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La faiblesse de la droite tient à ceci : elle abandonne à la gauche le monopole de l'ingénierie sociale tout en restant viscéralement technophobe.
Le coup de génie de Trump fut de réunir sous une même bannière trois tribus jugées irréconciliables : les "petits-Blancs", les chrétiens conservateurs et une fraction des princes de la Silicon Valley. Mais cette coalition ne trompe personne : sans refonte idéologique profonde, la contre-offensive gauchiste, inévitable, l'emportera d'ici une ou deux générations.
Pour que l'alliance de la technologie et de la droite ne soit pas un feu de paille, il faut forger un nouveau progressisme, une nouvelle métapolitique, une autre morale et une cosmologie prométhéenne – car un peuple sans ciel se condamne à végéter.
- 0'00'00 : Introduction – La Droite prométhéenne
- 0'04'57 : Qu'est-ce que la droite prométhéenne ?
- 0'08'15 : Peut-on réhabiliter le fascisme ?
- 0'29'45 : Pourquoi critiquer le christianisme ?
- 0'49'42 : Nietzsche, volonté de puissance et vérité
- 0'59'20 : Transhumanisme, État et intelligence artificielle
- 1'04'06 : Civilisation occidentale : États-Unis vs Europe
- 1'22'29 : Archéofuturisme : nostalgie ou progrès ?
- 1'31'00 : Conscience, phénoménologie et limites de l’IA


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Le fascisme s'est d'abord pensé comme un mouvement italien, mais il a rapidement regardé au-delà de ses frontières pour devenir un phénomène européen. En 1932, à l'occasion des dix ans de la "marche sur Rome", Mussolini pouvait même fièrement prophétiser : "Dans dix ans, l'Europe sera fasciste ou fascisée."
L'Italie fasciste s'est donc dotée, dès les années 1920 et encore plus dans la décennie suivante alors que le nazisme la concurrençait sérieusement, de relais et d'organisations affirmant sa présence dans le monde, à commencer par l'Europe. Elle parvint à mettre en place de nombreux réseaux d'influence et de propagande s'adressant aux Italiens comme à tous les Européens qui avaient de la sympathie pour le fascisme ou pour l'Italie.
C'est à ces "passeurs" individuels et collectifs, qui agissaient dans les sphères politiques et culturelles, que s'intéressent Olivier Dard et Jérémy Guedj. De l'Espagne à la Roumanie, en passant par l'Allemagne et la France, il vise à retracer les trajectoires de celles et ceux qui firent du fascisme un mouvement transnational, s'affranchissant des frontières pour créer un espace politique et culturel commun, à l'heure où le modèle italien était considéré comme une alternative à des démocraties fragilisées.
Célèbres ou obscurs, ces "passeurs" répondaient à des motivations et objectifs variés. Ils devinrent les agents d'une Internationale informelle et d'une autre Europe, dont Rome aurait été l'épicentre.


