Peut-on essayer de comprendre les racines intellectuelles du totalitarisme ? Avec Frédéric Rouvillois sur Radio Courtoisie.


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30.08.2014

La thèse est audacieuse : le nazisme était un projet utopique au sens fort du terme. Elle est audacieuse parce nous avons tendance à exonérer l'utopie pour n'en conserver que la dimension émancipatrice, en minorant les dérives, les erreurs, les meurtres qu'elle a aussi produits.
À présent, mettons face à face la rhétorique nazie et les caractéristiques fondamentales de l'utopie : refaire l'homme par l'éducation, le travail et le sport ; bâtir une cité réconciliée, unie et heureuse, tenter de la rendre éternelle...
Point par point, Frédéric Rouvillois démontre un emboîtement presque parfait - et mortifère. La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, c'est vrai, mais elle aussi promettait l'épanouissement d'un peuple élu.
Sinon, comment expliquer l'engouement des Allemands pour un projet aussi monstrueux ? Envisager le nazisme sous l'angle de l'utopie permet deux choses. De souligner le parallèle avec l'autre totalitarisme du XXe siècle, le communisme : il n'y a pas d'utopie innocente. De comprendre le "judéocide", massacre conçu et organisé comme la condition et l'une des finalités de cette utopie criminelle. Le premier rapprochement est admis par beaucoup. Le second est plus inédit, mais l'idée de l'utopie comme intrinsèquement porteuse de génocide s'impose à nous après la lumineuse démonstration de Frédéric Rouvillois.

La raison sensible dans l'Histoire : 1792. Avec Sophie Wahnich à la Librairie Tropiques.


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20.11.2012

En France, est répandue depuis plus de 40 ans une histoire réactionnaire de la Révolution propagée des ouvrages "savants" aux manuels des écoliers. Ce déni, instrumentalisé par l'oligarchie qui l'a promu, s'accompagne d'une "haine de soi" qui suscite la perplexité goguenarde des historiens du monde entier.
Les conséquences grotesques de cette propension au "devoir de mémoire" patrimonial revendiqué contre l'intelligibilité du développement historique ont pourtant fini par disqualifier ces scolastes aux yeux de celles et ceux qui entendent faire de l'histoire quelque chose du présent, qui y cherchent une source généalogique de savoir et de sens.
Le magnifique travail de Sophie Wahnich atteste qu'une nouvelle génération d'historiens à donc su de ce passé récent "faire table rase", et nous restituer la portée sociale fondatrice et universelle de la Révolution, en révélant l'imposture des apories que 40 années de refoulement avaient postulé entre "sentiment et raison", "violence et progrès", "individu et collectivité".
En nous réappropriant, avec Sophie Wahnich, ce moment de notre histoire où l'être social de la Nation a réussi a s'exprimer, et pour toujours être entendu du monde entier, nous pouvons de nouveau en faire quelque chose, aujourd'hui, en ces temps obscurs de relativisme généralisé et de concurrence libre et non faussée, pour... en sortir !

Remettre l'histoire des idées politiques à l'endroit. Avec Eric Branca à Cercle Aristote.


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12.01.2015

Depuis l'Antiquité, les philosophes s'affrontent sur la question du meilleur gouvernement possible. Et ils le font avec d'autant plus d'opiniâtreté que cette question est loin d'être purement théorique et que les réponses qui lui ont été données sont à l'origine de tous les grands changements historiques.
La formation des Etats modernes, telle qu'elle s'ébauche au Moyen Âge et à la Renaissance, prend directement sa source dans les traités politiques d'Aristote et de saint Thomas d'Aquin. La Révolution française s'explique largement par les écrits de Voltaire, de Rousseau et des Encyclopédistes, et l'on ne peut comprendre l'expansion du capitalisme sans se référer à Adam Smith et aux autres philosophes anglo-saxons du XVIIIe siècle. Quant à Karl Marx, il reste à bien des égards le père du XXe siècle dans la mesure où son oeuvre a inspiré la plupart des révolutions et des totalitarismes que ce siècle a connus.
Ce sont bien les idées qui mènent le monde, et telle est l'ambition d'Eric Branca, que d'en raconter l'histoire. Une histoire indispensable à la compréhension des grands enjeux politiques de notre temps.
L'occasion pour Eric Branca de dresse un tableau vivant de ces idées politiques où celles-ci sont clairement exposées et replacées dans leur contexte historique souvent tumultueux et parfois même tragique, mais aussi dans leur dimension humaine.

