Roman national ou Guerre civile ? Avec Jean-François Chemain au Cercle Aristote.


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12.02.2024

Au lendemain des attentats de janvier 2015, nous nous sommes demandé ce que nous pourrions faire pour la France, notre pays si profondément touché dans sa chair et dans sa tête. Jean-François Chemain nous rappelle les éléments qui ont construit la France depuis 2'000 ans, ce que nous avons à proposer à tous les Français, quelles que soient leurs origines, afin qu'ils puissent retrouver leur héritage fondamental.
Ce bref rappel des symboles et repères, sur lesquels il n'est pas question de transiger, ne fait aucune concession à l'esprit de repentance et au politiquement correct qui nous envahissent. Il se propose de (re)découvrir la permanence de notre double héritage, chrétien et monarchique d'une part, républicain et laïc d'autre part, pour mieux comprendre qui nous sommes.
Soyons fiers des valeurs qui ont façonné la France d'aujourd'hui ! La liberté d'expression, l'humanisme, la langue française, les Lumières, le patriotisme nous ont transmis le gout de l'égalité, la liberté de la femme, le respect des lois et de l'État, le civisme, la croyance en la promotion sociale et le sens du mérite.
Nous devons continuer à nous battre pour nos valeurs et nos modèles. Il n'y a pas de honte, bien au contraire, à vouloir rester fidèle à la mémoire de nos pères. Si nous voulons marcher vers le futur, retournons toujours à nos racines.

La fin de l'Occident. Avec Jacques Ellul sur TF1.


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1976

Depuis plusieurs décennies, Jacques Ellul, dont la notoriété est plus grande à l'étranger qu’en France, poursuit une œuvre de théologien et de sociologue. Dans Trahison de l'Occident, il s'interroge sur les rancoeurs à l'égard de l'Occident. Esclavage, impérialisme, colonialisme ont suscité la haine et le rejet et ses propres enfants le couvrent de sarcasmes et d'insultes.
Se gardant de toute apologie ou autosatisfaction, Jacques Ellul s'attache aussi à montrer tout ce que l'Occident a apporté, en particulier les idées de liberté et d'individualisme. Un argumentaire puissant et pugnace qui donne à réfléchir sur nos rancoeurs naturelles à l'égard de cet Occident qui nous a pourtant tout donné, y compris la faculté de le critiquer

Émission "Questionnaire", animée par Jean-Louis Servan-Schreiber.

La République ? Quelles valeurs ? Essai sur un nouvel intégrisme politique. Avec Jean-Fabien Spitz à la Librairie Mollat.


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21.11.2023

La République est devenue un mantra du discours politique en France. Réduite à un universalisme de façade et à une laïcité entièrement falsifiée, elle n'est plus utilisée que pour dissimuler la réalité des fractures et pour tenter de combler le déficit croissant de légitimité auquel se heurte une régulation sociale qui laisse proliférer l'inégalité et précarise les existences.
On oublie ainsi le sens premier du projet républicain : créer une société qui soit la chose de tous, une société dont la légitimité tient à sa capacité à instituer et à entretenir entre les citoyens des rapports d'indépendance mutuelle et de non-domination. Mais à l'âge du capitalisme avancé cette égalité ne peut plus reposer seulement sur celle des droits personnels ; elle exige des droits sociaux solides et efficaces qui garantissent à chacun les bases d'une existence autonome : droit à la santé, à l'éducation, au logement, à un emploi et à un revenu décents.
À l'égalité des indépendances qui suppose la maîtrise des intérêts particuliers, les nouveaux intégristes substituent une forme imaginaire de subordination du privé au public : l'égalité abstraite devant la loi, l'aveuglement aux différences et aux formes de domination qui les accompagnent. Désormais, la définition culturelle de la République par l'effacement des différences identitaires remplace la définition sociale de la République. Cela revient à nier que, dans une société complexe, une telle égalité ne peut être atteinte que par la reconnaissance des obstacles spécifiques auxquels les individus sont confrontés.

L'Aplatissement du monde : la crise de la culture et l'empire des normes. Avec Olivier Roy au Geneva Graduate Institute.


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18.11.2022

Identités contre universalisme, genre contre sexe, république contre communautarisme, racisme, féminisme, immigration… Le point commun de ces débats, qui polarisent la vie intellectuelle avec de fortes implications politiques, est de mettre en jeu la culture, dans tous les sens du terme. Mais la thèse de la "guerre culturelle" ou du conflit de valeurs ne résiste pas à l'examen. Ce qui est en crise, c’est la notion même de culture, désormais réduite à un système de codes explicites, décontextualisés et souvent mondialisés, qui envahissent les universités comme nos cuisines, les combats identitaires et les religions comme nos pratiques sexuelles, et jusqu'à nos émotions dûment répertoriées en émojis.
Il s'agit bien d'une déculturation mondiale. À partir des quatre grandes mutations contemporaines, se donnent à voir les mécanismes et les effets paradoxaux : où les dominants se vivent aussi menacés et souffrants que les dominés ; où le globish et le manga deviennent des simulacres qui annihilent la richesse de la langue anglaise ou de la culture japonaise ; où les "process" de communication fabriquent un "devenir autiste".
À contre-courant de la dénonciation antimoderne de l'individualisme, il faut s'inquiéter au contraire de la facilité avec laquelle nous acquiesçons à l'extension du domaine de la norme.

