même.


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Progressivement, après le Concile Vatican II, un certain nombre de défenseurs de la messe traditionnelle ne vont plus reconnaître le Pape comme légitime. Bien qu'ils ne représentent actuellement pas un tout unifié, les sédévacantistes, puisque c'est ainsi qu'on les désigne, arrivent tous à la même conclusion, à savoir que l'occupant actuel du siège de Rome est un usurpateur et que L'Église catholique n'est plus la véritable Église du Christ.
Cette controverse trouve son origine dans la compréhension de l'infailibilité du magistère de l'Eglise et mérite donc un débat en bonne et due forme : c'est ce que nous proposent Adrient Abauzit et Matthieu Lavagna en exposant chacun les arguments qui sont les leurs.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'30 : Thèse de Matthieu Lavagna
- 0'05'12 : I argument sur les pouvoirs de magistère et de juridiction
- 0'08'49 : II argument sur la nécessité de se soumettre au corps épiscopal
- 0'12'18 : III argument sur l'impossibilité pour l'ensemble du corps épiscopal d'enseigner simultanément l'hérésie
- 0'14'08 : IV argument sur l'acceptation pacifique universelle
- 0'18'44 : V argument sur l'impossibilité d'élire un pape à l'avenir
- 0'21'19 : VI argument sur l'indéfectibilité et la visibilité de l'Eglise
- 0'25'04 : Conclusion
- 0'26'00 : Thèse d'Adrien Abauzit
- 0'44'23 : Discussion libre
- 0'44'59 : Hors de l'Eglise point de salut
- 0'45'50 : Mgr. Lefebvre a signé les textes du concile
- 0'48'02 : Les communautés schismatiques sont-elles un moyens de salut ?
- 1'00'42 : Fidducia Supplicans et la bénédiction homosexuelle
- 1'04'50 : Infaillibilité de la discipline de l'Eglise ?
- 1'14'18 : Le magistère pontifical est-il infaillible en toutes circonstances ?
- 1'33'00 : La visibilité et l'indéfectibilité de l'Eglise
- 1'37'38 : Comment savoir où est la vraie Eglise ?
- 1'42'10 : A quels évêques Abauzit aurait-il été soumis dans les années 60 ?
- 1'48'52 : Adrien Abauzit admet que toutes les messes célébrées à la fin des années 60 étaient sacrilèges (car una cum avec des antipapes).
- 1'50'00 : Comment élire un nouveau pape à l'avenir ?
- 1'53'58 : Où est l'Eglise catholique aujourd'hui ?
- 1'57'22 : Le Pari de Pascal contre le sédévacantisme


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Depuis qu'a commencé en Ukraine la confrontation de l'Occident et de la Russie, l'emprise sur l'opinion d'une présentation médiatique accumulant chimères et préjugés atteint des niveaux inégalés. En dissimulant les faits et les enjeux cruciaux à l'origine d'une crise commencée bien avant février 2022, en manipulant les peurs fantasmagoriques pour mieux mobiliser sous la bannière atlantiste, en imposant non seulement à l'opinion mais à l'ensemble des partis politiques leur rhétorique belliciste, les entreprises médiatiques se posent plus que jamais en seules détentrices du discours légitime.
Décryptant cette imposture, Fabrice Garniron revient également sur les torts des Etats occidentaux : les engagements pris par eux après la chute du mur de Berlin puis leur trahison peu après, leur volonté de prendre le contrôle de l'Ukraine quitte à déclencher une guerre civile, l'instigation d'un putsch sanglant pour renverser en 2014 un gouvernement démocratiquement élu et leur alliance avec la mouvance néonazie ukrainienne.
Au-delà du cynisme, Fabrice Garniron, voit dans cette logique de guerre une cause fondamentale : le suprémacisme, qui est au coeur de la vision du monde des élites occidentales, décidées à imposer au reste du monde ce que jamais elles ne voudraient se voir imposer. Dérive séculaire mais que le déclin inexorable de l'Occident a paradoxalement accélérée.


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Deux livres Anthony Daniels (alias Theodore Dalrymple) viennent d'être traduits en français aux éditions Carmin. D'abord Our Culture, What's Left of It (Culture du vide), qui traite de l'effondrement du niveau d'éducation et de culture en Angleterre, de l'art moderne et de la décadence esthétique pleine de bons sentiments d'une certaine élite. Puis Life at the bottom (Zone et châtiment), qui aborde la paupérisation de l'Angleterre, la destruction de la cellule familiale et les ravages des grandes idées d'une certaine élite progressiste.
L'occasion pour le public francophone de découvrir ce grand penseur conservateur contemporain en compagnie de son traducteur Radu Stoenescu.


