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Qu’est-ce que la politique ? Quels sont ses moyens ? Sa finalité ? C’est à ces questions que le sociologue et le théoricien du politique Julien Freund, prolongateur de l'oeuvre de Carl Schmitt, s’est employé à répondre tout au long de sa vie.
Le philosophe Alain de Benoist nous présente la vie et l'oeuvre de l'un des plus grands universitaires français du XXe siècle.


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L'église catholique a subit de grandes transformations depuis le XIXe siècle, tant au niveau théologique que pratique. En effet, de grandes tendances comme le libéralisme, le progressisme ou le modernisme ont exercé une influence réelle.
L'abbé de Tanoüarn nous aide à comprendre leurs origines et conséquences dans les différents contextes sémantiques et historiques qui les ont vu éclore, en revenant particulièrement sur le concile Vatican II, définit ici comme "un concile qui s’est voulu un concile-monde".


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"Si Nietzsche dit vrai, comme presque toujours, toute pensée exprime la biographie d’un corps – d’un régime complet, autrement dit, d’aliments affectifs, imaginaires et intellectuels, de réflexes plus ou moins puissants et d’habitudes plus ou moins créatrices. Répondant aux caractéristiques d’une génération, il n’est jamais purement individuel – de sorte qu’il faudrait dire pour se préciser soi-même : "ceci est notre corps…"
Je fais partie de ceux qui ont grandi dans les années 1980 et 1990 entourés par des discours ne visant qu’à détruire, avec les faits massifs qu’ils percevaient, leur sentiment légitime d’être français. Auxquels on a répété qu’ils étaient les héritiers une histoire criminelle, réduite à une colonisation esclavagiste, à la Collaboration et aux tortures dans la Casbah. Qu’on a sommés de voir les bandes ethniques violentes, croisées chaque jour, comme des victimes de cette sombre histoire prolongée, au présent, par le racisme français des "beaufs" et autres "Dupont-Lajoie". Et dans l’esprit desquels on a voulu implanter à toute force l’idée que l’immigration était une "chance pour la France", qui ne serait vraiment elle-même que comme "pays des droits de l’Autre". Je suis de ceux qui n’avalent plus aujourd’hui les vieilles pilules du "vivre-ensemble", distribuées dès 1984 dans les concerts par les dealers de SOS Racisme, alors qu’on est passé entretemps de la Compagnie créole à Booba.
Je fais partie de ceux auxquels on a aussi intimé de penser que la France, criminelle, était minuscule dans le grand monde sino-américain ouvert par l’implosion du bloc soviétique. A telle enseigne qu’ils devaient consentir à brader le patrimoine social conquis par leurs pères ou, plutôt, par leurs grand-pères. A préférer la figure du trader à celles de l’ouvrier, du professeur ou du petit entrepreneur. Je fais partie de ceux qui, né à gauche, n’ont pas grandi à droite quand la droite c’est le "bling bling" sarkozyste. Mais qui ne peuvent plus voir Canal Plus ou Cohn-Bendit sans réprimer quelques envies de meurtre. De ceux, somme toute, qui constatent que, de droite ou de gauche, le mépris de classe et la francophobie ne présentent jamais qu’un seul et même visage.
Je fais partie plus positivement de ceux que la réalité, l’appel des origines et le sentiment du bien, du grand et du beau, ont ramenés vers ce grand courant du fleuve français, si souvent calomnié. Et qui n’éprouvent pas de nostalgie pour un âge d’or mythologique mais, de manière réaliste, pour une France d’hier soir ou de ce matin, là, toute proche – Jean-Pierre Marielle, après tout, est encore vivant et Jean Dujardin a pris le relais…
Mais je ne crois pas m’exprimer dans cet entretien au nom de ma seule génération ni d’une sensibilité si particulière qu’elle serait isolée. Après quatre décennies de dénigrement national, de dégradation économique et sociale, de communautarisme, de racaillisation et d’islamisation, le peuple est toujours plus nombreux, de tous âges, qui se sent chaque jour davantage radicalement, exclusivement, très sévèrement français. Il s’agit pour moi de traduire dans le concept cette humeur joyeuse qu’énerve légitimement le climat d’époque.
En évitant quelques impasses. Il n’y a rien à attendre, sinon des revers, de quelque alliance que ce soit avec les communautarismes musulmans et juifs, voire africains, avant que d’autres candidats ne se présentent. Il n’y a rien à espérer non plus du côté des autres peuples européens, sinon un encouragement à se battre seuls. Agiter les anciens conflits entre Français remontant à 1789, 1815, 1940 ou 1962, ne sert que la cause des ennemis actuels. Sans même considérer le dandysme de marginalité dans lequel se complait l’extrême droite, il n’y a, enfin, que coupable facilité dans le désespoir politique.
A l’inverse, il y a tout à gagner à penser dans les termes d’un souverainisme identitaire – la souveraineté sans l’identité étant vide et inconsistante, l’identité sans la souveraineté étant condamnée à l’impuissance. Tout à gagner à défendre ensemble le patrimoine social des français et la personnalité originale de leur peuple. Et, sans optimisme naïf, à construire une pensée nationale "sur l’os", asséchée par le réel, vitaliste, débarrassée de certaines mauvaises graisses idéologiques. En comprenant bien que mai 68 creuse depuis 40 ans la dernière grande fracture dans l’histoire de France, et qu’il répartit les uns et les autres sur la seule ligne de front désormais pertinente.
C’est dans cet esprit que je veux proposer des concepts non seulement critiques mais praticables, populaires, positifs et, pour certains, utilisables par une force politique qui rallierait, enfin, les élites au peuple français. Penser au milieu de ce peuple historique, sans prétention avant-gardiste, métapolitiquement, en passant par la culture, les œuvres d’art, le sport, les mœurs, voilà la formule de Sévèrement Français !
Radical, pas marginal, inquiet sans désespoir, national et populaire, l’esprit de Sévèrement Français." Yannick Jaffré


