Des choses cachées depuis la fondation du monde. Avec René Girard sur France Culture.


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12.1978

En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.

Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.

La violence et le sacré. Avec René Girard sur France Culture.


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04.04.1983

En 1972, René Girard publiait chez Grasset La violence et le sacré. Une dizaine d'années plus tard, il revient sur cet ouvrage qui avait eu un retentissement international et suscité des jugements contrastés. Avec la question du sacrifice comme point de départ, René Girard aborde chacun des points sur lesquels repose la théorie de la genèse du sacré qu'il avait exposée dans ce livre.
Une contribution que certains avaient considéré comme la première théorie réellement athée du religieux et du sacré, alors que d'autres commentateurs contestaient, pour leur part, la méthode de René Girard et la manière dont, tout en s'y référant, il se démarquait de la psychanalyse freudienne et du structuralisme de Lévi-Strauss.
L'occasion de clarifier la façon dont il a cherché à fonder une nouvelle anthropologie de la violence et du religieux en revenant longuement sur la fonction du sacrifice, de la victime émissaire, des rites et des rituels, des interdits, de la rivalité mimétique, du désir et de la violence, tels qu'ils s'étaient éclairés pour lui à la lecture des mythes, à la lecture des grands romans, des grandes tragédies grecques et de celles de Shakespeare.

ÉMission "Les vivants et les dieux", animée par Philippe Némo.

Subjectivité et vérité. Avec Michel Foucault au Collège de France.


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1981

Ce cours marque une inflexion décisive dans le chemin de pensée de Michel Foucault, notamment depuis son projet d'une Histoire de la sexualité entamé en 1976. C'est le moment où les arts de vivre deviennent le foyer de sens à partir duquel pourra se déployer une pensée neuve de la subjectivité. C'est le moment aussi où Foucault problématise une conception de l'éthique comprise comme l'élaboration patiente d'un rapport de soi à soi. L'étude de l'expérience sexuelle des Anciens permet ces nouveaux déploiements conceptuels. Dans ce cadre, Foucault analyse des écrits médicaux, des traités sur le mariage, la philosophie de l'amour ou la valeur pronostique des rêves érotiques, afin d'y retrouver le témoignage d'une structuration du sujet dans son rapport aux plaisirs (aphrodisia) antérieure à la construction moderne d'une science de la sexualité, antérieure à la hantise chrétienne de la chair. L'enjeu est en effet d'établir que l'imposition d'une herméneutique patiente et interminable du désir constitue l'invention du christianisme. Mais pour cela, il importait de ressaisir la spécificité irréductible des techniques de soi antiques.
Dans cette série de leçons, qui annoncent clairement L'Usage des plaisirs et Le Souci de soi, Foucault interroge particulièrement le primat grec de l'opposition actif/passif sur les distinctions de genre, ainsi que l'élaboration par le stoïcisme impérial d'un modèle de lien conjugal prônant une fidélité sans faille, un partage des sentiments, et conduisant à la disqualification de l'homosexualité.

Les grandes philosophies. Avec Charles Robin sur Le Précepteur.


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2025

Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.

Michel Clouscard : néo-capitalisme, gauchisme et critique du sujet associé au marché du desir. Avec Gilles Labelle à l'Université du Québec à Montréal.


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23.02.2024

La pensée de Michel Clouscard (1928-2009) repose sur un double rejet : celui du marxisme dogmatique du Parti communiste français, qu'il juge trop économiste, et celui du gauchisme post-68, auquel il reproche d'avoir ouvert la voie à un néo-capitalisme libéral-libertaire. Ce dernier dissimule les conflits de classe derrière une fausse émancipation centrée sur la permissivité des mœurs et un "marché du désir" déconnecté de la production.
Clouscard critique l'illusion d'une consommation libérée du réel et de l'histoire, où le sujet se pense affranchi des structures sociales (classe, famille, patrie), incarnant une humanité soi-disant émancipée. Cette désocialisation paradoxale est en réalité un projet ancien du capital enfin accompli. Mais, souligne Clouscard, les conflits de classe ressurgissent sous des formes nouvelles, parfois pathologiques, notamment dans l'intolérance de certains "mondains" envers ceux attachés au monde ancien, qualifiés de populistes.
L'enjeu pour Clouscard est de dépasser cette opposition stérile entre gauchisme mondain et populisme réactionnaire, en réaffirmant une voie socialiste qui redonne sens aux formes historiques héritées, et qui réintègre les classes populaires dans une dynamique dialectique et émancipatrice.

D'une théorie psychanalytique spinoziste. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert à l'Université Paris VIII Vincennes.


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06.03.2025

Que le spinozisme et la psychanalyse aient des affinités a priori, le fait n'a pas manqué d'être remarqué de longue date. La causalité insue, la critique du libre-arbitre, celle de l'ego substantiel : autant de lieux partagés. Étonnamment, la discussion n'est pas allée beaucoup plus loin que leur repérage, celui des lieux de frictions également, mais sans conduire à quelque mouvement de fertilisation croisée. Il y a pourtant matière.
Le livre présenté ici (Pulsion, La Découverte, 2025) est parti de l'idée que chacun avait à gagner de l'autre. La philosophie spinoziste vient résoudre des difficultés théoriques de la psychanalyse restées pendantes quasiment depuis sa fondation. La psychanalyse vient, elle, attirer l'attention du spinozisme sur un événement de l'existence humaine qu'il a étrangement ignoré – et sur l'ampleur de ses conséquences : nous sommes nés !
C'est cependant une jonction asymétrique qui se trouve ici proposée puisqu'il s'agit de couler les grandes intuitions de la psychanalyse dans le cadre théorique du spinozisme, d'où sont réengendrés à nouveaux frais ses concepts fondamentaux : pulsion, jouissance, "manque" et désir, inconscient, symbolique, etc. Avec pour intention de montrer qu'une lecture "plate" de l'Éthique manque quelque chose : la violence de certains emparements, qui sont le propre de la vie psychique. Et qu'une théorie de la vie passionnelle doit nécessairement être une théorie de la vie pulsionnelle.

Résister au retour de l'ordre sacrificiel. Avec Benoit Girard et Sylvain Durain sur Radio Courtoisie.


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15.01.2025

Dans un monde en proie aux crises favorisant la désignation de boucs émissaires, il importe de comprendre la résurgence des mécanismes sacrificiels tels qu'analysés par René Girard. Benoît Girard et Sylvain Durain explorent les dynamiques mimétiques qui façonnent nos sociétés et interrogent les moyens d'y résister.
Entre anthropologie, politique et spiritualité, cet échange propose une lecture lucide des tensions contemporaines et des alternatives possibles face à la violence collective.

Émission du "Libre journal de la Résistance française", animée par Nicolas Stoquer.

La pensée politique de Deleuze et Guattari. Avec Karim Piriou sur Politikon.


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10.2024

Pourquoi préférer la servitude à la liberté ? Telle est le grande question de la philosophie politique pour Deleuze et Guattari.
Répondre à cette question, c'est d'abord plonger dans l'Anti-Oedipe et comprendre le fonctionnement du désir, les machines désirantes et les corps sans organe. La schizophrénie comme processus et non comme maladie est alors pensée contre la psychanalyse et le capitalisme. Ensuite, il s'agit de se concentrer sur Mille Plateaux : revenir sur la notion de rhizome, puis ouvrir des espaces lisses avec la nomadologie et les machine de guerres.
Avec toujours cette question : comment résister contre la répression qui s'instaure parfois au plus profond de nous-même ? Comment combattre le fascisme en nous ?