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Traducteur et amoureux de la littérature des auteurs prolétariens suédois, Philippe Bouquet nous présente l'écrivain révolté Stig Dagerman (1923-1954) qui laisse une oeuvre où sont disséqués le mal-être et la fausseté des rapports humains.
À 22 ans, il écrit L'île des condamnés qui retrace l'impossible liberté des êtres quand aucun ne choisit le chemin de la solidarité. C'est un texte fort où les protagonistes sont décrits au plus profond de leur solitude. Dagerman, littéralement "l'homme du jour" en suédois, a magné la plume comme une antidote contre la mort dans des récits où il met son propre malaise en scène (L'enfant brûlé, Le Serpent, ou la pièce de théâtre L'ombre de Mart). Militant à la SAC (le syndicat anarchiste suédois) et rédacteur pour le quotidien anarchiste Arbetaren, il perçoit vite les impasses du militantisme révolutionnaire. Il mettra fin à ses jours très jeune en analysant le suicide comme "seule preuve de la liberté humaine".
Philippe Bouquet nous parle de Dagerman et de son inscription dans le paysage littéraire suédois en croisant son histoire avec celles des êtres humains qui se battent au quotidien pour une société meilleure.