Claude Lefort à voix nue, sur France Culture.


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11.1992

Autrefois collaborateur des Temps Modernes, co-fondateur avec Cornélius Castoriadis de la revue "Socialisme ou Barbarie" et avec Pierre Clastres de la revue "Libre", Claude Lefort a fortement contribué à la réévaluation en France de la philosophie politique.
Cet entretien, après un retour sur son engagement politique personnel, lui permet de revenir sur les thèmes qui ont jalloné son oeuvre :
 - le problème de la définition théorique de la démocratie et les régimes totalitaires
 - Machiavel, la République et le projet politique 
 - la pensée de Merleau-Ponty, en particulier sa réflexion sur la perception
Un échange profond et captivant, mené par Antoine Spire.

Communisme et totalitarisme (1902-1989). Avec Stéphane Courtois à l'Institut d'Histoire Sociale.


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22.10.2009

Découpage et contenu de l'échange :

[  00:00] Introduction
[  08:56] Présentation de l'ouvrage « Communisme et Totalitarisme »
[  10:59] I. « Lénine, inventeur du totalitarisme »
[  20:25] Stéphane Courtois vs. Jean-Jacques Marie (historien trotskiste) #1
[  27:26] II. « Staline ou le triomphe du totalitarisme »
[  36:07] Stéphane Courtois vs. Annie Lacroix-Riz (historienne communiste)
[  39:52] III. « Communisme, crime contre l'humanité, génocide »
[  48:42] Stéphane Courtois vs. Jean-Jacques Marie (historien trotskiste) #2
[  49:14] IV. « Histoire et mémoire du communisme »
[  56:27] Pacte germano-soviétique & alliance germano-soviétique (70e anniversaire)
[1:02:22] Chute du mur de Berlin (20e anniversaire)
[1:32:13] Débat (Questions / Réponses)
[1:32:24] Q/R1 L'exception Raymond Aron, rôle de l'Armée Rouge
[1:36:47] Q/R2 Totalitarisme et économie
[1:38:36] Q/R3 Orientation des manuels scolaires, Hannah Arendt
[1:42:15] Q/R4 L'imposture Guy Môquet
[1:45:26] Q/R5 Jacques Duclos, Santiago Carrillo, Franco, origines & mythes de la guerre d'Espagne
[1:54:28] Q/R6 Vladimir Poutine & le KGB, Gorbatchev & le putsch de Moscou, Deng Xiaoping & la Chine

Interview d'Adrien Abauzit pour WeAreChange Paris.


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07.2013

Varations sur l'histoire de France, ses rivalités immémoriales avec l'Allemagne et la perfide Albion, et l'évolution des rapports de forces jusqu'aux dictats de la finance internationale sur le devenir de notre pays.

Totalitarisme et démocratie. Avec Claude Lefort à Citéphilo.


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16.11.2007

Claude Lefort retrace le cheminement intellectuel qui l’a amené à décrire le totalitarisme soviétique non simplement comme un régime à parti unique ou comme un capitalisme d’Etat, mais comme une forme inédite de société.
Il explique ainsi ce qui l’a opposé aux interprétations d’Hannah Arendt et à celles de Cornelius Castoriadis.

Vue d'Italie : entretien avec Alain Soral mené par Claudio Marsilo.


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01.2014

Face à l'agravation des logiques répressives envers les peuples, et face à la censure des actions de résistances, Alain Soral explique patiemment les logiques de domination à l'oeuvre en illustrant ses propos par de récentes affaires.
De la censure de certains livres génants à l'imposition du "mariage pour tous", il en appelle encore une fois à une prise de conscience de la dérive totalitaire de nos classes dirigeantes.