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La liberté telle que nous l'entendons aujourd'hui, que ce soit à gauche et à droite de l'échiquier politique, se fonde sur l'idée de délivrance. C'est à dire le fait d'être déchargé par d'autres ou par la technologie d'une partie des tâches quotidiennes de la vie : cuisiner, s'occuper des enfants, faire le ménage, etc.
Pourtant, si cette définition de la liberté est devenue hégémonique, elle n'est pas la seule. Celle-ci s'est imposée au dépend d'autres manières d'entrevoir la liberté, notamment comme autonomie collective visant à prendre en main sa propre subsistance.
Professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan, analyse les différentes conceptions de la liberté pour en exhumer les hypothèses sous-jacentes et proposer des alternatives réellement émancipatrices.
Un entretien mené par Jean-Philippe Decka.
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Philosophe et universitaire spécialisé dans les études décoloniales et la pensée noire, Norman Ajari publie Technofascisme, Le nouveau visage de la suprématie blanche (Éditions Météores, 2026), dans lequel il souligne la dimension foncièrement raciste, suprémaciste et profondément inégalitaire du projet politique des milliardaires de la tech américaine et du pouvoir trumpien.
Selon lui, toutes les grandes entreprises fonctionnent comme des dictatures, l'État doit fonctionner comme une entreprise, donc l'État doit fonctionner comme une dictature, privatisant ainsi le pouvoir régalien. Leur discours n'est plus comme au XXe siècle un discours de séduction des masses : c'est au contraire un discours qui prône l'insurrection des élites contre des peuples considérés comme de méprisables troupeaux d'ignorants.
Ce transfert de souveraineté vers les entreprises marque l'effondrement du néolibéralisme concurrentiel au profit d'un capitalisme de monopole illustrant l'impérialisme décrit par Lénine.
Mais alors : que faire ? Comment résister au technofascisme ? Comment socialiser les entreprises ? Comment redonner aux travailleurs le pouvoir dans les structures qui sont aujourd'hui les vrais lieux du gouvernement ?
- 0'00'00 : Introduction et présentation de Norman Ajari
- 0'02'25 : La critique "professorale" de l'IA ne suffit plus
- 0'06'36 : Contre l'IA, attaquons ceux qui la produisent
- 0'08'42 : Qu'est-ce que le technofascisme ?
- 0'11'14 : Une nouvelle "hyperclasse" plus puissante que des États
- 0'14'04 : Peter Thiel, le cerveau caché d’extrême droite de la Silicon Valley
- 0'17'14 : Airbnb et Uber : des entreprises en "mission" contre les États
- 0'21'17 : L'archéofuturisme : alliance de la technologie et des hiérarchies antiques
- 0'27'12 : Une répartition inégalitaire de l'avenir
- 0'28'20 : Transhumanisme : créer littéralement une race supérieure
- 0'30'30 : L'hyperstition : quand la science-fiction devient réelle
- 0'32'30 : Contre le "technoféodalisme", penser l'impérialisme de Lénine
- 0'34'25 : Palantir : le logiciel qui planifie des "chaînes de meurtre"
- 0'37'58 : La DGSI, le NHS... vos données chez les technofascistes
- 0'40'11 : L'arme logicielle succédera à l'arme atomique
- 0'41'47 : Un fascisme sans besoin de vote ni de peuple
- 0'44'34 : L'entreprise fonctionne comme une dictature
- 0'45'02 : Faire plier Musk : le sabotage qui a fait dévisser Tesla
- 0'48'57 : Les data centers, usines géantes à cibler
- 0'50'42 : "Colossus" à Memphis : pollution et contradictions locales
- 0'53'27 : Warren Buffett "La guerre des classes existe, et c'est nous qui la gagnons"
- 0'54'52 : Huey P. Newton et l'intercommunalisme contre les multinationales
- 0'57'12 : Pourquoi Palantir s'appelle Palantir ?
- 1'00'44 : Habermas, ou comment le libéralisme fait le lit du fascisme
- 1'02'40 : Transhumanisme et eugénisme : le vrai projet
- 1'03'31 : La "mafia PayPal" a grandi sous l'Apartheid
- 1'06'01 : Trump, Musk, et le "fascisme de dérision"
- 1'09'59 : Devenir un monopole par vous même
- 1'12'47 : La décennie enchantée (2000-2010) et la panne de l'innovation
- 1'17'01 : On nous ment sur les guerres, et ça ne choque plus
- 1'19'13 : Face à la Chine, la fuite en avant technofasciste


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Depuis trente ans, le dogme du marché, de la libre entreprise dans l'espace et de l?entrepreneuriat technologique s'est intensifié et s'est propagé jusque dans les agences spatiales gouvernementales.
Avec son enquête sur les moteurs et les impasses de l'astrocapitalisme, Arnaud Saint-Martin nous raconte une industrie ayant tournée le dos à l'idéal du progrès scientifique et technologique pour se concentrer sur celui du capital et de quelques entreprises bien décidées à accaparer l'espace pour l'appât du gain.


