Penser et surmonter le nihilisme. Avec Pierre Le Vigan au Cercle Aristote.


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15.04.2019

Le nihilisme a creusé le vide qui est en nous car l'homme est un être risqué et toujours projeté en avant de lui-même. Nous avons laissé le nihilisme s'emparer de ce vide et l'habiter. Nous avons laissé grandir la force mauvaise du nihilisme.
Car le nihilisme est une force. Mais c'est une force qui ronge l'homme et détruit le désir du bien et de la vie. Le nihilisme est une force qui nous met en état d'apesanteur et d'oubli de soi. Le nihilisme nous met hors sol par haine de la terre. Il nous met aussi hors de la durée par haine de l'histoire, et des permanences, et des fidélités.
Achever le nihilisme, c'est en pousser la logique jusqu'à ce qu'il se détruise lui-même plutôt qu'il ne nous détruise.

La condition anarchique. Avec Frédéric Lordon à la Librairie Le Merle Moqueur.


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14.11.2018

Disons les choses d'emblée : la condition anarchique ici n'a rien à voir avec l'anarchisme qui intéresse la théorie politique. Lue étymologiquement, comme absence de fondement, an-arkhé, elle est le concept central d'une axiologie générale et critique.
Générale parce qu'elle prend au sérieux qu'on parle de "valeur" à propos de choses aussi différentes que l'économie, la morale, l'esthétique, ou toutes les formes de grandeur, et qu'elle en cherche le principe commun. Critique parce qu'elle établit l'absence de valeur des valeurs, et pose alors la question de savoir comment tient une société qui ne tient à rien.
Aux deux questions, une même réponse : les affects collectifs. Ce sont les affects qui font la valeur dans tous les ordres de valeur. Ce sont les affects qui soutiennent la valeur là où il n'y a aucun ancrage. Dans la condition anarchique, la société n'a que ses propres passions pour s'aider à méconnaître qu'elle ne vit jamais que suspendue à elle-même.

Cartographie des colères françaises. Avec Emmanuel Todd sur France Culture.


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03.12.2018

Un sondage Elabe pour BFMTV publié la fin novembre montre que 75% des Français approuvent le mouvement des gilets jaunes. Le mouvement semble dès lors parti pour durer, d’autant que les propositions formulées par Emmanuel Macron pour répondre aux revendications des gilets jaunes n’ont pas convaincu, et que la rencontre avec le Premier ministre qui devait avoir lieu a été largement boycottée par leurs représentants.
Après la nouvelle manifestation, il est intéressante de se pencher sur la complexité et la diversité sociale de ce mouvement. Peut-on savoir qui sont les gilets jaunes ?

Émission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.

La défaite n'est pas une fatalité : un autre avenir pour l’Europe ! Avec Gabriele Adinolfi sur Méridien Zéro.


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07.03.2018

Gabriele Adinolfi, figure du nationalisme européen, vient nous présenter le projet Lansquenets. Celui-ci s'affirme comme une entreprise ambitieuse qui pourrait s'avérer salutaire pour notre avenir, tant il est empreint de méthode dans le souci de la Tradition.
Le projet Lansquenet, ou projet de la reconquête, plonge ses racines dans des activités déjà consolidées. Son objectif est global : il est de produire une élite de la pensée, de l'engagement et du réalisme capable de fournir les critères et les moyens nécessaires au réveil des peuples européens et à la reprise en main de son destin sur le continent tout entier.

Émission "L'Echo des Canuts", animée par Roberto Fiorini.

Débats et controverses idéologiques en France. Avec Paul-François Paoli sur Radio Courtoisie.


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05.05.2018

Dans son dernier livre L'imposture du vivre ensemble, Paul-François Paoli nous présente un panorama -non exhaustif- de la vie intellectuelle française et de ses enjeux idéologiques à travers un certain nombre d'éléments de langage et de noms propres couramment utilisés par les hommes politiques, les journalistes et les citoyens.
L'occasion de revenir avec lui sur l'état de santé intellectuelle du débat d'idées en France...

Émission du "Libre Journal de la jeunesse", animé par Hugues Sérapion.

Sortir la sociologie de sa préhistoire. Avec Nathalie Heinich à l'Université de Montréal.


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08.07.2016

La sociologie se trouve aujourd'hui éclatée entre une multitude de propositions hétérogènes. Deux grandes lignes de clivages se dégagent cependant : d'une part, la tension entre une "sociologie du social", d'un haut degré de généralité mais peu ancrée dans l'empirie, et une "sociologie de l'expérience", basée sur l'enquête mais d'ambition souvent restreinte ; et, d'autre part, la tension entre une sociologie à visée normative, ancrée sur le politique, et une sociologie à visée analytico-descriptive, ancrée sur la production de savoir.
Du point de vue de Nathalie Heinich, une sociologie non empirique, de même qu’une sociologie normative, appartiennent à la préhistoire de la discipline. Elle plaide donc pour une sociologie d'enquête mais lestée d'une ambition théorique lui permettant des modélisations transposables à différents domaines et objets de recherche ; et pour une sociologie enfin débarrassée de la tentation de se substituer au militantisme, même si l'utilisation pratique des savoirs produits est toujours souhaitable.
Considérer le savoir comme une fin en soi, refuser de l'inféoder à des objectifs autres qu'épistémiques, et en respecter la spécificité : voilà qui devrait permettre d'éviter les réductions démagogiques de la connaissance à l'opinion commune, autant que l'extension du domaine de l'égalité au monde scientifique, lequel n'a rien à voir avec la démocratie. Enfin délivrés de la régression post-moderne, il sera enfin possible d'entrer, tous ensembles, dans l'histoire de la sociologie.

Dictionnaire critique du vivre-ensemble. Avec Paul-François Paoli sur Radio Courtoisie.


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28.02.2018

L'ambition de Paul-François Paoli, dans son dernier ouvrage L'imposture du vivre ensemble est de présenter un panorama de la vie intellectuelle française et de ses enjeux idéologiques à travers un certain nombre d'éléments de langage et de noms propres couramment utilisés par les hommes politiques, les journalistes et les citoyens.
Il s'agit notamment de démontrer que moult personnalités de renom (écrivains, philosophes, personnages historiques...) auxquels nous faisons spontanément référence, loin d'exprimer ce que l'on veut leur faire dire, témoigneraient plutôt de l'inconsistance de l'idéologie à la fois lénifiante et contraignante du "vivre ensemble" à laquelle on nous exhorte.
Au-delà de ce constat, comment une société où l'idée de Vérité a disparu du champ philosophique et politique pourrait-elle absolutiser des valeurs, fussent-elles républicaines ? Et comment donner du sens à ce fameux "vivre ensemble" si ces "valeurs" fonctionnent sur un mode qui exclut du champ de la normalité ceux qui n'y adhèrent pas ? Tel est le paradoxe général que fait apparaître le travail de Paul-François Paoli.

Émission du "Libre Journal des débats", animé par Charles de Meyer.

De la modernité. Avec Olivier Rey pour le Cercle Politeia.


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07.10.2017

Nous savons que la trajectoire empreintée par notre modernité nous emmène au désastre. Et pourtant, il nous semble impossible de la modifier.
En outre, les questions qui ont mobilisé des générations de penseurs - la vie telle qu'on aimerait vraiment la vivre, le sens d'une existence humaine - tendent à disparaître de l'horizon du pensable.
Comment l'idéal moderne de liberté, dont l'affranchissement de la tradition constitue le fondement, a-t-il pu nous entraîner aussi loin dans l'égarement ?