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Loin de remettre en cause le monothéisme, Youssef Hindi nous livre un récit historique inédit du dévoiement de l'idée monothéiste par un groupe d'Hébreux qui a cru bon d'adopter puis d'imposer au peuple d'Israël une divinité qui lui était alors inconnue, Yahvé. Celui-ci s'est substitué, à la suite d'un lent processus, à El, le Dieu d'Abraham, des Patriarches et des prophètes. Car contrairement à une idée répandue, les Hébreux n'ont pas inventé le monothéisme, mais une partie d'entre eux l'a dévoyé.
C'est ce que démontre Youssef Hindi, après avoir remonté la trace de la croyance en un Dieu Unique dans l'Antiquité la plus reculée.
L'enquête nous mène aux tous débuts de l'Histoire, aux deux extrémités du Croissant fertile, de Sumer à l'Égypte, en passant par Canaan. Il nous fait découvrir les preuves écrites de la croyance en Dieu, Unique et Universel, antérieures à la Torah de plus d'un millénaire.
Malheureusement le monothéisme, présent dans la Torah originelle, fut perverti par la confusion opérée entre un dieu tribal, Yahvé, et le Dieu Universel, El. Cette usurpation a donné naissance au judaïsme et à son paradoxe théologique : l'universalisation d'un dieu tribal, avec des conséquences historiquement dévastatrices.


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L'actualité s'est récemment polarisée sur plusieurs affaires de censure ou d'autocensure touchant à la littérature : pressions à l'encontre de Gallimard pour interdire la réédition critique des pamphlets de Céline, campagne pour retirer Maurras des commémorations nationales de 2018 ou encore refus de la mairie de Paris d'accorder une scépulture à l'écrivain Michel Déon.
Ces événements témoignent d'une restriction toujours plus grande de la liberté d'expression en France. Assistons-nous à une dérive totalitaire ?
Nous qui ne supportons pas les lois à géométrie variable ni la censure, nous nous devons de riposter à chaud pour faire prendre conscience de ce scandale au plus grand nombre, et en particulier aux amoureux de littérature.
Émission du "Libre Journal de la réaction", animée par Philippe Mesnard.


