
(1)
Historien et philosophe, spécialiste de la culture grecque antique, François Hartog, dans son livre Départager l'humanité (Gallimard), analyse la nature de l'être humain par le prisme du partage : mortels et immortels, périssables et éternels, corps et âme.
"Sitôt que je dis «Je suis un homme», j'introduis un partage : je dis, ou au moins je suspecte que d'autres ne le sont pas, ne l'ont jamais été, ne le sont plus ou ne peuvent le devenir, voire le redevenir. Cette simple énonciation porte en elle la question des limites, des frontières de l'humain et pose la question du sujet qui dit «je»."
Que signifie l'humanisme ? De quelle manière a-t-il évolué ? Que représente aujourd'hui son prétendu dépassement ?
Émission "Une heure avec…", animée par Frédérick Casadesus.


(0)
Ce qui arrive aux êtres humains, aucun avenir ne peut le réparer. L'espérance ne peut être simplement une promesse d'aller mieux. Tout présent dans la catastrophe vécue doit se faire mémoire de l'inespéré. Voilà tout le paradoxe de l'imminence des fins dernières.
À l'heure du réchauffement climatique, du retour de la guerre en Europe, des pandémies, des technologies aux conséquences inconnues, du terrorisme et du populisme eux-mêmes travaillés par un imaginaire apocalyptique, tandis que la génération Z s'interroge pour savoir si le monde a encore un avenir, l'Apocalypse reste une ressource pertinente pour parler de notre époque. Et si ce livre décrypte et révèle les signes des temps, l'imaginaire de l'Apocalypse fait retour dans nos sociétés et pourrait bien être lui-même un signe des temps à décrypter...
Émission "Signes des temps", animée par Marc Weitzmann.


(0)
De quoi parlons-nous quand nous parlons du temps ? Au terme d'une enquête métaphysique aussi captivante que rigoureuse, Francis Wolff cherche à éclaircir cette énigme du maintenant dont parlait Einstein.
Le temps est-il comme une flèche, ou comme un fleuve ? Événements passés et futurs existent-ils, ou le réel ne se conjugue-t-il qu'au présent
? Entre le temps de la nature (étudié par les physiciens) et la temporalité de la conscience (décrite par les philosophes), il convient de ne pas oublier le temps du monde, celui-là même dans lequel nous vivons et nous parlons les uns aux autres.
Une rencontre animée par Thibaud Ottevaere.



(2)
C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


(0)
Fernand Braudel, né le 24 août 1902 à Luméville-en-Ornois et mort le 27 novembre 1985 à Cluses, est un des plus fameux et influents historiens français du XXe siècle. Auteur de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II (1949), il marque durablement la discipline en inventant une temporalité plurielle et en s'attaquant à cet objet inédit. Encore aujourd'hui, cette œuvre magistrale tend à cacher son second chef-d'œuvre, une trilogie intitulée Civilisation matérielle, économie et capitalisme (1979) dans laquelle il s'attache à décrypter les dynamiques du capitalisme à l'époque moderne. Dans ses deux ouvrages, Braudel réfléchit à l'articulation entre le temps et l'espace dans la détermination de nos sociétés et dans l'analyse économique. Il développe une certitude : la genèse du capitalisme est strictement liée à l'échange.
Dans Enrichissement (Gallimard, 2017), Luc Boltanski et Arnaud Esquerre mobilisent et s'appuient sur les travaux de Fernand Braudel. Étudier leur ouvrage permet d'observer comment les concepts braudéliens sont réinterprétés et actualisés. Ainsi, cinquante ans ont passé, mais l'œuvre de Fernand Braudel demeure toujours une référence essentielle pour analyser et comprendre les dynamiques du capitalisme sur le temps long.
Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Aliette Hovine.


(0)
Le philosophe Pierre Caye a conduit ses recherches au croisement de l'architecture, l'urbanisme et l'aménagement du territoire. Il a écrit de nombreux livres dont Critique de la destruction créatrice (2015), Comme un nouvel atlas. D'un état meilleur que la puissance en 2017 puis Durer. Éléments pour la transformation du système productif (2020).
Récemment, il a fait paraître Seul le temps nous appartient aux éditions Verdier. Il y propose une réflexion sur l'aliénation du temps dans le monde contemporain et sur la nécessité de recréer un espace de liberté face à l'accélération de nos vies.
La question du temps est éminemment politique : face à la capture du temps par le capitalisme et son économie de l’attention, Pierre Caye nous invite à reposséder quelque chose d'incorporel, peut-être la seule chose qui nous appartient, le temps.


(0)
C'est en compagnie de Stefou Xenomancie qu'est étudié en profondeur le courant intellectuel souterrain mais influent des lumières sombres, un mouvement qui remet radicalement en question les fondements de la modernité politique. Inspiré par le penseur Nick Land, théoricien d'une technocratie élitiste, le débat s'articule autour d'une critique acerbe de la démocratie, de l'égalitarisme et du progressisme. Ce courant prône un retour à des structures sociales hiérarchisées, tout en intégrant les avancées technologiques pour façonner un futur où l'efficacité prime sur les idéaux humanistes. Entre rejet des utopies égalitaires et fascination pour un capitalisme débridé, ces idées interrogent : une société gouvernée par une élite technoscientifique est-elle viable, voire souhaitable ?
L'échange aborde également des thèmes connexes comme la providence technocapitaliste, où le marché et l'intelligence artificielle sont perçus comme des forces quasi divines de sélection sociale, ou encore la guerre hybride, où les conflits futurs se joueront autant sur les champs de bataille que dans les réseaux numériques. Des références à la gnose, à la double prédestination calviniste ou aux mythes faustiens viennent éclairer cette vision d'un monde où le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns, tandis que la masse, dépossédée de son autonomie, n'est plus qu'un rouage d'un système dépassant l'entendement humain. Entre dystopie et prophétie, cette discussion invite à décrypter les dérives possibles d'un futur où technologie, pouvoir et spiritualité s'entremêlent de manière troublante.


(0)
L'Histoire a-t-elle perdu son sens ? Les grandes philosophies de l'histoire, qui cherchaient à y discerner une raison ou une finalité, semblent aujourd'hui contestées. Une approche originale propose d'aborder cette question à travers l'événement fondateur de la Révolution française, et plus particulièrement son aspect le plus déroutant : la Terreur. Plutôt que d'y voir un simple projet ou une étape téléologique, il s'agit de la considérer comme une oeuvre accomplie, dont l'énigme persiste.
Pour les penseurs du XIXe siècle – qu'ils soient contre-révolutionnaires (comme Bonald ou Maistre) ou défenseurs des idéaux révolutionnaires (comme Saint-Simon, Leroux, Michelet ou Quinet) –, la Révolution marque une rupture absolue. Inutile d'en chercher les causes lointaines dans des théories préparatoires : c'est dans ses effets, ses résonances et ses recompositions sociales qu'elle révèle sa portée philosophique. Elle redéfinit les liens entre religion, pouvoir, conscience individuelle et collective, tout en faisant émerger le Peuple comme nouveau sujet de l'Histoire.
Cette réflexion écarte toute dialectique spéculative ou matérialiste qui réduirait l'Histoire à un schéma préétabli. Elle met en lumière une scène politique et philosophique où se nouent, de manière inédite, les éléments d'un monde en mutation. La Révolution y conserve son caractère énigmatique, sans être instrumentalisée comme preuve d'une philosophie de l'Histoire préconçue.