A voix nue. Avec Benoît Peeters sur France Culture.


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11.2024

Le grand public le connaît surtout comme créateur, avec son ami François Schuiten, des Cités obscures, série de bande dessinée inclassable entamée il y a plus de quarante ans et qui lui a valu une reconnaissance internationale. Il est également l'un des plus grands théoriciens français de la bande dessinée – il a notamment donné un cours au collège de France sur la "Poétique du neuvième art" - spécialiste d'Hergé mais aussi de Chris Ware, Taniguchi, Töpffer et d’autres… C'est pourtant avec la philosophie et le roman qu'il était entré dans l'âge adulte, passionné par la modernité qu'incarnaient alors Barthes, Jérôme Lindon et Derrida, avec lesquels il a travaillé. Fidèle à ses goûts éclectiques et sans se préoccuper de hiérarchies ou de barrières entre les disciplines, Benoît Peeters s'est ainsi toute sa vie intéressé au cinéma (travaillant notamment avec Raul Ruiz), à la photographie, à la poésie, à la psychanalyse, à la gastronomie, comme peuvent en témoignent ses biographies savantes et passionnées de Valéry, de Derrida ou de Sandor Ferenczi…Tour à tour romancier, biographe, cinéaste, essayiste, scénariste et commissaire d'exposition, Benoit Peeters raconte son parcours singulier d'artiste et d'intellectuel passionné de mots et d'images.
Une série d'entretiens menée par Victor Macé de Lépinay.

La vitesse de l'ombre. Avec Annie Le Brun à la Libreria Stendhal.


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05.05.2023

Avec internet et le métavers, le capital est en train de réaliser son rêve jusqu'alors impossible d'un imaginaire où tout s'achète. Annie Le Brun a fait de l'imagination sa ligne de mire. Poète, elle n'a cessé de mettre en garde contre le rétrécissement de nos existences, personnelles et politiques.
Dans son ouvrage La vitesse de l'ombre, qui prend la forme de l'essai illustré, du poème et de l'enquête, elle cherche à comprendre la nature de l' "alchimie" singulière liant "les êtres et les images". Pourquoi nous arrêtons-nous devant certaines d'entre elles ? Que nous évoquent-elles de si intime et désirable dans leur énigmatique étrangeté ?

Une rencontre animée par Anselm Jappe.

Parcours et actualité. Avec Jean-Baptiste Thoret pour No Magic.


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12.01.2026

Figure incontournable de la cinéphilie contemporaine, Jean-Baptiste Thoret revient sur ses différentes casquettes, de la critique proprement dite à l'éditorialisation de films dans la collection Make My Day, de l'importance des supports phyisques à son travail de réalisateur.

 - 0'00'00 : Introduction 
 - 0'01'28 : Le parcours de Jean-Baptiste Thoret
 - 0'02'48 : Retour sur le ciné-club d'Enghien-les-bains
 - 0'13'56 : Retour sur l'accompagnement en salle de THE NEON PEOPLE 
 - 0'35'36 : La mise en ligne de 86 PRINTEMPS (documentaire sur Jean-Luc Godard)
 - 0'37'46 : La collection DVD Make My Day : comment est-elle née ?
 - 0'42'36 : L'éditorialisation des films
 - 0'54'44 : Le choix des films à éditer, la question des droits, la rareté, l'accès au matériel (copies restaurées)
 - 1'00'21 : Le modèle économique 
 - 1'09'55 : Le packaging, la charte graphique de la collection
 - 1'17'15 : Le marché DVD français 
 - 1'25'29 : Se constituer sa propre vidéothèque, c'est façonner sa propre compréhension du cinéma
 - 1'30'26 : Handgun de Tony Garnett (dernière sortie Make my Day)
 - 1'33'30 : Les autres titres, les double-programmes
 - 1'38'33 : Le choix des intervenants pour les bonus
 - 1'46'14 : Être cinéphile c'est aussi lire des livres
 - 1'47'42 : La cinéphilie a-t-elle évolué depuis 2017 ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que la cinéphilie ?
 - 2'02'02 : La critique cinéma sur YouTube et les podcasts
 - 2'09'37 : Le cinéma dans l'espace commun
 - 2'15'58 : Les séries TV ont-elles remplacé le cinéma ?
 - 2'23'53 : Le cinéma de "parc d'attractions" (Marvel, Avatar 3)
 - 2'30'57 : L'année cinéma 2025 : Eddington
 - 2'36'43 : L'année cinéma 2025 : Une bataille après l'autre
 - 2'41'46 : The Smashing Machine et autres films
 - 2'45'00 : La diffusion récente de scans 35mm "vintage" sur internet

Bourgeois Gaze. Avec Rob Grams à la Librairie À la marge.