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Auteur des célèbres Romantisme fasciste et Dissidents de l'Action Française récemment republiés chez Pierre-Guillaume de Roux, Paul Sérant était doué d'une pensée éclectique dont il nous reste à mesurer l'importance.
Critiquant la modernité avec un regard vif et profond, il louait la tradition spirituelle et ethnoculturelle des peuples. Son œuvre, à la fois cohérente et disparate, est plus que jamais d'actualité.
Émission du "Libre Journal du soir", animée par Arnaud Guyot-Jeannin.


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En tant que psychiatre dans un centre de rééducation fonctionnelle, Maurice Berger reçois des victimes d'agressions qui gardent des séquelles importantes. En tant que pédopsychiatre, il travaille avec des mineurs extrêmement violents qui déclarent tous "n'en rien avoir à foutre" des blessures qu'ils ont occasionnées, avec une absence totale d'empathie.
Pour ralentir l'augmentation de cette violence dans notre société, il faut donc remonter l'histoire psychique de ces mineurs dont un certain nombre deviendront des majeurs dangereux. De manière schématique, ils présentent une violence "individuelle" liées à des maltraitances vues ou subies dans l'enfance, ou une violence liée à un milieu familial clanique, ou une violence commise en bande où le rôle du leader négatif est essentiel.
Le point commun est que les sujets concernés ne savent pas ce que c'est qu'obéir, à la loi entre autre, et que toute contrainte est ressentie par eux comme une insupportable soumission.
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Les récentes expériences chiliennes et françaises de confrontation à l'hégémonie néolibérale ont montré deux points de convergence, qui sont explicités par Pierre Dardot. D'une part, l'idée que la pluralité des luttes concerne le contenu démocratique lui-même, et non un affaiblissement organisationnel. D'autre part, le diagnostic selon lequel la cohésion néolibérale est de nature stratégique, basée sur des politiques de guerre civile et d'inimitié.


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Il n'est pas de société humaine qui n'ait soulevé la question de ses origines. Notre propre culture ne fait pas exception. Mieux : elle se singularise par la pluralité des discours d'origine qui y circulent.
Véritable originologie, l'enquête de Pascal Nouvel identifie quatre types de discours d'origine : les discours mythiques (comme la Genèse) ; les discours rationnels (de Thalès à Auguste Comte) ; les discours scientifiques (Big bang, origine de la vie, origine de l'homme, etc.) ; et, enfin, les discours phénoménologiques (qui mobilisent, dans le sillage de Husserl, la notion d'" originaire "). Sont ainsi examinées les diverses façons par lesquelles il nous est donné de parler de ce qui fût avant toutes choses.
Thèse dans la thèse, il est montré que c'est la biologie qui a ouvert la voie à la physique pour l'élaboration de discours d'origine de type scientifique et non l'inverse. Il nous invite à l'analyse détaillée de ces discours et des rapports multiples, de légitimation ou de délégitimation, qu'ils entretiennent entre eux, y compris dans leurs dimensions éthiques, sociales et politiques.
Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.


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Romancier, chroniqueur, dramaturge, scénariste, parolier, essayiste, pamphlétaire, Jean Cau avait vingt cordes à son arc. Parmi elles, le journalisme. L'écrivain était un journaliste d'exception, de passion et de rigueur qui savait mettre une culture rare au service d'une langue drue, directe, maniée comme une flamberge.
Fils d’ouvrier agricole, né à Bram dans l'Aude, en 1925, monté à Paris, secrétaire de Jean-Paul Sartre, il rompit dans le fracas avec l'intelligentsia parisienne. Compagnon de route d'Éléments, le journaliste occitan a successivement mis le feu à France Observateur, scandalisé L'Express, réveillé Le Figaro littéraire.
Plus tard, à Paris Match, le poids des mots, c’était lui ! Chacun de ses articles touchait pile en pleine cible : les tièdes, les marionnettes du temps et les rien-pensants.
À la question de savoir comment redonner ses lettres de noblesse au journalisme, métier à l’agonie, castré par la censure et le politiquement correct, la réponse est simple : se plonger dans Jean Cau.