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De quoi est-il question, au fond, dans le coaching ? De rien de moins que de la fabrique de l'homme cybernétique planétaire. Méthode d'accompagnement née dans les années 1990 qui se développa dans la décennie suivante, le coaching s'est aujourd'hui pleinement institutionnalisé : il est reconnu, à part entière, comme un outil de développement de la personne qui conjugue recherche du bien-être et souci de l'efficacité, intégré dans le déploiement planétaire du management.
Baptiste Rappin met ici en exergue les fondements philosophiques de ces pratiques, et interroge le type de subjectivité à l'œuvre dans le déploiement opérationnel du coaching, offrant une perspective générale d'interprétation.
Émission du "Libre Journal d'Aude de Kerros".



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Avant de devenir le mode de gouvernement dominant de nos sociétés, le management plonge ses racines dans la révolution industrielle. De la thermodynamique à Taylor, en passant par Saint-Simon, il hérite d'une obsession : réduire les pertes, maximiser l'efficacité. La cybernétique de Norbert Wiener parachève cette logique en introduisant les feedback loops — des boucles de contrôle en temps réel qui s'appliquent désormais aux humains comme aux machines.
Le résultat est une transformation profonde des institutions en "organisations" : PowerPoint, open spaces, indicateurs de performance, nudges… autant d'outils qui standardisent, surveillent et optimisent les comportements, au détriment du sens politique et humain.
Les conséquences anthropologiques sont lourdes : burnout, dépression, perte de sens, accélération permanente. Cette logique gestionnaire envahit tous les domaines — santé, éducation, écologie, politique — réduisant l'humain à un processus à optimiser.
Face à ce constat, Baptiste Rappin formule un appel à la résistance : déconstruire les systèmes toxiques, réhabiliter l'oisiveté, la poésie et le sacré — tout ce que le paradigme cybernétique a méthodiquement évacué.


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Comment le politique, autrefois 'colle' entre croyances collectives et normes, se transforme-t-il en un bricolage de signes sous l’effet de la technoscience et du management ? Pierre Musso décrypte cette métamorphose, des révolutions médiévales à l'IA, en passant par la Silicon Valley.
Une réflexion essentielle sur l’avenir de la démocratie.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'05'47 : Le politique comme "colle" symbolique
- 0'12'36 : Mythos et logos, les deux pôles
- 0'29'36 : La structure fiduciaire des sociétés
- 0'38'10 : La flagellation du Christ, art et politique
- 0'40'10 : Désymbolisation et prolifération des signes
- 0'47'24 : L'errance du symbolique moderne
- 0'52'10 : Management et gouvernance algorithmique
- 1'00'24 : Le rêve (ou cauchemar) technocratique
- 1'04'24 : Conclusion : le politique en bricolage


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De quoi est-il question, au fond, dans le coaching ? De rien de moins que de la fabrique de l'homme cybernétique planétaire. Méthode d'accompagnement née dans les années 1990 qui se développa dans la décennie suivante, le coaching s'est aujourd'hui pleinement institutionnalisé : il est reconnu, à part entière, comme un outil de développement de la personne qui conjugue recherche du bien-être et souci de l'efficacité.
Baptiste Rappin met ici en exergue les fondements philosophiques du coaching allant de l'utilitarisme jusqu'à la question de la "vie nue", et nous livre les résultat de son enquête généalogique qui conduit du coaching contemporain vers le Nouvel Âge de la contreculture californienne. Enfin, il interroge le type de subjectivité à l'œuvre dans le déploiement opérationnel du coaching, offrant une perspective générale d'interprétation.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'50 : Pourquoi cet ouvrage et qu'est-ce que le coaching ?
- 0'09'10 : Mai 68, le refus de l'autorité et le changement des rapports sur le marché de travail
- 0'20'23 : Être la meilleure version de soi-même et être dans la perpétuelle amélioration de soi, mais pour quoi ?
- 0'31'58 : Pourquoi ne pas régler le problème à sa source ?
- 0'37'41 : Indifférenciation entre vie publique et vie privée suivi de l'abolition du vouvoiement
- 0'44'06 : Qu'est-ce que la transparence ?
- 0'50'01 : Y a-t-il un lien entre le coaching et les Lumières ?
- 0'56'36 : L'influence du monde anglo-saxon et l'utilisation des anglicismes
- 1'05'28 : Gnose, occultismes et management
- 1'15'33 : Vers une nouvelle religion du travail ?
- 1'19'23 : Conjugaison des spiritualités orientales, de l'écologie, management et ESG
- 1'23'11 : Le crime parfait ?
- 1'31'59 : Conclusion et remerciements