La Valeur des personnes : preuves et épreuves de la grandeur. Avec Nathalie Heinich au Centre de Recherches sur les arts et le langage.


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05.12.2022

Attribuer de la valeur aux personnes est une activité familière, sur laquelle on ne s'interroge pas. Elle obéit pourtant à des règles implicites. Nathalie Heinich applique à ces règles le modèle d'analyse proposé dans Des valeurs, une approche sociologique (2017) en faisant apparaître tout d'abord une large gamme de "preuves de qualité", du statut au talent en passant par l'apparence physique ou les actes ; ensuite, le rôle décisif des "épreuves d'évaluation" comme les examens, concours, prestations publiques ; enfin "l'épreuve de la grandeur" qui fabrique dans les représentations des hiérarchies, donc des inégalités.
Cette question des inégalités est particulièrement sensible aujourd'hui. Elle est abordée ici en toute neutralité, dans le seul but d'analyser, de décrire, de comprendre, selon la méthode pragmatique et compréhensive mise en œuvre par Nathalie Heinich.

Sur quoi fonder la valeur de l'humanité ? Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


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08.10.2018

Pour l'humanisme, l'humanité a une valeur intrinsèque et tous les êtres humains ont une valeur égale. Mais sur quoi peuvent se fonder ces deux étranges idées ? Non pas sur une idée théiste. Si Dieu existe, c'est lui qui est la source de toute valeur. Et il a peut-être "fait tous les hommes égaux" mais peut-être non : ils ne valent que s'ils le reconnaissent ou s'ils respectent ses commandements.
Non pas sur une idée naturaliste. A l'échelle de la nature, l'espèce humaine n'a pas plus de valeur que toute autre espèce de mammifères ou de moucherons ; ou peut-être même en a-t-elle moins, si l'espèce humaine est la prédatrice suprême. Et il serait contre-intuitif de soutenir que la "Nature a fait tous les hommes égaux".
Francis Wolff s'efforce de montrer que les deux thèses humanistes se fondent sur la définition même de l'être humain comme "animal rationnel", à condition d'entendre "rationnel" non pas au sens d'une quelconque aptitude intellectuelle mais au sens de "logos", faculté de dialoguer.
Plus ambitieusement, Francis Wolff propose une déduction rationnelle de l'altruisme et s'efforce de réconcilier les deux sens opposés du "bien" : "être bien" et "faire du bien" ("bonheur" aristotélicien et "moralité" kantienne).

Avant l'homme... Et après ? Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


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28.05.2018

Pour l'humanisme, l'humanité n'est pas seulement une espèce d'êtres vivants, homo sapiens, mais elle est une communauté morale et une valeur. Plus précisément, l'humanisme, au sens où l'entend Francis Wolff, implique trois thèses : l'humanité a une valeur intrinsèque ; l'existence des êtres humains a une valeur absolue ; l'humanité est source unique de valeurs. Ces idées ne vont pas de soi. "Avant l’homme" il y eut (et il y a encore, d'une certaine manière), le Dieu de la révélation ; et "après l'homme", pointe aujourd'hui la Nature. Selon ses deux rivales, l'humanité a certes une valeur, mais extrinsèque et relative, parce qu'il y a une source de valeurs supérieure dont dépend celle de l’humanité.
Concernant la première rivalité, Francis Wolff évoque ce qu'on a appelé la "sécularisation des Temps modernes", c'est-à-dire le processus par lequel la religion cesse, en Occident, d'être le repère central de la vie sociale (théocentrisme) pour gagner progressivement la sphère privée. Concernant la seconde rivalité, il s'agit de revenir sur les débats actuels autour de la valeur intrinsèque de "la nature" sous ses différentes formes (biocentrisme, écocentrisme, zoocentrisme) et l'actuelle position médiane du christianisme ("la vie humaine").
L'humanisme n'en reste alors pas moins le pire système... à l'exclusion de tous les autres !

Valeur et valeurs de la critique d'art. Avec Nathalie Heinich pour l'Institut de la Mémoire de l'Édition Contemporaine.


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16.01.2020

Auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages portant principalement sur le statut d'artiste et la notion d'auteur, l'art contemporain et le rapport aux valeurs, la sociologue Nathalie Heinich revient sur la problématique des valeurs engagées dans la réception des œuvres d'art, réception généralement conditionnée par le travail des critiques.
Quelles sont les valeurs engagées dans ce processus ? Existe-t-il une tension entre la question du prix et celle de la valeur, dans le domaine de l'art (contemporain) ? La valeur esthétique est-t-elle prédominente dans le jugement rendu par les critiques ? Finalement : l'admiration ou le rejet des oeuvres d'art peuvent-ils s'expliquer ?
Selon Nathalie Heinich, les réponses sont à chercher dans l'activité artistique elle-même, de la création à la réception, en passant par la circulation, des œuvres d'art.