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Tout au long de son oeuvre, René Guénon a dressé la cartographie la plus rigoureuse et la plus minutieuse des espaces physique et psychique contemporains.
Rien d'étonnant à cela, dès lors qu'il les a représentés à l'échelle immuable de la métaphysique et de l'esprit. Très peu d'abstractions, d’ailleurs, dans ses descriptions et analyses, mais une limpide et sereine exposition des causes et des conséquences du désastre que nous sommes plus ou moins fermement invités à considérer comme une avancée ou un progrès.
Nouvel ordre mondial et mondialisation, uniformisation, chaos social, individualisme, dégénérescence de la monnaie, etc.: très tôt, il a tout vu venir et il a tout décrit, non par grâce divine ou don de clairvoyance, mais par la seule connaissance des principes — notamment cosmologiques — qui régissent la manifestation.
Ainsi se déploie devant nos yeux la ténébreuse fresque du Kali Yuga, jusqu'à la touche la plus actuelle qui parachève l'expression des possibilités les plus inférieures, donc les plus infernales du cycle.
D’évidence, nous vivons "la fin d'un monde" qui, assure pourtant Guénon, "n'est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d'une illusion". Ce qui n'est pas illusoire, en effet, c'est l'Être, "ce qui est, et qui ne peut pas ne pas être, ni être autre que ce qu'il est". Or, l'Être implique tout aussi sûrement la "rénovation totale" que les hommes fidèles à la Tradition préparent, depuis l' "Abomination de la désolation".
- 0'00'00 : René Guénon, écrivain français né à Blois
- 0'07'47 : Fréquentation des milieux occultistes
- 0'13'13 : Rapprochement avec les intellectuels catholiques
- 0'23'11 : Initiation à l'hindouisme non-dualiste
- 0'33'14 : Rupture avec les milieux catholiques
- 0'41'00 : La contemplation hors de l'action politique
- 0'43'30 : Cohérence de la pensée de Guénon
- 0'46'45 : Les cycles cosmologiques selon les Védas
- 0'53'10 : Fracture du Moyen Âge occidental
- 0'58'50 : Critique du progrès et de l'égalitarisme
- 1'13'35 : Déménagement en Égypte
- 1'17'10 : Installation de Guénon dans l'islam
- 1'28'20 : Correspondance avec l'intelligentsia européenne
- 1'32'46 : La crise du monde moderne
- 2'36'35 : Le règne de la quantité et les signes des temps


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Titulaire d'un doctorat en philosophie, Andreea-Maria Lemnaru-Carrez travaille principalement sur la magie et sur la mythologie dans le néoplatonisme.
Elle revient ici plus largement sur ce courant philosophique de l'Antiquité tardive aussi mal connu que déterminant pour comprendre l'évolution du christianisme.
Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.


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Né en 1930, spécialiste du symbolisme et de la théologie mystique, Jean Borella est un métaphysicien nancéen dont l'oeuvre a profondément renouvelé la pensée philosophique et pastorale dans la deuxième partie du XXe siècle. En effet, il a jeté les bases et les éléments essentiels de la reconstruction d'une gnose chrétienne orthodoxe dont une renaissance religieuse véritable ne pourra faire l'économie.
À 93 ans, il nous ravit encore de son intelligence et nous rappelle ce qu'est une expression authentiquement catholique de l'intelligence, rappelant la religion à sa raison d'être spirituelle et métaphysique.