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"Que s’est-il passé en Russie hier ?" se demandait Kojève en 1941 dans un livre longtemps enfoui qui vient d’être exhumé sous le titre de Sophia. "Que se passera-t-il en Russie demain ?" s'interrogeait en 1877 le père de la philosophie russe, Vladimir Soloviev, dans les Principes philosophiques de la connaissance intégrale, soucieux alors de découvrir la "parole" que la Russie devait lancer à la face du monde pour le transfigurer. Entre eux, il y eut la révolution et le tournant d'un siècle. Et, si Soloviev fondait un système philosophique prérévolutionnaire où il se faisait, selon le mot de ses admirateurs, la "conscience de la Russie", il appartenait à Kojève à la fois d'hériter de cette Russie et de la renverser au nom du soviétisme, jusqu'à s'affirmer lui-même comme la "conscience de Staline", c'est-à-dire la "conscience de l'URSS". C’est cette lutte entre la philosophie religieuse russe fondée par Soloviev et la philosophie athée soviétique construite par Kojève qu'analyse Rambert Nicolas.
On découvre un Kojève réinscrit dans la culture de son pays, mais aussi une pensée importante et, pourtant, méconnue : la philosophie russe, au rôle déterminant dans les destinées d'une nation en pleine ébullition et expérimentation tant artistiques, politiques que philosophiques.
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Et si nous étions entrés dans l’ère du technofascisme ? Depuis que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, quelque chose a basculé. Et pendant qu'il attire toute l'attention, qu'il semble être partout, son pouvoir se transforme. Car cette fois-ci, il s'est entouré des milliardaires de la tech à qui il doit son élection.
Après avoir accaparé nos vies privées, ces entrepreneurs veulent désormais imposer leur vision du monde et étendre leur influence, en commençant par démanteler les institutions et la démocratie américaine…
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'48 : Présentation des intervenants
- 0'03'47 : Définition du techno-fascisme
- 0'07'43 : Spécificités et exemples des fonctionnement du techno-fascisme
- 0'15'02 : Qui sont les leaders et acteurs du techno-fascisme ?
- 0'26'21 : Perception de la démocratie
- 0'34'30 : Reconfiguration du réel
- 0'41'14 : Exemples de techno-fascistes au pouvoir
- 0'47'16 : Le techno-fascisme en Europe
- 0'59'30 : Sécessionnisme : les formes privatisées de gouvernance politique
- 1'06'48 : Transcender les limites : transhumanisme
- 1'12'44 : Conseils pour faire face à cette perspective dystopique
- 1'20'12 : Conclusion
Émission "Le souffle de l'info", animée par Paloma Moritz.


