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Traducteur et amoureux de la littérature des auteurs prolétariens suédois, Philippe Bouquet nous présente l'écrivain révolté Stig Dagerman (1923-1954) qui laisse une oeuvre où sont disséqués le mal-être et la fausseté des rapports humains.
À 22 ans, il écrit L'île des condamnés qui retrace l'impossible liberté des êtres quand aucun ne choisit le chemin de la solidarité. C'est un texte fort où les protagonistes sont décrits au plus profond de leur solitude. Dagerman, littéralement "l'homme du jour" en suédois, a magné la plume comme une antidote contre la mort dans des récits où il met son propre malaise en scène (L'enfant brûlé, Le Serpent, ou la pièce de théâtre L'ombre de Mart). Militant à la SAC (le syndicat anarchiste suédois) et rédacteur pour le quotidien anarchiste Arbetaren, il perçoit vite les impasses du militantisme révolutionnaire. Il mettra fin à ses jours très jeune en analysant le suicide comme "seule preuve de la liberté humaine".
Philippe Bouquet nous parle de Dagerman et de son inscription dans le paysage littéraire suédois en croisant son histoire avec celles des êtres humains qui se battent au quotidien pour une société meilleure.


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Céline devient célèbre à 38 ans avec son premier livre paru en 1932, Le Voyage au bout de la nuit, qui raconte le voyage en Amérique d'un personnage indigné contre la civilisation matérielle du XXᵉ siècle. En 1936 paraît Mort à crédit qui rencontre le même succès, le livre raconte l'enfance du personnage de son premier ouvrage, se rappelant ses jeunes années. Mais, est-ce qu'on peut aimer un écrivain en oubliant quel homme il a été un moment, et en oubliant certains de ses livres ?
Les obsessions antisémites de Céline furent inouïes, au point que, quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, sa mort était devenue un sujet sensible. Cela dit, enterrer Louis-Ferdinand Céline fut aussi un soulagement. Un précurseur sans aucun doute, et un immense écrivain. Mais Céline fut aussi une fausse victime, une âme pathétique au service des passions tristes, un homme plus que gênant, un esprit venimeux.
En août 2021, 60 ans après sa mort, le spectre de Louis-Ferdinand Céline a resurgi des décombres. 6000 inédits, dont trois romans ont refait surface plus de 75 ans après leur mystérieuse disparition à Paris en août 1944. C'est sûrement l'une des découvertes les plus extraordinaires de l'histoire de la littérature en Europe. Si quelques zones d'ombre subsistent quant aux chemins empruntés par ces manuscrits inédits pour arriver jusqu'à nous, le véritable sujet est ailleurs.
Depuis le retour de Louis-Ferdinand Céline en librairie en mai 2022, le succès des ventes est immense et nous confronte à une interrogation : quelle place occupe le sulfureux écrivain dans notre mémoire collective ? Styliste de génie et esprit fracassé par les atrocités de la Première Guerre mondiale, Louis Destouches, alias Céline, n'en demeure pas moins un antisémite virulent et radical, raciste et pronazi patenté, qui a œuvré à la faillite morale et politique du régime de Vichy français. Céline, à lui tout seul, questionne la responsabilité de l'écrivain dans la société. Existe-t-il deux Céline, l'homme de lettres et l'homme de la cité ? Les deux sont-ils dissociables ?
Et si l'on aborde régulièrement Louis-Ferdinand Céline sous l'angle de la littérature, il convient ici de procéder un peu différemment en soumettant son destin au regard des historiens et en replaçant Louis Destouches dans le contexte de son époque afin d'essayer de comprendre ce qu'il incarne dans la société française d'hier et d'aujourd'hui.
Une série d'émissions proposée par Philippe Collin.


