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Si l'économie de l'attention est, in fine, une organisation industrielle de la destruction des capacités d'attention, l'écologie de l'attention est ce qui permet de repenser l'attention comme un régime de soin. Ce régime de soin pourrait aussi s'appeler politique culturelle et correspondre aux missions du secteur socioculturel.
Comment penser alors les rapports entre l'omniprésence du numérique et l'évolution de nos formes de subjectivités ?
Yves Citton passe en revue différentes façons de concevoir ces rapports entre computation et subjectivation, à la fois pour en évaluer les dangers réels, et surtout pour envisager des perspectives d'espoir et de pensées inédites.


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Depuis quelques années, nous voyons éclore des salles de musculation à tous les coins de rue. Leur succès repose toujours sur la même promesse. Dans l'ambiance moite et surpeuplée des salles, il est possible de se faire un corps puissant, performant et transformé. Une industrie de la rationalisation et du perfectionnement du corps (complément alimentaire, coaching, etc.) accompagne l'injonction de se faire un corps débarrassé de ses lourdeurs pour être en capacité d'assumer la brutalité de la vie ordinaire.
La fabrique du muscle a rarement été investie politiquement. Au mieux, cette pratique serait le symptôme du désespéré qui, à mesure qu'il expérimente son impuissance, se tourne vers la seule chose appropriable dans un monde inappropriable : son corps. Au pire, elle n’est que l'affaire de quelques activistes virilistes qui, aux côtés des agents de sécurité, des néo-fascistes et des petits policiers, gonflent le torse et se cherchent une certaine allure dont la visée n’est autre que d’apparaître.
Plutôt que de disqualifier d’emblée une pratique qui s'est popularisée, Guillaume Vallet se propose de réfléchir la fabrique du muscle. Qu'est-ce que la généralisation de cette pratique dit de notre société ? Comment ressaisir politiquement la fabrique du muscle pour en faire autre chose qu'un corps dressé et conforme à l'ordre social ?


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Telle qu'elle est aujourd'hui traitée médiatiquement et politiquement, l'économie est en générale réduite à des querelles techniques. Sans faire l'impasse sur cette grille de lecture, l'essayiste Guillaume Travers fait au contraire le choix de la ramener à la philosophie. Car dans des temps troublés, il est précieux d'avoir un cadre idéologique solide, une structuration mentale qui permette d'échapper à toutes les désinformations et toutes les manipulations.
Émission "La Méridienne", animée par Lt Sturm, Wilsdorf, Jean-Louis Roumégace et Alryck.


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Nucléaire, climat, vaccination, OGM, théorie de l'évolution… La science se trouve prise en otage de la post-vérité et de la désinformation. Imaginez que depuis des siècles, tout le monde vous ment en affirmant que la Terre est ronde… En réalité, elle est plate. Cette conviction est partagée par de plus en plus de personnes à travers le monde ! Dopée par des complotistes sur les réseaux sociaux, la théorie de la Terre plate se répand rapidement, en dépit de toutes les preuves scientifiques.
Et depuis le début de la crise sanitaire, chacun peut constater que la vulgarisation scientifique n’a pas été très efficace face aux théories abracadabrantesques. Le phénomène interroge la place de la recherche scientifique dans le débat public et politique.
Pour faire face aux défis générés par ce phénomène, Etienne Klein nous explique en quoi la vulgarisation est désormais devenue un sujet politique.


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Le 30 janvier 1933, lorsque Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne, un de ses objectifs est de mettre fin à "novembre 1918". Il désignait ainsi l'esprit révolutionnaire et républicain né à la fin de la Grande Guerre, coupable selon lui d'avoir mis son pays à genoux. Un an plus tard, à Vienne, Engelbert Dollfuss écrase dans le sang le mouvement ouvrier autrichien. En dépit de leurs différences, Hitler et Dollfuss partageaient une même volonté : liquider les mouvements socialistes et communistes les plus puissants d'Europe.
Quinze ans plus tôt à Berlin, Vienne, Budapest, Munich, la révolution était à l'ordre du jour dans tout l'espace de la Mitteleuropa. Les républiques proclamées comme les expériences de démocratie "par en bas" se multiplient.
Des épisodes, désormais largement oubliés et refoulés, sans lesquels l'histoire de ces pays est pourtant incompréhensible. Refusant de comprendre cette histoire en considérant comme inévitable la fin tragique de 1933, Jean-Numa Ducange revient sur ces expériences, et montre que d'autres possibles existaient.


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Si les communautés qui, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, vont former la Suisse sont pour la plupart héritières d'une vieille tradition républicaine, à la fois dans les villes et dans les vallées alpines, les traits les plus reconnaissables de ce républicanisme dans la Suisse contemporaine ont dans une large mesure été fabriqués aux XIXe et XXe siècles.
Il est hasardeux de tracer une continuité historique entre la Suisse d'aujourd’hui, ou les entités fédérées qui la constituent, et les communautés politiques qui accèdent lentement à l'autonomie à partir du Moyen Âge.
Qu'il s'agisse de la conscription militaire, de la législation par le peuple (référendums d'initiative populaire) ou des gouvernements collégiaux, pour prendre trois exemples caractéristiques d'institutions républicaines, ces réalités ont d'autres origines, notamment étrangères, et une autre histoire.
C'est à leur exploration qu'est consacrée l'intervention d'Antoine Chollet, qui cherche à montrer que, bien plus qu'une île au milieu de l'Europe, la Suisse est en réalité un carrefour.