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Janvier 2025 : Donald Trump fait son retour à la Maison Blanche, plus brutal que jamais, Elon Musk dans ses valises. Et si l'homme le plus riche de la planète préfigurait l'exercice du pouvoir tel que le fantasme un secteur technologique de plus en plus réactionnaire ?
Nourris par d'obscurs penseurs étourdis de rêves fascistes ou monarchiques, des milliardaires influents prophétisent la mort des démocraties. Leur horizon politique : la sécession. Car la fin d'un monde, c'est surtout le commencement du leur.
L'objectif de ces nerds de l'Apocalypse ? La mort de l'Etat-nation, et l'avènement de “network states”, des enclaves libertariennes autonomes dirigées comme des entreprises par des techno-oligarques libérés de tout contrôle.
Bienvenue dans le Moyen-Age du futur.
Un entretien mené par Cyrille Chaudoit et Mick Levy.
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Le RN est rarement crédité d'un vote d'adhésion. Jugeant l'hypothèse trop décourageante, ses détracteurs préfèrent évoquer le désaveu qui frappe ses rivaux, la toxicité de l'espace médiatique ou le délitement des solidarités ouvrières.
Michel Feher entreprend au contraire d'examiner la popularité de l'extrême droite à la lumière des satisfactions que sa vision du monde procure à ses électeurs.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'00'12 : L'imaginaire du Rassemblement national, les évolutions du capitalisme et les écueils de la gauche
- 0'03'29 : Qu'est-ce qu'une "gauche d'occasions" ? (Kaïros ou Leboncoin)
- 0'04'25 : Pourquoi la gauche est-elle structurellement minoritaire?
- 0'07'35 : "Pour être de gauche il faut tenir tous les bouts", classe, race, sexe ou l'intolérance aux inégalités
- 0'10'35 : Plus la gauche est exigeante, plus elle se fragmente
- 0'11'42 : "La notion d'intersectionnalité est moins faite pour annoncer le rassemblement des dominés que pour cartographier les tensions qui ne cessent de l'ajourner."
- 0'14'07 : "Pour qu'il y ait convergence, il faut s'occuper des inégalités que l'on subit comme celles que l'on ne subit pas."
- 0'17'08 : "Le ressentiment tient mieux que les moments de générosité." Différence entre puissance et pouvoir
- 0'18'19 : Émeutes George Floyd : les barricades ajournent-elles l'intersectionnalité ?
- 0'21'36 : Pourquoi la gauche n'assume-t-elle pas la confusion de son horizon ?
- 0'23'12 : Intervention du public : assumer la part expérimentale de toute prise de partie révolutionnaire (et pas de gauche)
- 0'24'29 : L'antifascisme comme pierre angulaire d'une recomposition politique
- 0'26'46 : Les "fachés pas fachos" et le populisme de gauche : les fascistes doivent être vaincus avant d'être convaincus
- 0'29'43 : Parasites et producteurs : la promesse de l'extrême droite c'est l’épuration pour que tout s'améliore sans que rien ne change
- 0'32'03 : Ni radicalité, ni modération : l'intransigeance
- 0'34'00 : Qu'est-ce qu'une affirmation politique ?
- 0'36'20 : Le travail critique, la mélancolie de gauche et l'absence d'horizon
- 0'38'50 : Financiarisation et mutation du capitalisme : le profit est remplacé par le crédit
- 0'41'13 : De la subjectivité ouvrière à la subjectivité "investie"
- 0'44'02 : Pour combattre le macronisme, faut-il être plus machiniste que Macron ?
- 0'45'46 : Pourquoi l'anti-impérialisme et l'anti-totalitarisme ne permettent pas de penser le fascisme aujourd'hui
- 0'49'10 : Black Lives Matter et Metoo sont des mouvements qui jouent sur le crédit et la spéculation
- 0'53'30 : Le fascisme Trumpiste est lui aussi spéculatif : s'y joue la "valeur" de l'homme blanc
- 0'55'39 : Fait-on face à un nouveau fascisme ? Ressentiment et épuration
- 0'56'28 : Géopolitique du fascisme présent ou la non pertinence de l'anti-impérialisme et de l'anti-totalitarisme
- 1'01'15 : Le nouveau modèle du fascisme en train d'émerger : l'impérialisme continental
- 1'05'23 : L'exemple et le basculement israélien
- 1'06'54 : Les exemples indiens et chinois
- 1'08'34 : L'épuration comme paradigme essentiel
- 1'09'32 : L'absence de tout contrepoids au nouveau paradigme fasciste
- 1'11'19 : Pourquoi ceux qui défendent les ukrainiens ne sont pas les mêmes que ceux qui défendent les palestiniens ?
- 1'14'01 : Objection: ne peut-on pas s’opposer au fascisme émergent sans dépendre de la forme État?
- 1'15'27 : Une intervention anarchiste confuse et trop longue: pourquoi la gauche est à la masse. Forme-de-vie, composition, insurrectio
- 1'23'29 : On est en fait plutôt d’accord
- 1'25'31 : Ce qu'il fait qu’ils sont fascistes, c’est que leur ennemi n’est pas une race inférieure mais une race dangereuse
- 1'26'23 : Le "wokisme" est vécu comme un danger existentiel
- 1'27'46 : Jusqu’à aujourd’hui être courageux était relativement risqué, cela va le devenir absolument


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Pourquoi préférer la servitude à la liberté ? Telle est le grande question de la philosophie politique pour Deleuze et Guattari.
Répondre à cette question, c'est d'abord plonger dans l'Anti-Oedipe et comprendre le fonctionnement du désir, les machines désirantes et les corps sans organe. La schizophrénie comme processus et non comme maladie est alors pensée contre la psychanalyse et le capitalisme. Ensuite, il s'agit de se concentrer sur Mille Plateaux : revenir sur la notion de rhizome, puis ouvrir des espaces lisses avec la nomadologie et les machine de guerres.
Avec toujours cette question : comment résister contre la répression qui s'instaure parfois au plus profond de nous-même ? Comment combattre le fascisme en nous ?


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Philosophe controversé, Giovanni Gentile est probablement l'intellectuel le plus représentatif de la pensée fasciste italienne. Théoricien de l'idéalisme actuel (actualisme), il a cherché à concilier métaphysique et action politique, tout en marquant l'histoire de l'éducation italienne par ses réformes.
L'occasion de revenir sur son parcours intellectuel, ses engagements, ses débats avec Antonio Labriola et Benedetto Croce et l'héritage complexe qu'il laisse derrière lui. Une plongée dans les tensions entre philosophie et idéologie au cœur du XXe siècle.
Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Christine Goémé.