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L'action de l’électricité se révèle dans trois domaines principaux : la lumière, la force, l'information. Une telle immatérialité la fait passer pour innocente. Pourtant, son efficacité repose essentiellement sur le pouvoir du feu en ce qu'elle n'est qu'un vecteur énergétique. Dégâts et déchets sont cachés en amont ou en aval de son utilisation.
À travers un parcours historique d'Ampère à Bill Gates, Alain Gras démonte les coulisses et les travers du mythe électrique et de la numérisation de nos existences. Non, le tout-électrique-tout-numérique ne sauvera pas la planète ! Avant qu'ils ne nous emprisonnent totalement, arrachons-nous à leur pouvoir de séduction et sortons de la Matrice.
Émission "Trous Noirs".


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Philosophe, professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan cherche dans la terre une vérité que la modernité a balayée : il n'y a pas d'émancipation possible sans contrôle sur les conditions matérielles de la vie — la nourriture, l'énergie, les liens, le territoire. Cette certitude l'a conduit à quitter Paris pour s'organiser en communauté rurale autogérée dans le sud-ouest de la France, d'où il promeut la reconquête de la vie comme terrain politique : réapprendre à vivre de son propre travail, organiser les besoins communs, prendre soin du sol qui nous nourrit.
De ce cheminement est née une longue recherche sur la liberté et l'autonomie collective.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'12'56 : Le glissement de la liberté envers la protection de la vie privée
- 0'24'09 : Faire faire à d'autres personnes, à des machines ou des robots
- 0'49'24 : On est prisionnier dès que l'on dépend de nos maîtres pour se nourrir
- 0'59'45 : Prise en charge des nécessités liées à la subsistance et organisation politique
- 1'15'32 : Autonomies : reconstruire des interdépendances égalitaires
- 1'30'50 : Besoins/Moyens techniques et culture du conflit


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Dans le monde numérique qui est le nôtre, l'esprit humain baigne désormais dans les données comme dans son nouveau milieu naturel. Relié par ses appareils numériques à un univers cybernétique fait d'inputs, d'outputs et d'applications assurant leurs échanges, l'esprit humain tend lui-même à devenir un opérateur cybernétique : il se meut avec toujours plus d'aisance dans ce milieu alléchant de processus automatisés où chaque question reçoit sa réponse, chaque demande sa satisfaction. À monde cybernétique, esprit cybernétique. Se profile ainsi sous nos yeux l'horizon d'un devenir-cybernétique de l'esprit, idéal d'une société automatisée.
Si l'on juge que c'est là un danger, il faut alors en tirer la conclusion : c'est l’esprit qu'il s'agit désormais de protéger.
Dans cette perspective, Mark Hunyadi développe trois thèses :
1. le numérique doit être avant tout caractérisé comme une "technologie de l'esprit
2. par l'extension croissante du numérique, l'esprit humain se trouve menacé dans sa propriété reine, qui est sa capacité d'aller au-delà du donné
3. il faut donc le protéger par un nouveau cadre normatif, dépassant celui des droits et libertés individuels qui prévaut aujourd'hui, lequel ne protège en rien contre le devenir-cybernétique de l’esprit
C'est dans ce sens qu'est alors avancée la proposition, audacieuse mais nécessaire, de déclarer l'esprit humain patrimoine commun de l'humanité, comme on l'a fait naguère pour les fonds marins.


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C'est au travers de l'œuvre de Howard Philip Lovecraft, spécialement sa lettre sur Nietzsche, que la notion d'absurde cosmique peut être explorée. Lovecraft y exprime une vision pessimiste de l'humanité, la qualifiant de "vermine nuisible" et souligne l'absence de valeurs absolues dans un univers mécanique et indifférent.
La vérité peut être terrifiante et difficile à accepter, comme nous le rappelle le destin tragique de Semmelweis suite à sa découverte de l'importance de l'hygiène en médecine.
Quelles sont alors les implications philosophiques de ces idées, spécialement en lien avec la perception de la réalité, la nature de la vérité et la condition humaine ? Est-il possible de résoudre la tension entre le sens et l'absurde du monde ?
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Artisans d'un devenir technologique qui façonne nos existences et structure nos sociétés, les ingénieurs sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à ressentir de la dissonance cognitive. Quelque chose en eux sait que leur travail creuse le sillon de trajectoires insoutenables pour nos vies et pour la Terre. Pourquoi alors n'y a-t-il pas plus d'ingénieurs qui désertent ?
C’est la question qu'Olivier Lefebvre - lui-même ancien ingénieur - se propose d'élucider, en se plaçant dans une perspective résolument politique. Il serait en effet plus que souhaitable, pour eux, mais aussi pour nous tous, qu'ils refusent de se résigner, qu'ils cessent de nuire au plus vite, et pour cela qu'ils s’évadent de leurs cages dorées.