L'IA va-t-elle nous rendre moins intelligents ? Avec Aymeric Roucher pour Transmission.


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07.2026

Jusqu'où l'IA va-t-elle transformer le monde du travail et nos sociétés ? Comment maintenir la France et l'Europe dans la course à la souveraineté technologique ?
Ingénieur en intelligence artificielle, Aymeric Roucher explique en termes accessibles les décennies d'innovation qui ont mené des réseaux de neurones aux Large Language Model. À partir des enjeux en présence, les données, l'énergie ou la puissance de calcul, il analyse les ressources de l'IA pour dépasser notre conception de l'intelligence.
Demain, les agents IA – des programmes capables d'exécuter des tâches en autonomie – atteindront une performance qui disqualifiera en partie le travail humain. Et il n'y aura pas un transfert d'emplois pour tous...
Devant les immenses promesses de l'IA, il est temps de mesurer aussi ses risques écologiques ou sociaux, afin de préparer une transition sereine.

 - 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ? 
 - 0'03'11 : Comment fonctionne l'IA ? 
 - 0'09'42 : L'IA est-elle capable de créer ? 
 - 0'16'29 : L'IA sait tout faire ?
 - 0'24'17 : Les bienfaits de l'IA
 - 0'35'22 : Les dangers de l'IA 
 - 0'45'06 : L'IA comme "parasite"
 - 0'58'51 : Comment reconnaître l'IA
 - 1'02'43 : Les conséquences inattendues de l'IA
 - 1'09'52 : Le risque de la concentration des pouvoirs 
 - 1'13'23 : L' "Opération Prométhée"
 - 1'24'59 : L'ingénieur jardinier 
 - 1'32'09 : L?IA, un humain de compagnie ?

Un entretien mené par Pierre Valentin.

Magnifica humanitas, l'encyclique de l'IA. Avec Jean Lesalle, Lino Vertigo, Lucien de La Mettrie, Anthony Cobalt et NIMH pour Rage Culture.


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09.2026

Le 25 mai, le pape Léon XIV a présenté Magnifica Humanitas, première encyclique consacrée à l'intelligence artificielle et premier grand texte doctrinal de son pontificat. Signée le 15 mai, à l'occasion du 135e anniversaire de Rerum Novarum, l'encyclique inscrit explicitement la révolution de l'IA dans l'héritage de la doctrine sociale de l'Église inaugurée par Léon XIII face à la révolution industrielle. Ce texte entend proposer une doctrine catholique de l'IA, articulant critique du capitalisme technologique, réflexion géopolitique sur la guerre et interrogation anthropologique sur la place de l'homme dans un monde automatisé. 
Que dit-donc l'Église des enjeux liés à l'IA et que signifie l'entrée du Vatican dans le débat mondial sur la gouvernance des technologies émergentes ?

L'Intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle. Avec Eric Sadin à la Librairie Française de Rome.


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07.12.2019

C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle.
Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines.
Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridicopolitiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action.
Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une "main invisible automatisée", une "data driven society", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes.
Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie.
Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps.

Gouvernementalité de l'IA. Avec Antoinette Rouvroy à l'Université de Rennes.


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02.09.2025

Notre époque vit un tournant majeur : le basculement d'une civilisation du signe et du texte dans une civilisation du signal numérique et de l'algorithme. Ce basculement ne relève pas seulement de l'innovation technique, il reconfigure radicalement l'image que nous nous faisons de ce que c'est que "penser", nos manières de produire ce que nous tenons pour "la réalité", les modes d'exercice du pouvoir, et les manières de devenir des sujets politiques et juridiques.
Du déploiement de systèmes de scoring de risque dans les domaines de l'évaluation de crédit, de la police et de la justice et de l'aide sociale aux dispositifs d'optimisation urbaine et de gestion en temps réel des flux de la "smart city", jusqu'aux modèles de langage génératifs capables de produire du texte ou du code, ces innovations redéfinissent nos manières de percevoir, d'anticiper et d'agir.
Ce qu'on appelle le réalisme algorithmique désigne à la fois un régime onto-épistémologique et un discours politico-idéologique : la détection et la corrélation computationnelles se substituent à la représentation symbolique, traitant les corrélations comme si elles étaient la réalité elle-même, tandis que sur un plan discursif le développement de l'IA et la conversion de la plupart des secteurs d'activité et de gouvernement à l'IA sont présentées comme à la fois inévitables et éthiquement mandatées.
Trois logiques temporelles structurent ce régime de réalisme algorithmique — prédiction, préemption et préformation — la dernière étant la plus décisive car elle suppose que l'avenir est déjà latent dans les données, qu'il suffit de le "déplier". Ce préformationnisme algorithmique métabolise l'indétermination en travail d'optimisation et organise la gouvernance autour de l'urgence, éclipsant le "commun" : l'espace-temps d'indétermination nécessaire à l'imagination collective et à la délibération politique.
Antoinette Rouvroy analyse comment "l'optimisation éthique" traduit les conflits de justification en choix de paramètres et gestion des risques, court-circuitant l'exigence juridique de donner des raisons. Face à cette éclipse du commun, elle proposerai une praxis jurisgénérative qui réactive l'exigence de raisons et soutient l'imagination collective.

Devenir des machines : réfléchir avec la philosophie et les philosophes. Avec Denis Collin sur Radio Courtoisie.


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29.03.2025

Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.

Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".

Rêves et cauchemars de l'intelligence artificielle. Avec Eric Sadin et Raphaël Doan sur France Culture.


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22.03.2025

Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes. 
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ? 

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Prophètes de l'avenir : Cassandre contre Prométhée. Avec Ivan Illich, Dominique Bourg et Denis de Rougemont sur la RTS.


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04.04.2015

Denis de Rougemont s'est alarmé depuis 1928 du productivisme industriel en prophétisant l'écrasement des communautés par les visées belliqueuses des états-nations et la possible déflagration d'une guerre nucléaire.
Son écologie politique annonçait la pensée universaliste d'Ivan Illich, audacieuse dans les années 1970, et les observations actuelles mais désabusées de Dominique Bourg sur notre capacité à changer de modèle économique.
Trois prophètes qui ont souvent prêché dans le désert mais dont les réflexions s'avèrent plus nécessaires que jamais.

Émission "L'horloge de sable", animée par Christian Ciocca.

Critique du capitalisme numérique. Avec Cédric Durand à l'Institut La Boétie.


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2024

Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
 1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
 2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
 3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.