Génie de René Guénon : Rémi Soulié répond aux questions de Stéphane Zagdanski.


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19.04.2026

Tout au long de son oeuvre, René Guénon a dressé la cartographie la plus rigoureuse et la plus minutieuse des espaces physique et psychique contemporains.
Rien d'étonnant à cela, dès lors qu'il les a représentés à l'échelle immuable de la métaphysique et de l'esprit. Très peu d'abstractions, d’ailleurs, dans ses descriptions et analyses, mais une limpide et sereine exposition des causes et des conséquences du désastre que nous sommes plus ou moins fermement invités à considérer comme une avancée ou un progrès.
Nouvel ordre mondial et mondialisation, uniformisation, chaos social, individualisme, dégénérescence de la monnaie, etc.: très tôt, il a tout vu venir et il a tout décrit, non par grâce divine ou don de clairvoyance, mais par la seule connaissance des principes — notamment cosmologiques — qui régissent la manifestation.
Ainsi se déploie devant nos yeux la ténébreuse fresque du Kali Yuga, jusqu'à la touche la plus actuelle qui parachève l'expression des possibilités les plus inférieures, donc les plus infernales du cycle.
D’évidence, nous vivons "la fin d'un monde" qui, assure pourtant Guénon, "n'est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d'une illusion". Ce qui n'est pas illusoire, en effet, c'est l'Être, "ce qui est, et qui ne peut pas ne pas être, ni être autre que ce qu'il est". Or, l'Être implique tout aussi sûrement la "rénovation totale" que les hommes fidèles à la Tradition préparent, depuis l' "Abomination de la désolation".

 - 0'00'00 : René Guénon, écrivain français né à Blois
 - 0'07'47 : Fréquentation des milieux occultistes
 - 0'13'13 : Rapprochement avec les intellectuels catholiques
 - 0'23'11 : Initiation à l'hindouisme non-dualiste
 - 0'33'14 : Rupture avec les milieux catholiques
 - 0'41'00 : La contemplation hors de l'action politique
 - 0'43'30 : Cohérence de la pensée de Guénon
 - 0'46'45 : Les cycles cosmologiques selon les Védas
 - 0'53'10 : Fracture du Moyen Âge occidental
 - 0'58'50 : Critique du progrès et de l'égalitarisme
 - 1'13'35 : Déménagement en Égypte
 - 1'17'10 : Installation de Guénon dans l'islam
 - 1'28'20 : Correspondance avec l'intelligentsia européenne
 - 1'32'46 : La crise du monde moderne
 - 2'36'35 : Le règne de la quantité et les signes des temps

Contre Heidegger : une critique matérialiste et antiraciste d'Etre et temps. Avec Benoit Bohy-Bunel et Armel Campagne pour Sortir du capitalisme.


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04.2025

Benoit Bohy-Bunel, au travers d'une lecture serrée de l'ouvrage de Heidegger Être et temps, nous en propose une interprétation matérialiste. Il s'avère que la dualité être/étant pourrait renvoyer, sur le plan économique, à la dualité valeur/valeur d'usage. Mais il s'agit alors de la valorisation nationale allemande, en temps de crise : de ce fait, Heidegger proposerait un anticapitalisme tronqué, et fétichisé.
Le thème de la "dictature du On", selon cette perspective, apparaît comme un thème fondamentalement antisémite. Heidegger, dès 1927, serait déjà non seulement antisémite, mais aussi bourgeois.

L'éthique des croyances religieuses. Avec Roger Pouivet à la Bibliothèque nationale de France.


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24.01.2024

A-t-on le droit de croire en l'existence de Dieu ? Non, répondent ceux qui veulent des preuves. Oui, affirme Roger Pouivet, car nous avons le droit de croire même sans justification épistémologique. Cela n'a rien d'intellectuellement honteux, contrairement à ce que disent certains philosophes, en parlant d'une "éthique des croyances".
Une nouvelle question se pose alors : a-t-on le droit de croire avoir reçu une révélation et prétendre connaître ainsi la vérité ? Non, répondent ceux pour lesquels la vérité ne peut pas être donnée par Dieu dans la Bible. Oui, affirme toujours Roger Pouivet, et, qui plus est, une épistémologie peut défendre la rationalité de notre croyance à la révélation.
Dès lors, peut-on faire "comme si" les affirmations du "Credo" étaient des fictions ? Est-il vrai que la religion est avant tout une affaire pratique et une forme de vie ? Non, répond enfin Roger Pouivet : les arguments en faveur d'une conception non réaliste de la religion sont faibles en revanche, le réalisme théologique peut être défendu.

Deux concepts de liberté. Avec Olivier Boulnois aux Facultés Loyola Paris.


