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Depuis le milieu du XXe siècle, l'identité a envahi les sciences humaines et sociales – du discours public et journalistique, elle est devenue un mot de passe de notre époque dont l'extension toujours accrue dissimule mal le vague, et parfois l'absence complète de signification.
Claude Romano développe un examen logique et philosophique de cette notion qui en exhume l'arrière-plan historique, notamment celui des égologies modernes, et propose une réorientation complète de l'enquête. L'identité, qui possède un enjeu véritable dans nos vies, n'est pas celle qui a servi de fil conducteur à la philosophie récente, celle qui fournit une réponse à la question de l'identification (qui ?) – à la manière dont nous identifient nos papiers d'identité. C'est au contraire une identité à l'égard de laquelle nous exerçons une responsabilité inaliénable, dans la mesure où nous jouissons d'une certaine autorité pour nous définir. Une identité "en dialogue" qui ne saurait être dissociée de nos interactions avec autrui et est sociale de part en part ; une identité qui n'est plus celle du moi cartésien ou lockien, mais est liée à l'être humain que nous sommes. Celle que les totalitarismes ont cherché à détruire et qui demeure l'emblème de notre fragile humanité.
Émission "L'Heure bleue", animée par Laure Adler.


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Compagnon de route de François Truffaut, Guy Debord ou Jean-Paul Belmondo : Gérard Lebovici est une personne aux vies discrètes qui a construit un empire culturel en traversant le siècle sur la pointe des pieds.
Le 5 mars 1984, l'homme de 51 ans est assassiné de 4 balles dans la nuque : un crime qui porte la signature du milieu, un contrat exécuté par un tueur à gages. L'acte a de quoi surprendre : Lebo, comme on l'appelle, est un producteur incontournable certes, un éditeur sulfureux aussi, mais pas un parrain de la mafia. Les enquêteurs de la crim' se mettent sur le dossier, mais ils piétinent : encore aujourd'hui, personne n'a été inquiété et l'assassin court toujours.
Presque 35 ans plus tard, on ne sait toujours pas qui a tué Lebovici, ni pourquoi...
Pourtant il faut bien le dire, cette mort alimente encore plus l'aura de mystère qui entoure l'homme. Toute sa vie, il aura construit une armure autour de lui, compartimenté à l'extrême son quotidien. Derrière ses légendaires silences et son regard impassible, qui était-il ? Et puis, si sa mort est une énigme alors que dire de sa vie ?
Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.


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Si Pelé, Maradona, Platini et Zidane ont une place au panthéon du ballon rond grâce à leur génie, Jean-Marc Bosman a lui laissé une trace dans l'histoire du foot grâce à une décision de justice.
En 1990, le RFC Liège propose à ce milieu de terrain belge un nouveau contrat avec un salaire divisé par 4. Bosman refuse et trouve un nouveau club en France, à Dunkerque. Mais son club belge bloque le transfert et parvient même à radier Jean-Marc Bosman de la fédération. Il ne peut plus jouer. Le footballeur prend alors une décision radicale : il attaque son club en justice. S'ensuit un long marathon judiciaire de cinq ans, avec au bout une décision historique de la Cour de justice des Communautés européennes : l'arrêt Bosman.
Les juges européens donnent raison en décembre 1995 à Jean-Marc Bosman sur deux points essentiels : un club ne pourra plus demander d'indemnités de transfert pour un joueur arrivé en fin de contrat, et le quota de trois joueurs étrangers maximum dans un club européen est supprimé. C'est une victoire pour le Belge et une révolution pour le foot. C'est l’histoire d'un destin individuel qui a influencé la carrière de milliers de footballeurs et le destin des clubs européens. Car, si l'on parle aujourd'hui d'une Super Ligue fermée, c'est en partie la conséquence de l'arrêt Bosman.
Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.


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Il y a quelques mois, Ethan Zuckerman, grande figure de l'Internet politique, disait à propos de la crypto monnaie : "La principale disruption produite par la crypto monnaie jusqu'à maintenant est que des gens, en général de jeunes blancs, possèdent beaucoup d'argent imaginaire. Par opposition à un monde où de vieux hommes blancs possèdent beaucoup de vrai argent. J'ai du mal à voir ça comme un progrès."
Voilà une critique abrupte et définitive des crypto. D'autant que c'est une critique qui ne vient pas du monde de l'économie orthodoxe, qui est prompte à dénoncer la volatilité du bitcoin et son opacité.
Lorsqu'on a commencé à parler du bitcoin en 2008/2009, c'était assez enthousiasmant. L'idée de monnaies qui échappent aux banques centrales, qui reposent sur des protocoles cryptographiques garantissant la décentralisation et l'anonymat, des réactions effrayées des États et de la haute finance.
15 ans après, le bilan est plus mitigé...
Émission "Le code a changé", animée par Xavier de La Porte.
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Les collapsologues se revendiquent du "catastrophisme éclairé", qui consiste à faire comme si la catastrophe était une fatalité pour que l'inéluctable ne se produise pas. Pourtant, et en contradiction avec la thèse précédente, ils soutiennent aussi que tout système complexe est destiné à s'effondrer, ce qui est conceptuellement faux selon le philosophe Jean-Pierre Dupuy.
Explications.
Émission "La Terre au carré", animée par Mathieu Vidard.
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La liste des films qui ont traités et traitent encore du cauchemar capitalistique est immense. Pas question, donc, de faire un tour exhaustif de cette question, le capitalisme au cinéma.
De L'Argent de Marcel L'Herbier à Promised Land de Gus van Sant, des Rapaces de von Stroheim à Cosmopolis de Cronenberg, du capitalisme carnassier décrit par Paul Thomas Anderson dans There Will Be Blood au Zombie de George Romero et sa description radicale de l'entropie consumériste, les exemples sont légions.
Mais tous, semblent animés d'une seule et même question : comment filmer le cauchemar du capitalisme ?
Émission "Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert", animée par Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Bou.


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Le 28 mars 1979, les États-Unis connaissent l'accident nucléaire le plus important de leur histoire. Avant Tchernobyl, avant Fukushima, un problème pourtant commun dans cette installation nucléaire de Pennsylvanie et l'enchaînement des erreurs humaines donnent un avant-goût du pire.
Pendant trois jours, l'Amérique retient son souffle dans une course contre la montre pendant laquelle techniciens et ingénieurs naviguent à vue. Et si. Et si la chaleur avait été plus conséquente, et si l'évacuation des plus fragiles n'avait pas été ordonnée, et si le cœur du réacteur avait fusionné ?
Histoire et uchronie ne font pas bon ménage, mais analyser la catastrophe nucléaire de Three Mile Island, c'est comprendre celles qui suivent. C'est aussi mesurer l'évolution de l'opinion face au miracle de l'atome des années 1960.
Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.


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A première vue, on est contre. Et on a raison de l'être. Notre question du jour - Et si la censure avait du bon ? - voudrait plutôt éclairer une autre facette du rapport entre les films et la censure, tant faire l'histoire des uns revient, aussi, à faire l'histoire de l'autre.
Aujourd'hui la censure, aussi bien dans le cinéma européen qu'américain, a pratiquement disparu. Ou plutôt elle agit de façon plus masquée : censure économique, auto-censure, impossibilité de diffuser un film à la télévision à une heure de grande écoute, constituent autant de menaces suffisamment puissantes pour que de nombreux producteurs et réalisateurs s'interdisent d'eux-mêmes, certaines images, certains sujets.
Émission "Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert", animée par Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Bou.