Transformations du religieux. Avec Chantal Delsol pour le podcast Hérétiques.


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05.2026

L'effondrement du christianisme semble achevé en Europe, refermant ainsi une période historique de plus d'un millénaire et demi. Mais cette victoire incontestée des luttes anticléricales, antireligieuses, laïques ou athées a un goût amer : plutôt qu'à une généralisation de la libre pensée nous assistons à la prolifération de pseudo-religions de substitution, tissées de croyances, de superstitions et de pensée magique. Ce néo-paganisme, constitué d'un mélange de marxisme dégénéré, de mystiques asiatiques, d'écologie, d'islam, de new age et de wokisme, semble un bouillon de culture qui renverse les normes morales jusque-là évidentes.
C'est en compagnie de la philosophe catholique Chantal Delsol, auteur du livre La fin de la chrétienté (Ed. du Cerf, 2021), qu'est analysé ce basculement historique comme un écho inversé à la christianisation de l'empire romain.

Dieu est-il désenchanté ? Avec Bernard Bourdin à la Nouvelle Action Royaliste.


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04.02.2026

Et si la modernité avait non pas mis fin à la question de Dieu, mais préparé son retour sous un autre nom ? Plutôt que de représenter l'épuisement de la nomination de Dieu, la modernité pourrait être l'attente de son avènement autrement.
Dans cette perspective, le désenchantement du monde n'est plus celui de Dieu, et la théologie politique ouvre une nouvelle manière de penser le sujet : non point comme soumis à une hétéronomie, mais appelé par celui qui ne se mesure pas. Conséquemment, la modernité ne devrait pas définir le sujet par la seule autonomie, mais par la capacité d'initiative grâce à laquelle les hommes forgent leur histoire individuelle et collective.
Si les religions politiques du XXe siècle ont confondu destin temporel et aspiration à un royaume qui n'est pas de ce monde, et si les religions civiles des XVIIe et XVIIIe siècles ont cherché une sociabilité commune, une théologie du politique relève d'un autre geste. En dé-coïncidant la nomination de Dieu et celle du politique, elle n'impose pas une norme religieuse, elle offre aux sociétés – démocratiques ou non – les ressources de l'incommensurable dans un monde dominé par la mesure. L'individu de droit, appuyé sur la technique, n'est pas encore un sujet tant qu'il se fait et reste la mesure de lui-même.
Bernard Bourdin relit les grandes mutations philosophiques et théologiques qui ont façonné l'Europe et propose une critique du théorème du désenchantement du monde, afin de repenser Dieu comme incommensurable, ressource d'un sujet politique moderne.

 - 0'00'00 : Intro - 0'02'10 : Conférence
 - 1'08'20 : L'écologie ne peut-elle pas remplir le rôle de la religion ?
 - 1'09'25 : Ton œuvre n'est-elle pas une entreprise risquée car elle acte une déconstruction d'une certaine théologie qui appelle une culture historique et religieuse ?
 - 1'25'44 : Comment votre pensée s'inscrit-elle dans le champ politique actuel ?
 - 1'29'40 : Marcel Gauchet et la philosophie de l'Histoire.
 - 1'34'17 : L'appétit pour la conversion se situe sur deux pôles : un pôle de jeunes qui veulent une centralité & un pôle des marges cherchent de l'ordre.
 - 1'37'32 : Le "raz-de-marée" des conversions tiendra-t-il dans le temps & l'acte social de la religion ?
 - 1'40'52 : Les jeunes semblent avoir besoin de structure politique ou spirituelle ?
 - 1'44'02 : Outro

L'identité. Avec Olivier Roy à l'Université de Genève.


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25.09.2024

Pourquoi cette obsession pour l’identité, relativement récente tant dans le débat public que dans la recherche en sciences humaines ?
On la pense souvent confinée à droite, nation, terroir, race mais elle surgit à gauche tant dans le multiculturalisme que dans le débat sur le genre. Elle se réfère au groupe, où elle marque plutôt l'essentialisme et l'immanence du collectif, mais aussi à l'individu où paradoxalement elle est corrélée au choix et à la liberté. La religion s'en empare ou plutôt elle s'empare de la religion : l'identité chrétienne de l'Europe est désormais affaire de racines plus que de foi, et indique donc une absence plus qu'une présence.
Olivier Roy défend la thèse que cette inflation identitaire marque une crise profonde non seulement des cultures (nationales ou autres) mais de la notion même de culture.

L'angoisse d'être un individu dans un monde néolibéral en crise. Avec Marcel Gauchet pour Elucid.


