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Aujourd'hui, quels sont les bouleversements démographiques et technologiques qui agitent notre monde ? La dynamique politique de fragmentation-centralisation permet-elle de comprendre la trajectoire de la modernité ? Vit-on à l'ombre de la potentielle singularité technologique ?
À travers une analyse historique et prospective, les intervenants dissèquent l'évolution des États, des monarchies médiévales aux régimes modernes, en passant par les mécanismes de pouvoir et les défis démographiques. Ils interrogent l'impact des technologies sur la liberté, la natalité et l'avenir des civilisations - notamment occidentale.
Entre projections futuristes et critiques acerbes du présent, une invitation à repenser les fondements de nos sociétés en explorant la décentralisation comme remède aux excès de la centralisation, les modèles politiques alternatifs (comme les network states), ou encore les dilemmes éthiques de l'accélération technologique.


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Christophe Guilluy alerte depuis plusieurs années du danger de fracture qui sépare les gens "d'en bas" et les gens "d'en haut". Il ne faut plus chercher à gauche ou à droite les réponses aux crises qui traversent nos fragiles démocraties. Les classes populaires, partout, se sont affranchies de ces vieilles étiquettes politiques qui ne les représentent plus. Les vrais frontières politiques sont d'abord inscrites dans la géographie, le territoire, qui oppose les villes à ce que Guilluy appelle la périphérie.
Dans un essai très prophétique, La France périphérique, paru en 2014, Christophe Guilluy donnait déjà les clés pour comprendre le monde qui se dessine depuis quelques années. Toute la classe politique française avait salué l'acuité de son diagnostic… sans jamais en prendre acte.
Le mouvement des camionneurs pendant la crise du Covid au Canada ou les Gilets jaunes en France n'étaient que les symptomes annoncés d'un conflit plus violent que le géographe pense, malheureusement, inévitable entre les élites métropolitaines, donneuse de leçons, et le monde d’en bas, celui de la périphérie.
- 0'00'00 : Intro
- 0'01'58 : L'impasse démocratique et culturelle de nos sociétés occidentales
- 0'08'51 : Métropoles : "Il y a des mécanismes pour chasser les inutiles"
- 0'15'38 : La droite et la gauche ne veulent plus rien dire
- 0'22'38 : Les classes populaires : "l’âme des civilisations occidentales"
- 0'33'05 : Les médias traditionnels et les intellectuels ne parlent plus aux gens d'en bas
- 0'38'47 : Le message de JD Vance aux européens
- 0'44'49 : Les fractures politiques d'aujourd’hui sont d'abord des fractures géographiques
- 0'48'35 : Une bourgeoisie "cool" qui n'assume pas son statut de classe… mais qui fait la leçon !
- 0'55'17 : Il n'y aura pas de réforme, il y aura un basculement violent
- 1'01'35 : "99% des prescripteurs d'opinions vivent dans les mêmes lieux"
- 1'08'35 : "Une société puissante s'alimente en permanence avec le bas, la sève"
- 1'12'00 : La comédie humaine du siècle
- 1'16'25 : La carte n'est pas le territoire
Un podcast animé par Stéphan Bureau.


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Cinq ans après son dernier ouvrage, Jean-Claude Michéa met à jour sa critique du libéralisme en partant des évolutions du mode de vie métropolitain dans Extension du domaine du capital (Albin Michel, 2023).
Ce qu'il nous propose, c'est de renoncer une fois pour toutes à l'idéologie du progrès qui fonde le progressisme intellectuel libéral et de revenir au socialisme des origines, populaire et enraciné.
Émission "Le Grand Face-à-face", animée par Thomas Snégaroff.


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Depuis quelques années, le concept de smart city ou ville intelligente s'est fortement popularisé dans différentes sphères de la société et semble faire consensus dans le champ politique, autant à droite qu'à gauche. Mais que recouvre ce concept ? La smart city fait-elle réellement partie intégrante des solutions vers un avenir plus durable ?
Historien contemporain spécialiste de la pensée technocritique et des pollutions environnementales, François Jarrige s'intéresse particulièrement à l'idéologie du "progrès" qui tend à légitimer toutes les externalités négatives de notre modernité industrielle.
Il propose ici de revenir sur l'histoire de la smart city, ses enjeux économiques, sociaux et idéologiques.