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"Schisme" : à prononcer et entendre ce mot, on a le sentiment quasi immédiat d’être renvoyés à nos manuels d’histoire. Et pourtant, le schisme de Monseigneur Lefebvre s'est déroulé il y a à peine trente ans. Le 30 juin 1988, l'archevêque Marcel Lefebvre consacre quatre évêques contre la volonté du Pape. Cet acte provoque son excommunication et le dernier schisme, à ce jour, de l'Eglise catholique.
Le schisme, dans le cas de la religion catholique, s'exprime par le refus de la soumission au Pape ou de la communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis. Il est souvent le résultat d'une confrontation doctrinale ou théologique. L'histoire du schisme lefebvriste, c’est l'histoire de l'affrontement entre deux Églises, une Église intégrale et une Église moderne. C’est l'histoire de deux mouvements contraires, dont la confrontation, sur plus d'une décennie, ne pouvaient amener qu'à la rupture : d'un côté une volonté, celle de Rome, de faire évoluer le catholicisme au rythme de son temps, de son époque, de la modernité. De l'autre un refus, celui de Monseigneur Lefebvre et de ses fidèles, de rompre avec la tradition, l'autorité et l'ordre. Deux voix contraires, qui reflètent deux visions du monde.
A travers le parcours de Marcel Lefebvre, les origines et les conséquences du schisme, cet événement nous plonge au cœur de la religion catholique contemporaine, interroge son rapport à la société et à la politique et surtout souligne la particularité de la France au cœur de ces questions. Comment, celle qui fût "la fille aînée de l'Église" avant de faire de la laïcité l'un des piliers de son système républicain, est-elle devenue le théâtre privilégié des mouvements intégristes ? En quoi le schisme lefebvriste reflète-t-il aussi une singularité française face à ces mouvements, et ce, jusqu'à aujourd’hui ?
Émission "Affaires sensibles", présentée par Fabrice Drouelle.


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L'antiracisme moderne naquit après la défaite du nazisme, sous les auspices des organisations internationales nouvellement créées. Pour lutter contre le racisme, ces organisations ont décidé d'éradiquer la notion de races humaines.
Jusqu'au début des années 2000, la science apportait un soutien unanime à cette idée. En effet, la génétique des populations alors en vogue semblait démontrer que les races humaines n'existent pas. Mais la situation a changé au début du XXIe siècle, avec l'invention de nouvelles méthodes d'exploration du génome humain.
L'anthropologue Wiktor Stoczkowski présente, au cours de cette conférence, les résultats de ces différentes recherches, afin d'analyser leurs conséquences sociales, politiques et morales.


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S'il ne fait plus aucun doute que le régime de Vichy était demandeur d'une collaboration avec l'occupant, l'implication personnelle de Hitler dans cette relation a été largement occultée par tes historiens. Or, comme le prouvent ses Propos, il était obsédé par cette France vaincue rapidement. Une conquête encombrante mais dont il avait un besoin vital pour nourrir l'effort de guerre allemand : il s'agissait de la contrôler avec peu de personnel, de la mettre au travail et de la piller, en tendant la corde à l'extrême sans la casser.
Biographe de Hitler, François Delpla se concentre ici sur la relation particulière entre les deux hommes, détaillant le rôle paradoxal du Führer dans le maintien de Pétain, contre vents et marées, le maréchal s'étant mué en professeur de résignation. La correspondance de Hitler avec le maréchal, les comptes rendus de ses rencontres avec lui, Laval et Darlan, les directives données à Abetz et à d'autres intermédiaires sont passés au crible à partir de sources en grande partie nouvelles. François Delpla les inscrit dans une perspective de longue durée en considérant la place de la France dans le projet nazi et les moyens mis en oeuvre dès 1933 pour la soumettre définitivement.
Quant à Pétain, plus soucieux d'honneur et d'intérêt national qu'on ne le dit parfois, il se débat avec impuissance dans les pièges et les ruses d'un homme à tous égards plus fort que lui.
Une vision renouvelée non seulement de la France des "années noires", mais de Hitler et du IIIe Reich.


