La guerre chez les chasseurs-cueilleurs. Avec Christophe Darmangeat sur Nota Bene.


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10.2024

Aujourd'hui, souvent, quand on parle de guerre, on pense à une lutte armée entre deux États, ou en tout cas entre deux groupes, suivant certains codes. Mais à quand remonte ce type de conflits ? En retrouve-t-on par exemple dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire ? Et d'ailleurs, est-ce que des actes de violence dans ces sociétés reviennent toujours à faire la guerre ?
Pour avoir des éléments de réponse, l'anthropologie peut aider, notamment grâce aux multiples études ayant été menées sur des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus actuelles. Mais alors, comment ça marche ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'29 : Le parcours de Christophe Darmangeat 
 - 0'03'48 : La guerre, définition
 - 0'08'20 : Définition de "civilisation" et son rapport avec la guerre
 - 0'15'19 : Chasseurs-cueilleurs, définition
 - 0'20'40 : Les catégories et sous-catégories de chasseurs-cueilleurs
 - 0'25'12 : La guerre chez les chasseurs-cueilleurs
 - 0'52'31 : Des rituels dans la guerre ?
 - 0'55'48 : De la consanguinité chez les chasseurs-cueilleurs ?
 - 0'58'37 : Des exemples de populations de chasseurs-cueilleurs
 - 1'07'15 : Le travail de Christophe Darmangeat avec les archéologues
 - 1'33'43 : Les raisonnements douteux sur la "nature humaine"
 - 1'43'35 : Ethnologie et anthropologie
 - 1'48'51 : Références
 - 1'54'21 : Conclusion

Une autre façon d'habiter le monde. Avec Philippe Descola sur France Culture.


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04.2023

Philippe Descola est sans doute l'anthropologue français le plus connu et commenté dans le monde depuis Claude Lévi-Strauss. Titulaire de la chaire d'Anthropologie de la nature au Collège de France de 2000 à 2019 tout en ayant dirigé son Laboratoire d'anthropologie sociale de 2001 à 2013, il a reçu la Médaille d'or du CNRS en 2012 pour l'ensemble de son œuvre.
Philippe Descola développe une anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains qui a révolutionné à la fois le paysage des sciences humaines, la réflexion sur les enjeux écologiques de notre temps et notre façon de concevoir la place de l'humain dans le monde, d'abord avec le récit de son expérience chez les Achuar d'Amazonie à la fin des années 1970, Les Lances du crépuscule, puis avec un livre publié en 2005, Par-delà nature et culture, devenu un classique.
Il y affirme que l'opposition entre Nature et Culture, sur laquelle notre monde occidental moderne est fondé, n'est pas pertinente, en tout cas pas universelle. En reniant ce dualisme fondamental pour nos sociétés, il est aussi une voix qui brise la hiérarchie entre les mondes, et qui ouvre de nouvelles perspectives politiques.

Émission "À voix nue", animée par Caroline Broué.

L'ordre contre l'harmonie : anthropologie de l'anarchisme. Avec Charles MacDonald au Centre international de recherches sur l'anarchisme à Marseille.


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18.10.2018

L'ethnologie, ou l'anthropologie, en tant qu'étude de formes différentes de vie collective, peut-elle jouer un rôle de critique sociale ? Charles Macdonald pense que oui. L'une est anarchique et grégaire (il n'y a pas de pouvoir mais une cohésion qui vient d'ailleurs), l'autre est hiérarchique et "social" (il y a du pouvoir et la cohésion en dépend principalement).
C'est dans ces termes qu'il développe un modèle attesté par des applications historiques, ethnographiques et sociologiques concrètes (notamment Cosaques, pirates, Inuit, Palawan, communautés hippies et post-catastrophiques) dont le nombre et la variété infinies au cours de l'histoire récente et ancienne démontrent l'existence universelle dans notre espèce d'une aspiration anarchique. L'anthropologie de cette façon valide et prolonge les idées des penseurs et militants anarchistes.
D'autre points sont également traités, comme la violence collective et le rôle évolutionnaire de la coopération, thématiques au fondement d'une théorie des organisations anarchiques et sociales.

Claude Lévi-Strauss : le Père Noël est-il vraiment une ordure ? Avec Charles Stépanoff sur France Culture.


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16.12.2022

En 1951, des Dijonnais brûlent le Père Noël. D’après Claude Lévi-Strauss, l’enflammement du Père Noël est commandé par l'Eglise mais d'autres documents montrent qu'il a été effectué par une association caritative chrétienne dont les membres qui portaient aide aux pauvres ne supportaient pas la récupération des fêtes de Noël par les industries commerciales. Car pour Lévi-Strauss, la tradition commerciale de Noël incarnée par la distribution de cadeaux est amenée par le Plan Marshall de 1948, qui apporte à la France non seulement une aide financière, mais bien un American Way of Life. Avant la guerre, les marchandises liées à Noël étaient assez peu présentes, on trouve des branchages et des cadeaux issus d’une production locale.
Dans les années 1950, on passe d'une économie du don à une économie de la marchandise, à travers le cadeau de Noël. Pour les Eglises, il n'y a pas seulement supercherie mais désacralisation.
Mais alors, les fêtes de Noël ont-elles toujours été synonymes de convivialité ? Pourquoi croire encore qu'à Noël, il n'est question que d'amour et de paix ?