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La gauche française prétend depuis son apparition sur la scène politique à la supériorité morale non seulement sur une droite conservatrice rarement représentée mais sur le peuple français en tant que tel. Elle en serait le guide vers un meilleur des mondes progressiste.
Pourtant lorsque l'on regarde les accomplissements de la gauche depuis 1792, on n'y perçoit pour l'essentiel qu'une succession de crimes et de trahisons dont à aucun moment elle n'a eu l'intention de s'amender.
C'est cette histoire sans concession de la gauche française que retrace Xavier Moreau.
Émission "Quartier Libre", animée par Henry de Lesquen.


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François Ost entend répondre à une question à la fois simple et fondamentale : qu'est-ce qui change quand on passe au droit, ou, à l'inverse, quand on se passe de droit ? Que gagne-t-on ? Que perd-t-on ? Que signifie l'entrée dans une relation – plus largement, une société – juridique ?
Ce qui change quand on passe au droit, c'est que, désormais, la relation sociale primaire (affective, économique, politique) s'inscrit sous l'égide du tiers institué. Le tiers : à la fois une autorité en position de "troisième personne" (juge, législateur), mais aussi une fonction tierce intériorisée par les individus devenus sujets de droit. Le social s'élève alors à la "puissance trois", celle qui noue le lien, tout en assurant l'autonomie des individus.
Faire émerger et garantir un monde social en trois dimensions, indexé sur la référence structurale au tiers, telle serait en définitive la fonction propre du droit, l'inestimable plus-value qu'il peut apporter à la vie sociale chaque fois qu'il parvient à s'arracher à la violence de l'unicité.


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Si la philosophie consiste à inventer des concepts, alors on peut s'étonner que les ressources philosophiques de la plus grande partie de l'humanité aient été longtemps ignorées par la philosophie savante, à quelques très rares exceptions près. C'est peut-être pourquoi, depuis plus d'un siècle dans les pays francophones, des philosophes de formation décident à chaque génération de s'intéresser à la métaphysique des autres en devenant anthropologues.
Ils découvrent dans leurs enquêtes que ni la nature, ni la culture, ni la liberté, ni l'histoire, ni maints autres concepts qui peuplent les manuels de philosophie ne sont des valeurs universelles, pas plus d'ailleurs que ne l'est l'idée même d'universalisme. Ces philosophes de terrain ramènent aussi dans leurs carnets de notes d'autres gnoséologies, d'autres systèmes ontologiques, d'autres philosophies politiques, d'autres théories de la personne, dont on commence à mesurer l'intérêt bien au-delà de l'anthropologie, à la fois comme instruments critiques et comme expériences vécues d'une radicale altérité conceptuelle.
Mais la transposition de cette altérité dans un métalangage philosophique se révèle fort malaisée pour des raisons que Philippe Descola explore ici.


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Dans ce grand entretien mené par Davy Rodriguez, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de janvier de l'année 2023.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'00'00 : Actualités du Cercle Aristote
- 0'09'35 : L'élection de Lula au Brésil
- 0'28'03 : Rien ne va plus chez LFI
- 0'51'09 : Scandale de corruption au parlement Européen de Bruxelles
- 1'07'47 : Les Balkans, éternelle poudrière européenne
- 1'24'49 : Joseph Ratzinger
- 1'36'29 : Houellebecq et l'Islam
- 1'50'33 : Bibi de retour au pouvoir en Israël
- 2'08'18 : La réforme des retraites
- 2'14'50 : #Twitterfiles, silence des médias
- 2'20'36 : Les souverainistes et le RN
- 2'27'46 : Un avis sur François Ruffin ?
- 2'35'42 : Pour la décentralisation ?
- 2'42'11 : Que penser des Napoléons ?


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Hannah Arendt, penseur de la modernité, irrigue par son oeuvre tant la philosophie que la politique. La culture, aujourd'hui diffusée, distribuée et démocratisée, n'a pourtant jamais été en plus grand péril.
Par une analyse des concepts de tradition, d'autorité, d'éducation et de liberté, Hannah Arendt dresse un portrait sans concessions de notre monde contemporain où la crise de la culture pose la question de la construction de notre devenir. Quelle place pour l'Art dans cette société de masse ? Comment donner un sens à l'aventure humaine sans culture pour nous orienter ?
Jean-François Mattéi exprime cette pensée complexe en un langage simple et éclairant. Il met en lumière les paradoxes de la modernité et avec lui nous nous trouvons sur la brèche, ce présent entre le passé et l'avenir, où il est possible de bâtir sciemment la suite de notre Histoire.


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Comprendre les enjeux énergétiques globaux est l'objet du travail récent de Maxime Amblard, ingénieur d'études en physique des réacteur nucléaires, qui introduit ici, entre abondance et pénuries, aux grands choix énergétique que la France, comme les autres nations, devra faire pour maintenir sa liberté de décision sur son avenir ainsi qu'un niveau de vie décent pour sa population.
Une étude nécessaire pour comprendre la problématique énergétique aujourd'hui, afin de mener le combat de la souveraineté énergétique.