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Soixante-dix ans après Simone de Beauvoir, la révolution féministe menée contre la domination masculine ne serait-elle pas achevée ? La conquête des droits politiques et sociaux est actée, le contrôle de la procréation acquis, le système de la parité imposé. Mais, telles les antiques Furies, les idéologues contemporaines s'acharnent à militer pour un avenir radieux dont elles nient qu'il soit déjà advenu. C'est pourquoi le combat pour les femmes tourne à l' "isme" orwellien, revanchard et totalitaire.
Abolir la prostitution, mais autoriser la GPA... Supprimer la différence de genre dans les écoles, mais instaurer l'égalité de fonction dans les ministères... Réclamer l'émancipation du corps mais accepter l'imposition du voile... Soutenir que l'on peut être uniquement pro-choix, mais refuser que l'on puisse souffrir d'avoir avorté... Se proclamer de gauche et se targuer de faire entrer au chausse-pied la condition féminine dans le salariat...
Eugénie Bastié dévoile la tragédie et la misère du féminisme contemporain qui, par aveuglement idéologique, s'est transformé en machine à lutter contre les intérêts des femmes réelles.
Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.


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Le diagnostic d'une crise de la transmission nous dispense souvent de définir exactement ce qui est transmis. Aveuglé par l'opposition usagée entre tradition et modernité, nous oublions ce que la tradition peut avoir de dynamique, et combien elle suppose de liberté (la réinvention, la réappropriation).
L'invocation de la tradition en symbole d'un passé perdu -de l'autorité, des pères, de la loi- la fige dans le traditionnalisme. Mais sans la fiction d'une origine dégradée, la tradition peut à l'inverse être comprise comme un processus qui met en jeu des allers-retours entre les générations.
Comment s'exerce ce mouvement aujourd'hui, alors que les liens inter-générationnels ont changé ? Quels sont les acteurs de la transmission des savoirs, de la mémoire, de la culture ?
Face à de telles mutations, la philosophie peut choisir le ton apocalyptique, ou préférer l'analyse lucide du sens et des conditions du passage.
Émission des "Vendredi de la philosophie", présentée par François Noudelmann.


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L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu des mois de décembre 2018 et janvier 2019 :
- 0'01'00 : Le postérisé du mois (Bachar el-Assad)
- 0'03'45 : Démographie et flux migratoires
- 0'14'45 : Energies et technologies
- 0'19'45 : Géopolitique
- 0'38'00 : Economie et écologie
- 0'55'15 : Eurocrise
- 1'09'15 : Politiques intérieures
- 1'09'30 : Cultures et société


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Dans cet exposé, le philosophe Mark Hunyadi nous parle de la tyrannie des modes de vie et du paradoxe moral qu'ils engendrent. Mais ce paradoxe : quel est-il ?
La prolifération des comités d’éthique en tout genre laisse impensée l'imposition de fait d'une série d'options (tehcnologiques et marchande) qui conditionnent nos modes de vie. La pluralité des "styles de vie" se développe sur la toile de fond de "modes de vie" qui s'imposent de facto.
Le modèle du libéralisme politique montre, à cet égard ses limites : notre éthique ne sert plus à critiquer le système ni les modes de vie, mais à les accompagner dans leur marche triomphale.
Une conférence organisée par le "Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur la Crise Ecologique".