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01.01.2026

La question de la liberté est à la fois fondamentale et posée en des termes qui la rendent insoluble : comment penser une action libre si l'on admet que les phénomènes sont soumis à la causalité ?
En analysant l'émergence du concept de libre arbitre, Olivier Boulnois propose une autre généalogie de la morale. Sous un problème en apparence évident (la liberté de la volonté, née de l’idée de responsabilité, et la difficulté de penser cette liberté dans un monde régi par des rapports de cause à effet), il débusque une série de questions correspondant aux différents sens de la liberté : la liberté à l’égard d'une contrainte n'est pas la liberté à l'égard des causes extérieures ou internes ; elle peut viser la liberté d'agir, mais aussi la liberté de choisir entre plusieurs options et la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir.
D'une liberté à l'autre, les questions ne sont pas les mêmes – ainsi, Aristote élabore une théorie cohérente de l'action sans poser la question de la liberté. Il fallait faire apparaître l' "impensé" des théories du libre arbitre pour poser correctement la question, et espérer la résoudre.

Théologie et philosophie médiévales. Avec Olivier Boulnois et Cyrille Michon sur Radio Courtoisie.


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1995

Qu'est-ce que la toute-puissance ? Dieu peut-il vraiment tout ? Peut-il marcher, mentir, faire le mal ? Peut-il faire que ce qui a été n'ait pas été ? Ou, au contraire, ne peut-il faire que le meilleur et le plus rationnel ? Peut-il faire autre chose que ce qu'il fait ? Créer d'autres mondes ?
Autant de questions qui ébranlent les limites du possible et du pensable, qui organisent le partage entre la puissance et son ombre, cette obscure limite qui lui permet d'exister, entre la contingence et la nécessité, la liberté et la bonté, le pouvoir absolu et l'ordre du monde, construisant le cadre conceptuel des débats de l'âge classique.
Olivier Boulnois et Cyrille Michon nous présentent une spéculation continue sur la toute-puissance divine sur plus de trois siècles, qui forme une sorte d'introduction à la philosophie médiévale : Pierre Lombard, évêque de Paris vers 1150, auteur des Sentences, maître livre qui a donné lieu à plus de mille quatre cents commentaires théologiques, puis ceux qui l'ont repris et discuté, notamment Albert le Grand, Bonaventure, Thomas d'Aquin, Duns Scot, Ockham et Luther.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Pourquoi nous sommes des êtres humains. Avec Claude Romano au Collège de France.


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08.04.2025

Nous ne sommes pas avant tout des "moi", des âmes ou des consciences désincarnées, mais des êtres humains à part entière, inscrits dans le monde par notre corps. C'est l'idée que Claude Romano examine, à la lumière du débat contemporain entre les théories de l'animalisme et celles fondées sur la continuité psychologique de la personne, en interrogeant la validité philosophique des expériences de pensée qui dissocient le corps du sujet.
Claude Romano s'attache à montrer que ces expériences — telles que les greffes cérébrales imaginaires ou les transferts d'esprit — relèvent davantage de la fiction que de la philosophie.
En confrontant la tradition phénoménologique à la philosophie analytique, il propose de réhabiliter une conception incarnée de l'identité, dans laquelle la conscience, le langage et la subjectivité ne se séparent jamais de l'existence biologique.
En somme, son intervention plaide pour une redéfinition du sujet humain : non pas un esprit logé dans un corps, mais un être vivant dont la pensée même naît de son appartenance au monde.

Les deux dialectiques ou comment s'articulent les deux premières hypothèses du Parménide chez Proclus. Avec Pierre Caye au Centre Jean Pépin.


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10.03.2025

La "gigantomakhia peri tês ousias" ("gigantomachie autour de l'étantité", Sophiste, 246a), que met en scène le Sophiste entre les fils de la Terre et les amis des Formes, constitue moins une antinomie qu'une dialectique où chacun des termes est appelé à régler son rapport à l'être et au non-être, à l'âme et au corps, à la part visible et invisible du monde en fonction des positions de l'autre terme.
Cette dialectique est appelée à un grand avenir et traversera toute l'histoire de la philosophie jusqu'à nos jours, selon des modalités à chaque fois renouvelées, mais qui toutes renvoient aux questions initiées par les dialogues de Platon.
C'est à ce travail de la dialectique, à sa richesse problématiques, à sa fécondité intellectuelle, mais aussi à ses apories, à ses tours de passe-passe, voire à ses mystifications que Pierre Caye consacre cette conférence en revenant particluièrement sur les thèses de Proculs.

La foi par la raison. Avec Frédéric Guillaud pour Pôle Mission Paris.


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2021

Jésus-Christ a-t-il vraiment existé ? Avait-il une femme et des frères ? Sa résurrection est-elle une hallucination ? Qui a écrit les Évangiles ? À ces questions, comme à toutes celles que nous n'avons jamais osé poser au catéchisme, Frédéric Guillaud apporte avec brio et simplicité les plus lumineuses des réponses.
L'occasion de montrer la profonde cohérence rationnelle de la doctrine chrétienne, sans esquiver aucune des difficultés historiques ou philosophiques rencontrées par les Chrétiens.
Attention, que vous ayez la foi ou pas encore, vous risquez d'être convaincu !