Émission "Sans oser le demander", animée par Géraldine Mosna-Savoye.

L'Ordre contre l'Harmonie : anthropologie de l'Anarchie. Avec Charles MacDonald sur Radio Libertaire.


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18.02.2019

Charles Macdonald est l'auteur d'un travail passionnant : "Une flamme anarchique couvait sous la cendre académique. Jʼai abouti à des conclusions proches de lʼanarchisme sur la base dʼobservations ethnologiques et dʼun raisonnement anthropologique".
Il rapporte lʼexistence dans lʼaventure humaine de nombreux groupes "anarcho-grégaires" pratiquant le partage, "contrat social égalitaire", égalité qui est un processus construit, valorisé, maintenu volontairement : pas de chef avec pouvoir de coercition, ressources propriété commune de tous, décisions collectives avec recherche du consensus. "Pour coopérer dans un groupe, il ne doit pas y avoir de compétition, mais de la solidarité, une interaction bienveillante dʼindividus autonomes et égalitaires. Lʼégalité formant système avec lʼautonomie et la solidarité sont le fondement de lʼanarchie".
Ces réalités issues de la préhistoire, mais aussi de périodes plus récentes, rappellent quʼil nʼexiste aucune prédestination dans la "nature" de lʼHomo Sapiens pour une forme de vie hiérarchisée, individualisée, marchandisée, qui tend aujourdʼhui à devenir hégémonique. Charles Macdonald montre que les valeurs anarchiques, enfouies en nous, ressurgissent régulièrement dans les "brèches de lʼHistoire".

Émission "Trous noirs".

Justice et Guerre en Australie aborigène. Avec Christophe Darmangeat à la Librairie Ombres Blanches.


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02.11.2021

Que peuvent nous apprendre les Aborigènes australiens sur ce qui motive la guerre dans des sociétés sans richesses ? Telle est la question qu'explore Christophe Darmangeat à partir d'un examen minutieux de vastes sources ethnographiques révélant l'ampleur et la violence des conflits collectifs aborigènes.
Dépourvus de tout but économique ou politique, ces affrontements s'inscrivaient dans un fascinant système judiciaire dont, pour la première fois, on découvre les ressorts. L'organisation de la violence sur ce continent représente un point d'entrée privilégié pour étudier le phénomène guerrier chez les autres chasseurs-cueilleurs, et questionne le supposé pacifisme de notre propre préhistoire.

Les figures du visible : naturalisme, représentation et ossature du monde. Avec Philippe Descola à l'École Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Malaquais.


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17.03.2022

La figuration n'est pas tout entière livrée à la fantaisie expressive de ceux qui font des images. On ne figure que ce que l'on perçoit ou imagine, et l'on n’imagine et ne perçoit que ce que l'habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l'une des quatre régions de l'archipel ontologique : animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l'ossature et le mobilier du monde, d'en percevoir les continuités et les discontinuités, notamment les diverses lignes de partage entre humains et non-humains.
Masque yup’ik d’Alaska, peinture sur écorce aborigène, paysage miniature de la dynastie des Song, tableau d'intérieur hollandais du XVIIe siècle : par ce qu'elle montre ou omet de montrer, une image révèle un schème figuratif particulier, repérable par les moyens formels dont elle use, et par le dispositif grâce auquel elle pourra libérer sa puissance d'agir. Elle nous permet d'accéder, parfois mieux que par des mots, à ce qui distingue les manières contrastées de vivre la condition humaine.
Par un travail de comparaison d'images d'une étourdissante diversité, Philippe Descola pose magistralement les bases théoriques d'une anthropologie de la figuration.

Séminaire Matières de l'architecture au sein du département AAP de l'école nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais.

Anthropologie et anarchisme. Avec Charles MacDonald pour le Centre international de recherches sur l'anarchisme à Marseille.


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04.10.2014

Les ethnologues ont pu observer depuis longtemps des communautés qui ne suivaient pas les règles qui sont celles des sociétés modernes, mais ceux-ci, et les sciences sociales en général, n'ont pas su en tirer les conséquences théoriques qui auraient permis de mieux comprendre l'histoire et le fonctionnement des collectivités humaines.
Ces petites communautés marginales exhibent des traits paradoxaux. Au contraire de nos sociétés fondées sur l'inégalité, la compétition, l'échange et le pouvoir conduisant à l'État, ces communautés sont strictement égalitaires, non compétitives, pratiquent le partage, ne connaissent aucune forme de pouvoir personnel ou institutionnel. Elles sont aussi, fréquemment, non violentes. L'existence de telles communautés est un état ancien qu'il est possible de considérer comme analogue à celui qu'a connu l'ensemble de l'humanité pendant les neuf dixièmes de son existence terrestre.
Or ces communautés, pour marginales et minoritaires qu'elles soient aujourd'hui, contiennent les principes mêmes de la forme anarchique fondamentale de notre moralité humaine. Leurs principes sont toujours à l'œuvre même dans les sociétés capitalistes et industrielles modernes et inspirent toujours les mouvements anarchistes, en nom ou en esprit, qui mettent ces principes en œuvre.
L'existence de sociétés "anarchiques" et les concepts qui les expliquent renouvellent la problématique des sciences sociales et permettent de beaucoup mieux comprendre la vie politique contemporaine.