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Écrivain anglais et maître du paradoxe, Gilbert Keith Chesterton a renouvellé la forme du roman policier : il a inventé le "détective de l'âme". C'est avec le Père Brown qu'il nous montre que dans la résolution des énigmes policière les indices matériels n'ont quasiment aucune valeur, à l'encontre de la méthode d'un Sherlock Holmes et du roman à énigmes d'Agatha Christie. Ce qui intéresse le Père Brown, c'est davantage de s'imprégner de l'atmosphère, de se mettre dans l'état d'esprit du criminel : c'est comprendre.
L'occasion de revenir sur son oeuvre et sa vie au travers de la lecture de larges extraits de ses romans et essais.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Francesca Isidori.


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Emily Brontë, née en 1818, morte seulement 30 ans plus tard, en 1848, d'une tuberculose qu'elle avait refusée de soigner. Sœur de Charlotte et Anne, une sororité dont on a tout imaginé, l'enfance, les jeux, les rêves…, on doit à Emily Brontë un seul roman… mais quel roman ! Publié en 1847, la même année que le roman de sa sœur, Jane Eyre, le roman d'Emily, Les Hauts de Hurlevent, est l'un des plus connus de la littérature anglo-saxonne.
Quelque peu éclipsé par celui de sa sœur Charlotte lors de sa publication, il est devenu par la suite un classique. Mais entre reconnaissance et reprises multiples de ce roman tragique, entre amour passionné et vengeance dévastatrice, qui pourrait dire qui est Emily Brontë ?
Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Florence Marguier.


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Si c'est bien le personnage du "Père Brown" et ses enquêtes qui ont rendu célèbre G. K. Chesterton (1874-1936) dans le monde entier, ses autres œuvres, innombrables, ne sont pas moins importantes.
En témoigne cette émission consacrée au troisième roman de l'auteur britannique, intitulé La Sphère et la croix et relevant du réalisme féerique, où il est question de l'incompréhension radical entre deux visions du monde : la chrétienne et la moderne.


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La parution récente de La Chasse au Cerf, second roman de Romain Debluë, est l'occasion de poser, à frais nouveaux, la question du roman catholique.
Outre la présence, parfois implicite, de l'œuvre des Bloy, Barbey, Bernanos, Claudel et autres Mauriac dans le cours du roman, la structure, le thème et le style de La Chasse, ouvrage riche en théologie comme en philosophie et en musique, rappellent certains grands romans des écrivains chrétiens des siècles passés.
Traditionnelle dans sa narration -balzacienne- autant que dans sa doctrine -thomiste-, cette somme romanesque met en lumière les quelques canons théologiques et littéraires d'une famille de romans qu'il faut bien, pour diverses raisons, nommer catholiques.
Émission du "Libre journal de la réaction", animée par Philippe Mesnard et Elisabeth Audrerie.


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Cormac McCarthy est né en 1933 dans l'état de Rhode Island. Il est l'auteur de 12 romans et scénariste pour le cinéma et la télévision. Son premier roman, Le Gardien du Verger, paraît en 1965. Le Méridien de sang, en 1985 est considérée comme son œuvre majeure, bien que son roman suivant ait rencontré davantage de succès : De si jolis chevaux, en 1992, ouvre la "trilogie des confins". En 2005 paraît Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme qui a fait l'objet d'une célèbre adaptation au cinéma par les frères Coen. Enfin, La Route (2006), grande épopée dans une Amérique post-apocalyptique, lui vaut d'être lauréat du Prix Pulitzer.
Seize ans après, Cormac McCarthy est de retour avec deux parutions quasi-simultanées : Le Passager et Stella Maris. Son éditeur français Olivier Cohen et l'écrivain Fabrice Colin en profitent pour évoquer l'ensemble de son œuvre.
Émission "Le Book Club", animée par Nicolas Herbeaux.


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"J'aime boire du champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux. "
Virginia Woolf fut une femme aux vies multiples, partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompue aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie. Mais qui était-elle vraiment ?
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Lise Andries et Nathalie Triandafyllidès.