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Philosophe et écrivain, Bruce Bégout est l'auteur de divers ouvrages et essais. Dans Obsolescence des ruines, il poursuit son travail sur les espaces marginaux et périphériques, cherchant à "creuser des chemins de traverse dans l'univers contemporain". Il explique que ces recherches sur l'espace, la ville ou l'architecture sont autant de prétextes pour interroger la modernité, sa continuation problématique et les mutations qui traversent nos sociétés, qu'elles soient anthropologiques, technologiques ou urbanistiques. Et quand il écrit de la fiction, ce qui l'intéresse c'est "de prendre la société contemporaine, d'observer les tendances qui la traversent et de les pousser jusqu'à leur limite ultime pour voir les effets qu'elles produisent sur nous".
Son goût pour les ruines et l'architecture remonte au début des années 90. À l'époque, il se rend à Los Angeles pour occuper un poste d'assistant à UCLA. Il en profite pour visiter la grande métropole californienne et est fasciné par l'impression de fragilité qui s'en dégage, impression d'autant plus renforcée que Los Angeles est situé sur une faille, celle de San Andreas, le long de laquelle pourrait avoir lieu, dans les années à venir, un tremblement de terre dévastateur. Au-delà de sa géographie même, Los Angeles lui semble vulnérable en raison de son architecture. "C'est comme si les bâtiments avaient anticipé eux-mêmes leur disparition possible". Les immeubles sont construits avec des matériaux peu nobles, les techniques de construction sont sommaires… Cela renforce son sentiment d'une fragilité de l'architecture, fragilité qu'il va interroger dans son livre sur Los Angeles mais aussi dans ses ouvrages sur Las Vegas, les motels, les mondes périurbains, ou encore dans son dernier essai sur la disparition annoncée des ruines dans nos mondes contemporains.
Émission "La couleur des idées", animée par Simon Brunfaut.


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Comment ne pas être à la fois subjugué et effrayé par cette ville iconique qu'est Los Angeles ? Troisième ville mondiale, ultra-moderne et ultra-capitaliste, on pourrait croire qu'en elle se trouve le modèle de toutes les villes à venir. Et pourtant, Los Angeles reste inimitable.
Et pour cause, cette immense banlieue sans centre-ville, dans laquelle on ne se déplace plus qu'en voiture, s'est construite en effaçant au fur et à mesure les traces de son passé. Elle nous apparaît aujourd'hui comme une ville flottante, déracinée de son contexte historique et livrée aux fantasmes des écrivains, réalisateurs ou investisseurs du monde entier.
L'occasion de revenir, en compagnie de l'historienne Annick Foucrier et du philosophe Bruce Begout, sur les premières fondations de cette ville pour poser un nouveau regard sur la ville-studio ou la ville-spectacle qu'elle est devenue.
Émission "Sans oser le demander", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.


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La ville est la grande affaire de notre temps. Depuis 2008, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville. Et nous serons probablement près de 60% en 2030. L'attraction démographique de la ville est renforcée par son dynamisme économique. Elle est devenue le lieu central de la production et de l'innovation, le cœur du système productif et de son organisation économique.
La ville contemporaine apparaît d'abord comme un mégasystème technique, le système des systèmes, l'infrastructure qui rassemble à la fois les superstructures et les autres infrastructures ou mieux encore la machine des machines qui interconnecte les différents réseaux structurant la vie urbaine.
Mais la machine des machines n'est pas un moyen de production comme un autre, du même ordre que les machines qu'elle machine. La ville donne un autre sens à la notion de machine, et c'est pourquoi elle est appelée à jouer un rôle fondamental dans la transformation productive, à partir du moment où est prise en compte la spécificité de sa conception et de son intelligence.
Une intervention qui s'insère dans le colloque "La cité au XXIe siècle".


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L'architecture est le vieux nom de la technique. Palais, jardins et hôtels, villes, châteaux et forteresses de l'âge humaniste et classique ne sont pas seulement des œuvres d'art, mais aussi des machines qui soutinrent la puissance des vieux empires, épargnèrent le temps et la force des hommes, et favorisèrent le règne d'une économie faite de beauté, de parcimonie et d'art de vivre, ce qu'on appelle Décor. Mais machines ô combien étranges, dépourvues de rouages et de mécanismes, vides comme une coquille de noix !
C’est à la constitution de ce paradigme poïétique et technique bien éloigné de ce que nous entendons habituellement sous le nom de technique, et à la compréhension du fonctionnement mystérieux et discret de ces machines que se consacre Pierre Caye dans cette intervention.