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04.02.2026

Le cinéma, art populaire par excellence, est dominé par une minorité sociale : la bourgeoisie. Héritiers de milieux favorisés, enfants d'artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l'essentiel des récits, décident quels personnages existent à l'écran et comment ils sont représentés.
À l'instar du male gaze, Rob Grams propose le concept de "bourgeois gaze" : une manière de filmer le monde depuis une position sociale dominante qui se prétend universelle, marquée par le mépris de classe, un centrisme moralisateur, un rapport hors-sol à la ruralité et une surreprésentation des thématiques bourgeoises.
En analysant un système de production socialement homogène, nourri par le népotisme et l'entre-soi, Rob Grams interroge : quelles voix, quels imaginaires émergeraient si l'art n'était pas monopolisé par une seule classe ? Quelle richesse de récits nous est volée ? Et quelles oeuvres parviennent, malgré tout, à ouvrir des brèches ?

Un entretien mené par Nicolas Framont.

De l'énigme d'un impératif théâtral dans l'espèce humaine. Avec Pierre Legendre sur France Culture.


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14.10.2005

Pourquoi l'homme est-il un être théâtral ? Pour le juriste et psychanalyste Pierre Legendre, le théâtre n'est pas un simple divertissement, mais une nécessité vitale, un impératif inscrit dans notre condition même, un des ressorts principaux de l'anthropologie dogmatique qu'il a fondée.
Le théâtre, au sens large de mise en scène, de rituel et de représentation, structure nos sociétés. Il révèle comment les institutions, les mythes et même le langage jouent un rôle de scène où se déploie l'ordre symbolique, garant de la transmission et de la légitimité.
Une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la loi et à nous-mêmes.

Le bingo cinéma : Jean-Baptiste Thoret répond aux questions de Mr Paf.


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2025

Critique, historien du cinéma et réalisateur, Jean-Baptiste Thoret est un amoureux du 7e art. Spécialiste du cinéma américain, en particulier du Nouvel Hollywood, et du cinéma italien des années 1970, il nous donne l'envie de découvrir ou redécouvrir certains films, réalisateurs voire carrément des pans entiers de l'histoire du cinéma qui ne sont plus forcément au goût du jour.
De ses premiers émois cinéphiliques aux films surcôtés, des grandes trilogies aux affiches les plus iconiques, Jean-Baptiste Thoret parvient à nous communiquer la passion qui vise à rendre compte des émotions qui nous traversent à la réception de ces images qui, quand elles sont grandes, rentrent toujours en résonnance avec une époque, un lieu, une ambition artistique, qui s'insérent, bien évidemment, dans l'histoire du cinéma en tant que discipline.

Eugène Ionesco et son théâtre (1909-1994). Avec Jacques Legré, Nicolas Bataille, Odette Barrois, Tsilla Chelton et Jacques Nerson sur France Culture.


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28.05.2000

Figure de l'avant-garde des années 50, Eugène Ionesco devint en une décennie un auteur dramatique mondialement célèbre. Du théâtre de dérision de ses débuts jusqu'aux œuvres plus symboliques qui marquèrent la seconde partie de sa carrière, les nombreux témoignages ici rassemblés permettent de mieux comprendre l'évolution de la carrière d'une des figures centrales du paysage théâtral du XXIe siècle.

Émission "Une vie, une œuvre", produite par Ghislaine David et Christian Giudicelli.

Hugo Pratt, ce "menteur du beau". Avec Milo Manara, Silvina Pratt, Dominique Petitfaux, José Munoz, Grégoire Prat, Alberto Ongaro et Michel Pierre sur France Culture.


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05.05.2020

Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.

Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.