Dictionnaire de la pensée politique de droite. Avec Antoine Dresse sur Ego Non.


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2026

C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.

L'Empire n'a jamais pris fin. Avec Pacôme Thiellement sur Blast.


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2026

Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.

Ombre pour ombre. Avec Annie Le Brun sur France Culture.


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04.01.2024

Poétesse, essayiste, critique, pamphlétaire, Annie Le Brun est insaisissable comme une ombre qui se déplace à toute vitesse. Adolescente, elle plonge dans les écrits d'André Breton qui répondent à ses préoccupations. À vingt ans, l'écrivain l'invite à rejoindre, à Paris, le groupe surréaliste. Annie Le Brun découvre aux côtés de Radovan Ivšić, Toyen, Jean Benoît, une famille iconoclaste. En 1967, elle fait paraître son premier recueil de poésie, Sur le champ, aux Éditions surréalistes, puis participe à la création des éditions Maintenant où elle publie plusieurs textes poétiques.
Annie Le Brun abandonne ensuite la forme poétique pour l'essai. Le brûlot Lâchez tout, publié en 1977, est une charge cinglante contre ce qu'elle appelle "l'idéologie néo-féministe". Elle fait ensuite une rencontre décisive avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert qui lui propose d'écrire une préface pour les Œuvres complètes de Sade, un auteur qu'elle avait approché dans son étude du roman noir (Les Châteaux de la subversion, 1982). Annie Le Brun entretient des compagnonnages artistiques avec une myriade d'artistes (Jarry, Hugo, Roussel, Césaire...) travaillés par l'obscur, la révolte, la liberté.
Pour Annie Le Brun, il s'agit toujours de redonner du sens à un monde qui n'en a plus, chargé par une surcharge de réalité (Du trop de réalité, 2000). Entre critique de l'art contemporain (Ce qui n'a pas de prix, 2018) et critique des images (Ceci tuera cela, 2021), Annie Le Brun continue de saisir à vif un monde qui met l'imagination en danger.

Émission "Affaires culturelles", animée par Arnaud Laporte.

Le Book Club. Avec Annie Le Brun sur France Culture.


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30.08.2024

Poète, essayiste, spécialiste de l'œuvre du Marquis de Sade et de Victor Hugo, Annie Le Brun a accepté, depuis son appartement débordant de livres, de parler de lectures qui l'ont marqué avec, en filigrane, toujours, le désir comme force motrice de la vie.
Dans cette première bibliothèque construite avec son mari, le poète croate Radovan Ivsic, les livres sont une présence protectrice. Dans les caisses à fruits, puis dans celles de vin, se tiennent sur deux épaisseurs des ouvrages dans lesquels elle se repère sans mal. Rares sont les personnes qui parlent de la lecture avec tant de réel impact sur l'existence.
Les textes qu'elle a choisit racontent, sans détour, sa conscience poétique, son appétit de gaité et de lyrisme, son désir de savoir toujours accroché au désir tout court.

Émission "Le Book Club", animée par Marie Richeux.

Le bon plaisir. Avec Annie Le Brun sur France Culture.


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12.12.1992

Dans un dialogue avec Jean-Jacques Pauvert, Alain Bernardin et Jean Benoît, mêlant érotisme, surréalisme et combats politiques, Annie Le Brun livre son propre auto-portrait littéraire et philosophique pour qui la poésie est au coeur de la vie, révolte qu'elle est contre cette condition humaine incapable de répondre à l'infinie du désir qui nous habite.Héritière de Breton, dotée d’une intelligence rare, elle célèbre l'œuvre méconnue d'Alfred Jarry, critique le féminisme "totalitaire" qui n'a plus pour unique ambition que de neutraliser le désir.
Fidèle au surréalisme, qu'elle voit comme une "révolte sensible" contre le monde, elle rejette sa récupération culturelle. Sade, enfin, incarne une "révolution épistémologique" : en démasquant les justifications sociales du désir, il révèle sa vérité crue.
Une voix libre, entre poésie, désir et subversion.

Une émission produite par Christine Goémé

Paul-Jean Toulet (1867-1920). Avec Jean Bégarie, Michel Bulteau, Simone Carrat, Marie Catteau Marvier, Michel Décaudin, Bernard Delvaille, Geneviève Dormann, Roger Grenier, François Xavier Jaujard, Louis Lataillade et Pierre Lious sur France Culture.


