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Le 13 novembre 2015, une date marquée par une troublante coïncidence : alors que Jean-Pierre Dupuy assiste aux funérailles de René Girard, philosophe et anthropologue ayant profondément influencé sa pensée, Paris est frappé par des attentats terroristes. Cette simultanéité entre l'hommage à un penseur du désir mimétique et de la violence fondatrice, et l'irruption brutale de cette violence dans l'actualité, sert de point de départ à une réflexion sur les mécanismes du terrorisme et leur lien avec le sacré.
À travers l'analyse d'actes terroristes, l'exposé explore comment la théorie girardienne éclaire ces phénomènes, en montrant comment la foule, mue par des dynamiques mimétiques, se constitue autour d'une victime émissaire, transformant la violence en un rituel quasi religieux. Une analyse qui s'étend aussi aux crises modernes, qu'elles soient financières, écologiques ou technologiques, révélant comment des forces collectives, bien que créées par l'homme, finissent par lui échapper, comme une transcendance auto-engendrée.
Une réflexion sur la frontière ténue entre sacré et violence, et sur notre capacité à en comprendre les ressorts.


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En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.
Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.
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Agrégé de lettres, ancien élève de l'École normale supérieure et spécialiste du XVIIe siècle, René Pommier s'est imposé comme un critique redoutable, animé par une exigence rationaliste et un goût certain pour la polémique. Ses travaux, nourris par une érudition rigoureuse, consistent à déconstruire ce qu'il considère comme des impostures intellectuelles, souvent érigées en dogmes. Son parcours universitaire classique contraste ainsi avec l'audace de ses prises de position, toujours argumentées, mais rarement consensuelles.
S'attaquant aussi bien aux penseurs religieux qu'aux figures majeures des sciences humaines, Pommier démonte avec une précision implacable les discours qu'il juge irrationnels, infondés ou mystificateurs. Il réfute ainsi l'interprétation barthésienne de Racine, qu'il juge absurde et prétentieuse, avant de s'en prendre à Pascal, dont il démonte les raisonnements apologétiques au nom d'un rationalisme rigoureux. Sa critique de Freud, qu'il accuse d'avoir bâti une œuvre relevant plus du mythe que de la science, s'inscrit dans la même logique démystificatrice. Girard, autre figure intellectuelle célébrée, est à son tour passé au crible : Pommier démonte son concept de désir mimétique et dénonce ses lectures littéraires comme profondément erronées. Enfin, son analyse des écrits de Sainte Thérèse d'Avila se veut une mise à nu d'un discours mystique qu'il lit comme une pure manifestation de folie, imperméable à toute forme de doute ou de réflexion critique.
Cette série de conférences, placée sous le signe de la rigueur et de l'irrévérence, invite à une réflexion stimulante sur les limites de la foi, de la théorie et de l'autorité intellectuelle. À travers ses lectures incisives, René Pommier nous pousse à exercer sans relâche notre esprit critique, même – et surtout – face aux figures les plus respectées du panthéon intellectuel.


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"La psychanalyse doit se tenir à l’écart de la politique." Cette ligne de conduite, hâtivement attribuée à Freud, a autorisé tous les revirements jusqu'aux plus récents qui voient la psychanalyse régulièrement convoquée au chevet des pires positions réactionnaires (contre le féminisme, l'antiracisme, les mouvements sociaux…). C’est aussi une façon commode d'enterrer tout un pan de l'histoire de la discipline, et avec lui son legs révolutionnaire.
Avec Florent Gabarron-Garcia, on voit Freud accueillir avec enthousiasme la révolution de 1917 et encourager Vera Schmidt dans ses efforts pour acclimater la psychanalyse dans la Russie bolchévique ; Wilhelm Reich combattre en Autriche puis en Allemagne la prétendue neutralité politique de la discipline ; on suit la trajectoire de François Tosquelles de la guerre d'Espagne à l'hôpital de Saint-Alban, celle de Jean Oury de Saint-Alban à la clinique de La Borde ; on découvre le renouveau d'une psychanalyse révolutionnaire dans l'Allemagne des années 1960 avec le SPK (Collectif de patients socialistes) dont le programme était de Faire de la maladie une arme.
Un héritage précieux qui doit être ranimé pour remettre enfin la psychanalyse au cœur des luttes d'émancipation.


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Neurologue et disciple de Sigmund Freud, Sándor Ferenczi, né en 1873 en Hongrie dans une famille juive d'origine polonaise, fut longtemps considéré comme l' "enfant terrible" de la psychanalyse.
Thérapeute visionnaire, auteur de Thalassa et d'un extraordinaire Journal clinique, il fut un précurseur des réflexions les plus contemporaines sur les maltraitances enfantines et les nouvelles voies de la thérapie.
Benoît Peeters jette une lumière nouvelle sur la vie et les combats de ce favori de Freud, qui n'hésita pas à s'opposer au maître.


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La psychanalyse, en tant que corpus théorique et pratique, est incontournable dans le paysage intellectuel contemporain. Source d'enthousiasme autant que de controverse, ses enseignements rayonnent au-delà du monde psychanalytique, notamment par le profond remaniement qu'elle a fait subir à certaines notions philosophiques majeures comme le sujet, le désir, l'Autre, le réel ou encore le discours.
Jérémy Berriau, professeur de philosophie et psychanalyste, nous s'efforce de rendre accessible une pensée dont l'expression parfois sibylline ne révèle pas immédiatement sa rigoureuse cohérence et sa puissante inventivité, notamment en ce qui concerne le champ du et de la politique.


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Les livres changent le monde. En douteriez-vous ? C'est en compagnie de l'écrivain philospohe Régis Debray et du haut fonctionnaire Didier Leschi qu'au travers de cette série d'émissions nous allons comprendre pourquoi, mais surtout comment.
Cette série sur l'histoire des idées, l'histoire du monde, l'Histoire donc tout simplement dessine le paysage (subjectif) de la trentaine de livres qui ont bouleversé, depuis 1900, la marche des choses et transformé les représentations à l'échelle internationale.
Introduite par une émission sur l'histoire de la diffusion des textes, l'étude se termine sur une tentative de dessiner l'avenir. Il y a des livres qui font tomber des murs.


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Qui est vraiment Sigmund Freud ? Pas un dieu tout-puissant ni un charlatan, mais un Freud qui rêve tout haut, dissèque les anguilles, prend de la cocaïne, cite Shakespeare, aime l'humour juif et cultive la compagnie des femmes d'esprit. Un Freud inédit qui parle à la première personne.
Une série documentaire produite par Christine Lecerf et réalisée par Julie Beressi.