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Ami et correspondant de Marcel Proust, esthète raffiné fou de musique et amateur éclairé de jardins, Jacques Benoist-Méchin fut aussi un homme politique engagé dans la Collaboration durant la Deuxième guerre mondiale, un biographe passionné (Julien l'Empereur, Frédéric de Hohenstaufen, Bonaparte, Lyautey…) et un historien de premier plan (Histoire de l'armée allemande), grand connaisseur du monde arabe.
Auteur d'une récente biographie à son sujet publiée aux Éditions Pardès, Thierry Bouclier vient nous parler de sa trajectoire et de son oeuvre.
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.


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Né en 1893 dans une famille bourgeoise, élevé entre un père et une mère qui se déchirent, étudiant malchanceux, soldat de la boue et des tranchées, suicidaire, amant constamment insatisfait, la vie de Pierre Drieu la Rochelle irrigue l'ensemble de son oeuvre littéraire.
Ses poèmes, ses essais, ses nouvelles, ses pièces de théâtre et ses romans racontent toujours une part de lui-même. Du Feu follet (1931) à Gilles (1939), en passant par La Comédie de Charleroi (1934) et Rêveuse Bourgeoisie (1937), le lecteur suit sa destinée à travers des pages magnifiques, mais souvent désespérées. Dans les années 1920, ses amis les plus proches se nomment Louis Aragon, Gaston Bergery, Emmanuel Berl et André Malraux. Mais, habité par le spectre de la décadence (décrit dans Mesure de la France), conscient de la nécessaire unité des patries européennes (développée dans L'Europe contre les patries) et chantre d'un socialisme viril, il n'hésite pas à se proclamer fasciste au lendemain des évènements du 6 février 1934. Une profession de foi (exposée dans Socialisme fasciste) qui le conduira, à se perdre dans les méandres de la Collaboration. Le 15 mars 1945, il met fin à ses jours.
Ceux qui l'ont connu surent souligner sa sensibilité, son élégance, son courage et son sens de l'amitié. Au fil des années ayant suivi son suicide, sa figure de dandy, errant sur les quais de la Seine, a donné naissance à un véritable mythe.
Émission du "Libre Journal de la jeunesse", animée par Pascal Lassalle.


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Né le 25 mars 1877, près de Rennes, Alphonse de Châteaubriant apparaît comme l'auteur de tous les paradoxes. Dreyfusard dans sa jeunesse, il défend la politique de collaboration avec l'Allemagne à partir de 1940. Chrétien profondément mystique ayant une conception vitale de la contemplation, il voit dans le national-socialisme païen une renaissance de la chrétienté médiévale.
Auteur porté au pinacle à la suite de ses romans Monsieur des Lourdines (prix Goncourt 1911) et La Brière (grand prix du roman de l'Académie française 1923), il sacrifie sa renommée avec La Gerbe des forces (1937), livre sulfureux favorable à l'Allemagne nouvelle, vue comme un retour à l'esprit de chevalerie. Alors rejeté par la plupart de ses pairs, le communiste Romain Rolland lui conserve toute l'amitié qu'il lui porte depuis 1906. Directeur du journal La Gerbe et président du Groupe Collaboration pendant l'Occupation, réfugié en Allemagne en 1944, frappé d indignité nationale et condamné à mort en 1948, il vit caché dans les montagnes du Tyrol jusqu'à sa mort, le 2 mai 1951, à Kitzbühel (Autriche).
Alphonse de Châteaubriant demeure un homme aux multiples facettes : un merveilleux conteur des paysages du Poitou et de la Bretagne ; un croyant en quête perpétuelle de Dieu ; un gentilhomme égaré dans les méandres de la politique. Un très grand écrivain trop souvent oublié qu'il vaut la peine de redécouvrir.
Émission "Synthèse", animée par Roland Hélie.


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Issu d'une famille de gauche, Alain Fournier devient enfant de troupe à l'âge de douze ans avant de quitter l'école avec son seul B.E.P.C. Il exerce alors divers métiers, comme employé de banque, brocanteur ou bouquiniste... En 1971, La Divine Surprise paraît dans la "Série noire". Son homonymie avec l'auteur du Grand Meaulnes (Alain-Fournier) le dissuade d'écrire sous son nom ; il signera des initiales de son pseudonyme (Alain Dreux Gallou).
Devenu A.D.G., il sera l'un des auteurs-phares de la "Série noire" et le maître du néo-polar. Son style, mêlant argot et calembours, en fait l'héritier de Louis-Ferdinand Céline, Michel Audiard et Albert Simonin. Les romans policiers s'enchaînent : Les Panadeux, La Nuit des grands chiens malades, Cradoque's band, Le Grand Môme ou Pour venger pépère. En 1977, il obtient le prix Mystère de la critique avec L'otage est sans pitié. Dans le même temps, il entame une carrière de journaliste dans l'hebdomadaire Minute.
Au début des années 1980, il s'installe en Nouvelle-Calédonie et s'investit, à travers son journal, Combat calédonien, pour le maintien de l'île au sein de la France. Il publie d'autres romans policiers, comme Joujoux sur le caillou et Les Billets Nickelés. En 1987, il fait paraître Le Grand Sud, une gigantesque fresque consacrée à l'histoire de l'île calédonienne au XIXe siècle. De retour en France, il intègre l'hebdomadaire Rivarol et publie un thriller australien : Kangouroad Movie. Il meurt en 2004.
Émission "Voix au chapitre", animée par Anne Le Pape.

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Thierry Bouclier est invité dans le Libre Journal de Serge de Beketch pour présenter son livre sorti en 2006 sur le militant politique Pierre Poujade.
Le Poujadisme est ce mouvement populaire de protection des entrepreneurs commerçants, qu'on décrit généralement comme la première révolte des classes moyennes. Il est au départ associé avec les communistes et sera par la suite la porte d'entrée en politique de Jean-Marie Le Pen.