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11.2024

Auteur de nombreux ouvrages dont L'avènement de la démocratie et Le désenchantement du monde, Marcel Gauchet vient également de faire paraitre Le nœud démocratique : aux origines de la crise néolibérale. Il revient ici sur les points essentiels de son œuvre : une analyse de l'histoire humaine centrée sur l'affrontement dialectique entre la religion et la politique.
Ainsi, notre époque moderne est marquée par une sortie de la religion, et la consécration d'une autonomie individuelle à la source de nombreux maux. L'individualisme exacerbé de nos sociétés (encouragé par le néolibéralisme) abime profondément nos démocraties, qui ne parviennent plus à maintenir le lien collectif, nécessaire au bonheur de tous.

Un entretien mené par Carla Costantini.

La défaite de l'Occident. Avec Emmanuel Todd pour Elucid.


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02.2024

C'est à l'occasion de la sortie de La défaite de l'Occident (Gallimard, 2024) qu'Emmanuel Todd, anthropologue, démographe et historien, nous alèrte sur le nouveau stade critique que nous avons atteint : après la religion zombie, la religion zéro règne partout, et plonge l'Occident devenu consommateur et parasitaire dans un nihilisme total, qui le pousse à poursuivre des actions absurdes et autodestructrices.
Dans quelle dynamique sommes-nous embarqués et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment doit-on comprendre les agissements des autres pôles de puissance sur la planète ?

Que reste-t-il du sacré ? Avec Alain de Benoist sur Radio Courtoisie.


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08.03.2022

Que reste-t-il du sacré dans un monde désenchanté, arraisonné par la technoscience et dominé par le fétichisme économique ?
C'est à cette question cruciale que deux penseurs ont débattue, forts d'une solide amitié intellectuelle mais ne s'inscrivant pas moins dans deux traditions religieuses antagonistes : l'une plaçant la divinité dans le monde, jusqu'au cœur de la Cité ; l'autre au-dessus du monde, dans la Cité céleste. Ainsi Thomas Molnar, catholique conservateur, se fait-il l'avocat de la foi chrétienne, là où Alain de Benoist va chercher en aval de la tradition chrétienne une sacralité revivifiée.
Immanence ou transcendance, leur dialogue demeure toujours fécond. C’est qu'au-delà des oppositions, tous deux appellent à renouer avec un même sentiment de la vie.

Émission du "Libre Journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

L'Orient perdu. Avec Olivier Roy et Jean-Louis Schlegel sur France Culture.


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20.02.2015

Olivier Roy est depuis des décennies un infatigable arpenteur des routes les plus lointaines du monde musulman, à commencer par celles de l'Afghanistan qu'il a parcourues en pleine guerre entre les soviétiques et les moujahiddins !
Mieux que personne donc, il sait que "l'islam" est une abstraction : il y a des millions de routes et de chemins en terre d'islam, et au long de ces routes autant de musulmans à chaque fois singuliers, pris dans une situation et une époque singulière.
Et c'est en sa compagnie que nous essayons d'aller à notre tour au-delà de l'essentialisme abstrait et de ses préjugés théoriques.

Émission "Cultures d'islam", animée par Abdennour Bidar.

Avant l'homme... Et après ? Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


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28.05.2018

Pour l'humanisme, l'humanité n'est pas seulement une espèce d'êtres vivants, homo sapiens, mais elle est une communauté morale et une valeur. Plus précisément, l'humanisme, au sens où l'entend Francis Wolff, implique trois thèses : l'humanité a une valeur intrinsèque ; l'existence des êtres humains a une valeur absolue ; l'humanité est source unique de valeurs. Ces idées ne vont pas de soi. "Avant l’homme" il y eut (et il y a encore, d'une certaine manière), le Dieu de la révélation ; et "après l'homme", pointe aujourd'hui la Nature. Selon ses deux rivales, l'humanité a certes une valeur, mais extrinsèque et relative, parce qu'il y a une source de valeurs supérieure dont dépend celle de l’humanité.
Concernant la première rivalité, Francis Wolff évoque ce qu'on a appelé la "sécularisation des Temps modernes", c'est-à-dire le processus par lequel la religion cesse, en Occident, d'être le repère central de la vie sociale (théocentrisme) pour gagner progressivement la sphère privée. Concernant la seconde rivalité, il s'agit de revenir sur les débats actuels autour de la valeur intrinsèque de "la nature" sous ses différentes formes (biocentrisme, écocentrisme, zoocentrisme) et l'actuelle position médiane du christianisme ("la vie humaine").
L'humanisme n'en reste alors pas moins le pire système... à l'exclusion de tous les autres !