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22.10.1987

"Et si ma pensée n'avait tout son sens que pour la postérité", écrivait Toulet en 1907 dans ses étonnantes Lettres à soi-même. Il est vrai qu'il a fallu attendre 1985 et 1986 pour que son oeuvre soit rééditée. Elle n'avait pas tenté non plus les éditeurs contemporains. Mais il est vrai aussi que Valéry, Giraudoux, Debussy l'aimaient, que du Bos, Mauriac, Vialatte, Paulhan... le citent et que, pour Borges il est un des trois grands Poètes français.
Le Sud-ouest et Paris se partagent les années de sa vie. De son Béarn natal, il conservera une nostalgie éblouie, mais ce sera à Guéthary qu'il finira ses jours. Quelques voyages cependant, notamment en Extrême-Orient et, dans sa jeunesse, un séjour à l'Ile Maurice où vivait sa famille. En 1898, le dandy s'installe à Paris où il mène une vie de noctambule, dans ce Paris 1900 de la rive droite dont l'écho se retrouve dans plusieurs de ses Romans. En 1912, il fuit le Béarn, perdu (dit-on) de drogue, d'alcool et de difficultés financières.
Sa sensibilité exacerbée, corsetée par une extrême pudeur, se traduit souvent par la légèreté, le jeu, l'ironie. On le perçoit particulièrement dans les Contrerimes dont la métrique singulière permet le balancement et comme l'irisation de la pensée et des mots.
Les fantaisistes l'ont tenu pour leur maître, mais chez Toulet, l'allégresse de la démarche va de pair avec la gravité du sentiment. Celui qui domine, étant celui de la fragilité de l'instant.

Émission "Une Vie, une Œuvre", animée par Paule Chavasse.


Miguel Torga (1907-1995), un homme d'espoir désespéré. Avec Manuel Carcassonne, Clara Crabbé Rocha et Daniel Henri Pageaux sur France Culture.


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10.11.2002

En 1995 disparaissait Miguel Torga, écrivain portugais majeur du XXe siècle, haute figure morale de son pays, auteur d'une oeuvre foisonnante : nouvelles, romans, poésie, fresque autobiographique, pièces de théâtre, Journal - un des grands témoignages de ce siècle.
Il s'appelait Adolfo Correia Rocha, choisit pour pseudonyme Miguel en hommage à Cervantès et Unamuno, Torga du nom de cette bruyère sauvage du Portugal, particulièrement résistante. Esprit rebelle et indomptable, "monolithique" disait-il de lui-même, âpre et rocailleux comme la terre montagneuse isolée et misérable du nord du Portugal où il naquit et vécut l'enfance austère de fils de paysans pauvres, refusant le séminaire, choisissant de partir pour le Brésil où il fut garçon de ferme dans une fazenda.
"J'ai commencé mal et tard. Tandis que les autres partaient du savoir, je suis parti de la souffrance. Aucune porte ne s'est ouverte devant moi sans que je l'enfonce d'abord. J'ai lutté contre la pauvreté, j'ai lutté contre l'ignorance, j'ai lutté contre le temps, j'ai lutté contre les hommes, j'ai lutté contre Dieu et j'ai lutté contre moi-même".
Revenu sur sa terre natale, il devint médecin. Médecin des plus pauvres le jour, écrivain la nuit, partagé entre le bistouri et la plume, toujours taraudé par le doute : "Je lutte avec les mots comme je lutte avec la mort".
Homme réfractaire à toute compromission, Torga combattit la dictature, publia son oeuvre à compte d'auteur, connut la censure et les geôles de Salazar. Cet humaniste intransigeant puissamment attaché à sa terre, "insatiable géographe du Portugal", dit la misère la douleur et la grandeur du peuple portugais.
Homme de passions et de doutes, angoissé et sceptique, il pourfend la médiocrité et la lâcheté humaines dans un souci inaltérable de liberté et de vérité. Miguel Torga, un pessimiste fervent.

Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Françoise Estèbe.

Gérard de Nerval. Avec Stanislas Fumet sur la Chaîne Nationale.


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15.10.1958

Poète de l’ombre et de la lumière, marcheur solitaire dans les ruelles de Paris comme dans les forêts de l’âme, Gérard de Nerval appartient à cette lignée d'esprits pour lesquels la poésie n'est pas un ornement, mais une quête. Avec lui, la vie et le rêve cessent d'être deux royaumes séparés. Ils communiquent, se répondent, se mêlent dans une même musique intérieure. L'auteur des Chimères et d'Aurélia nous entraîne dans un monde où les souvenirs deviennent des mythes, où les visages aimés prennent la douceur des apparitions, où chaque symbole ouvre une porte sur l'invisible.  
Mais Nerval n'est pas seulement un rêveur fragile. Il est aussi un témoin de son siècle, un lecteur fervent des traditions, un passeur entre les civilisations, entre l'Orient rêvé et l'Occident inquiet. Sa parole, souvent voilée, parfois énigmatique, garde pourtant une limpidité profonde : celle d'un homme qui cherche, derrière les apparences, la secrète unité du monde.