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La pandémie de Covid-19 a levé le voile sur une nouvelle forme d'hégémonie qui ne cesse d'étendre son emprise aux États-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, en Italie… Elle a provoqué chez un grand nombre de chefs d'État une série de réactions irrationnelles allant du simple déni aux formes les plus archaïques de superstition, de pensée magique ou de religiosité. Devant une telle avalanche d'absurdités, l'attitude souvent adoptée est celle de la sidération : comment peut-on rester au pouvoir en faisant preuve de tant d'incompétence ?
C'est la question inverse que pose Christian Salmon. Comment fonctionne le pouvoir grotesque, incarné jusqu'à la plus parfaite caricature par Donald Trump ? Quelle est la mécanique qui en fait non pas un accident de l'histoire politique, mais un rouage essentiel de la souveraineté arbitraire à l'ère du discrédit ?
Il ne s'agit plus aujourd'hui de gouverner à l'intérieur du cadre démocratique, mais de spéculer à la baisse sur son discrédit et celui du système en général. Ce "fonctionnement énorme" s'appuie sur la puissance des réseaux sociaux et l'usage stratégique du Big Data et des algorithmes. Le coup de génie fut de synchroniser la figure du clown et celle de l'expert en marketing.
Émission "Dialogue", animée par Monserrata Vidal.


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Serions-nous entrés dans une société du discrédit ? Et si notre inconscient collectif accordait plus d'attention au scandaleux, à l'outrance, au grotesque, à ce qui ne peut susciter ni estime ni adhésion ? C'est le constat assez sombre que dresse l'essayiste Christian Salmon.
Dans son ouvrage L'Empire du discrédit (Les liens qui libèrent, 2024), il décrypte le phénomène de "profanation" des valeurs qui s'immisce dans nos sensibilités.
En résumé, la tendance de fond dans nos sociétés contemporaines n'est pas seulement le doute - des institutions, de la parole rationnelle et des discours scientifiques - mais une certaine fascination pour la destruction.
Émission "Dialogue", présentée par Sarah Brunel.


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Si l'on veut comprendre le conflit russo-ukrainien et la guerre criminelle livrée par Vladimir Poutine, il nous faut remonter le cours du temps. Une histoire de plus de 1'000 ans, déterminée par les cultures religieuses. Les trois monothéismes et les trois confessions chrétiennes n'ont cessé en effet de se rencontrer et de se confronter en Ukraine. Une terre frontalière écartelée entre le choc des Empires, la déflagration des totalitarismes et le réveil des nations.
Cette histoire est une longue série de conflits, de croisades mêlant des ambitions des princes, les disputes théologiques des papes et des patriarches et les soulèvements spirituels des prophètes.
Émission "Les Racines du présent", animée par Frédéric Mounier.


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Qu'elle soit menée par Périclès ou Vladimir Poutine, la guerre traverse les époques et les continents. Les champs de batailles, les armées, les tactiques et les mentalités évoluent autour de cette pratique plus que souvent condamnée.
Le conflit qui a lieu en Ukraine depuis février 2022 pose de nombreuses questions quant aux façons de mener une guerre aujourd'hui, et c'est Jean Lopez, fondateur et directeur de la rédaction de Guerres & Histoire, qui revient sur l'histoire longue de ce phénomène social aussi décrié que méconnu.
Émission "Les Racines du présent", animée par Frédéric Mounier.


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"En ce monde rien n'est certain hormis la mort et l'impôt", disait Benjamin Franklin, l'un des pères de l'indépendance américaine !
Qu'ils soient directs ou indirects, sur la fortune ou le revenu, sur le sel, sur les fenêtres, sur les barbes... les impôts rythment nos vies. Parce qu'ils conditionnent les services que l'État doit aux citoyens, parce que le consentement ou non des citoyens à les payer détermine le calme ou la violence de la vie politique, parce que le poids des taxes est à l'origine des révolutions, les impôts symbolisent le rapport entre l'État et les citoyens.
C'est sous ce prisme que l'historien Éric Anceau analyse notre histoire dans Histoire mondiale des impôts - De l'Antiquité à nos jours (éditions Passés/Composés, 2023), dont il est le co-auteur avec Jean-Luc Bordron.
Émission "Les Racines du présent", animée par Frédéric Mounier.


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La philosophie a longtemps mis de côté la théologie - et tout ce qui relève de l'irrationnel et de la Révélation. Or peut-elle ignorer ce qui relève de l'expérience ?
Cet écart entre philosophie et théologie intéresse beaucoup le phénoménologue Jean-Luc Marion et constitue une excellente porte d'entrée pour comprendre sa pensée et son parcours.
Émission "Culture et Société", animée par Sarah Brunel.


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L'histoire de l'image ne peut être dissociée de l'Histoire de l'Église car à travers les siècles, les artistes y ont principalement célébré le mystère de l'Incarnation.
Le philosophe Olivier Rey analyse cette histoire et s'interroge sur la profusion actuelle d'images qui, au lieu de pointer vers le divin, tendent désormais à faire écran avec les réalités qui nous sont les plus immédiates.
Émission "Dialogue", animée par Sarah Brunel.


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L'écrivain Georges Bernanos nous avait averti en 1946 dans La France contre les robots : "On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure."
Car si la modernité est une période historique définie, elle désigne également un parti-pris philosophique dont les conséquences esthétiques et politiques structurent toujours le monde dans lequel nous vivons. Cette modernité suscite néanmoins des résistances chez ceux qui, penseurs et artistes, refusent le combat qu'elle mène contre toute forme de mystère, de sacré et d'intériorité.
C'est en compagnie de Matthieu Giroux que nous partons à la rencontre de ces rebelles qui, regroupés sous le nom d'antimodernes et loin de former une école de pensée homogène, de Maistre à Guénon et de Chateaubriand à Dostoïevski, contestent l'hégémonie d'un corpus philosophique que ni la critique, ni les contradictions ne semblent épuiser.
Émission "Tu m'en liras tant", animée par Eloi de Villeneuve.