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Philosophe spécialiste du management et de son emprise sur nos sociétés contemporaines, Baptiste Rappin explore les racines profondes de cette discipline qui, au nom de l'efficacité, du pragmatisme et de la performance façonne une nouvelle anthropologie en remodelant nos mentalités et nos représentations.
Comment le management, en tant que "fabrique techno-scientifique de la coopération efficace", engendre-t-il des individus dociles et alignés sur les objectifs de l’Organisation de leur naissance à leur mort ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'50 : La nature totalitaire du management
- 0'10'12 : L'emprise du mouvement panorganisationnel
- 0'18'02 : L'absence de sens dans notre société industrielle
- 0'21'42 : Le management, dispositif du capitalisme ?
- 0'26'13 : Du berceau au cimetière, une vie contrôlée et monitorée
- 0'37'27 : L'école : préparer au marché de l’emploi
- 0'39'42 : Le management, ou l'épuisement par l'adaptation
- 0'47'06 : Un monde sans institutions et sans repères
- 0'51'15 : L'entreprise, la première instance de socialisation
- 1'05'21 : Le management face à l'épuisement des ressources
- 1'12'24 : Vers une "refondation" de nos sociétés ?
Un entretien mené par Thomas Arrighi.


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L'impératif généalogique est au fondement même de l'ordre social en ce qu'il demeure l'articulation grâce à laquelle une société civilise l'inconscient.
C'est cet acte de transmettre résidant au cœur du fonctionnement de la société que Pierre Legendre explicite ici.
Une conférence donnée au Touquet, en ouverture des VIIIe Assises du Conseil national de l'Action Éducative en Milieu Ouvert.


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À quoi pensons-nous quand nous entendons les vocables de flexibilité, performance, mission, organisation par projet, burn out, incentive, mérite, agences d'État, management, ressources humaines, autonomie, ou encore "faire plus avec moins" ? En tout cas pas au nazisme ! Et pourtant, bien que le nazisme n'ait aucunement inventé le management, il l'a en revanche mise en œuvre, témoignant de sa terrible modernité.
C'est le propos que développe l'historien Johann Chapoutot dans Libres d'obéir, ici accompagné de l'écrivain Christian Salmon, spécialiste du storytelling.
Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.


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Les salariés sont pris dans un dilemme qui les met en grande vulnérabilité. Au-delà du besoin financier qui les tient, et malgré les contraintes permanentes qu'impose la subordination inscrite dans leur statut, ils ont pour leur travail de réelles aspirations en termes de sens, d'utilité sociale, d'identité professionnelle et citoyenne.
Cette situation permet aux directions d'entreprise d'asseoir et de pérenniser leur emprise sur leurs salariés, de façon de plus en plus savante et sophistiquée. En stimulant et exacerbant les désirs qui sous-tendent leur rapport au travail, elles parviennent à imposer de nouvelles méthodes d'organisation et d'implication des salariés, toujours plus déstabilisantes et délétères.
Danièle Linhart décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui devient de plus en plus personnalisé et intrusif, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des DRH "bienveillantes" et préoccupées du "bonheur" de leurs salariés aux "entreprises libérées" par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, elle analyse tous ces faux-semblants des innovations managériales qui paralysent l'intelligence collective.
Émission "Les Oreilles Loin du Front".