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Julius Evola est l'une des grandes figures de la Droite italienne et même européenne du XXe siècle. Souvent associé à René Guénon et à l'école traditionnaliste, Evola appartient également au monde de la "Révolution conservatrice".
Philippe Baillet, l'un de ses principaux traducteurs français, revient en détail sur la vie et l'œuvre de cette figure étrange et fascinante par bien des aspects, ainsi que sa postérité.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'07'08 : Présentation du parcours de Philippe Baillet
- 0'14'15 : Division de l'entretien
- 0'17'23 : Origines et milieu social d'Evola
- 0'23'20 : Attitude anti-bourgeoise : débuts artistiques et philosophiques
- 0'30'45 : Evola et Arturo Reghini
- 0'37'02 : Impérialisme païen – nationalisme italien et critique du christianisme
- 0'53'29 : Relations d'Evola avec le régime fasciste
- 0'58'53 : Découverte de René Guénon
- 1'10'37 : Bachofen et "le droit maternel"
- 1'14'43 : Révolte contre le monde moderne
- 1'30'27 : Julius Evola et l’Allemagne
- 1'45'34 : Julius Evola et la droite italienne d’après-guerre
- 1'57'45 : Le fascisme vu de droite
- 2'00'13 : Chevaucher le tigre
- 2'12'40 : La postérité d'Evola en Italie
- 2'19'15 : La postérité d'Evola en France
- 2'30'47 : Regard critique sur Evola
- 2'46'48 : Recommandations de lecture
- 2'48'39 : Evola et Klages, une mise en parallèle


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Le nationalisme est une idéologie moderne. À l'échelle de l'histoire, il représente un phénomène récent qui trouve son paroxysme dans l'exaltation nationale au moment de la Révolution française. Bien qu'amorcé par la monarchie capétienne, le processus de centralisation s'est effectué au détriment de l'identité des peuples de France.
Historiquement, le nationalisme est d'abord une idéologie de gauche qui s'est progressivement déplacée vers la droite. Mais, elle a toujours été réactive si bien qu'aujourd'hui la gauche (minoritairement) et la droite (majoritairement) s'en réclament. La nation traditionnelle (la terre des pères) qu'il ne faut pas confondre avec la nation moderne (jacobine et assimilationiste) renvoie pourtant parfaitement aux Deux patries décrites par Jean de Viguerie. D'un côté la patrie traditionnelle et enracinée, de l'autre la patrie moderne et révolutionnaire.
Au moment où la mondialisation libérale s'étend un peu partout sur la surface du globe, le nationalisme revient en force. S'il peut opérer des critiques pertinentes à l'égard de la première, ses réponses ne permettent pas de la pousser dans ses derniers retranchements et de proposer une alternative à l'hypermodernité narcissique et hétérophobe du nationalisme révolutionnaire. C'est au nom d'une conception traditionaliste et enracinée qu'Arnaud Guyot-Jeannin s'emploie à critiquer le nationalisme comme individualisme reporté au niveau de la nation. Face au "Right or Wrong, my country", il rappelle la parole prophétique de José Antonio Primo de Rivera : "Le nationalisme, c'est l'égoïsme des peuples".
Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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Étrange Raymond Abellio (1907-1986). Issu d'un milieu très modeste, il intègre la prestigieuse École Polytechnique ; d'abord "homme de puissance", engagé dans l'action politique qui le mènera de la gauche socialiste révolutionnaire au collaborationnisme, ensuite, "homme de connaissance", métaphysicien et romancier voué à l'étude des sciences sacrées traditionnelles.
L'Occident, d’après lui, n'a pas dit son dernier mot : et si la pensée philosophique moderne et la recherche scientifique renouaient avec la plus ancienne sagesse ?
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.


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Dans le contexte d'une modernité en déroute, Michel Michel, sociologue de son état, appelle au recours à la Tradition, celle du "pérennialisme" : "ce qui été cru par tous, toujours et partout". Non pas une nostalgie du passé, mais parce que les principes qui fondent le monde moderne – individualisme, croyance au Progrès, "désenchantement du monde" rationaliste, Homme Nouveau autocréé – sont pour paraphraser Chesterton "des idées chrétiennes devenues folles".
Il a été plus facile à l'Église "d'aller aux barbares" que de résister à ses propres hérésies. À la fin du XXe siècle, la pastorale de l'Église ne s'est pas contentée de "s'adapter" au monde, mais semble s'être massivement ralliée aux hérésies idéologiques de la modernité.
Or le monde passe; aussi, le ralliement de l'Église à la "religion séculière prométhéenne" de la modernité est inefficace car cette religion est elle-même en déclin.
Avec la postmodernité, le recours à la Tradition est la plus probable arche de salut pour passer le naufrage de la modernité.