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C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle.
Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines.
Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridicopolitiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action.
Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une "main invisible automatisée", une "data driven society", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes.
Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie.
Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps.


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Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique. Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique, c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses.
Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence… Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.
Une rencontre animée par Roberto Ciccarelli.


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Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes.
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Protestations, manifestations, émeutes, grèves, défiance... Depuis des années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité. Les raisons en sont connues : aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics... Mais la violence avec laquelle elle se manifeste est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Un être ultra-connecté, replié sur sa subjectivité et ses intérêts, capable en un clic de mettre le monde à ses pieds et dès lors persuadé d'en être l'unique centre. Et si les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie augmente celle d'être tout-puissant.
Une combinaison explosive, qui signe l'effondrement de notre monde commun.
Une conférence qui s'inscrit dans le cadre du Séminaire "Éducation et soin à l'ère du numérique", animée par Cynthia Fleury et Camille Riquier.


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À l'heure où les modes de vie ont été bouleversés par les écrans, à l'heure où tout le monde ou presque est connecté, à l'heure où "les vieux se sont mis à l'école des jeunes" et où se dessine "une maîtrise épouvantable de l'ancien monde", bienvenue à l'ère du numérique !
Le philosophe et essayiste Eric Sadin débat de ce nouveau état de fait avec Bruno Patino, président d'Arte France, spécialiste des médias et des questions numériques.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique. Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique, c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses.
Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
Le philosophe Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.


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Les théories critiques contemporaines nous montrent les signes d'un renouveau de l'activité critique, ce dont nous pouvons nous réjouir.
Mark Hunyadi, qui a récemment remis en avant le concept de "mode de vie", nous rappelle que la théorie critique ne se satisfait pas de la dénonciation des souffrances et des frustrations vécues mais qu'elles vise une compréhension des raisons pour lesquelles la société est devenue ce qu'elle est. Il s'efforce également de nous proposer un certain nombres de solutions visant à dépasser et surmonter les impasses du temps présent.
Une conférence qui s'inscrit dans le séminaire "Crises et Critiques" organisé par le LASCO IdeaLab de l'Institut Mines-Télécom et l'équipe ETHOS de Télécom Ecole de Management.


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En cette fin de deuxième décennie du XXIe siècle, la Silicon Valley n’existe plus seulement en tant que territoire, elle a débordé de son lit tel un fleuve sans cesse grossissant. C’est un double débordement qui actuellement s’opère, prenant la forme d’une double conquête : celle du monde et celle de la vie.
L’incertitude, qui était à la fois le moteur et la limite de la "nouvelle économie", n’a plus cours. Ce qui prime, maintenant, c’est la netteté d’un chemin dont les contours sont virtuellement tracés et qu’il reste à paver par une infinité d’ "innovations".
Cet horizon, porteur de richesses intarissables, fait l’objet d’une ruée qui engage des bataillons de pionniers pullulant depuis peu sur les cinq continents, cherchant à s’inspirer directement de la Silicon Valley, sorte de "mère patrie" originelle...