Une crise d'hégémonie ? Gramsci et la crise du capitalisme. Avec Razmig Keucheyan pour le séminaire Pensées critiques contemporaines.


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01.04.2012

Les Cahiers de prison d'Antonio Gramsci contiennent des passages d'une grande actualité consacrés aux crises du capitalisme. Dans les sociétés modernes, les crises économiques ont rarement des effets politiques immédiats. Elles sont le plus souvent amorties par ce que Gramsci appelle les "tranchées" et "fortifications" de la société civile et de l'Etat.
Entre les structures et les superstructures se trouve un ensemble de médiations, qui les conduisent à former un "bloc historique", et qui empêchent qu'un effondrement de l'économie se traduise par un effondrement correspondant du système politique.
C'est seulement lorsque les crises deviennent "organiques", c'est-à-dire qu'elles se transforment en crises du bloc historique lui-même, qu'elles contaminent toutes les sphères sociales : économie, politique, culture, morale, sexualité… Gramsci qualifie ces crises de "crise d'hégémonie" ou de "crise de l'Etat dans son ensemble".
Elles se caractérisent notamment par leur longue durée, et par le fait qu'aucune des classes antagonistes ne dispose d'assez de réserves matérielles et symboliques pour imposer aux autres une nouvelle hégémonie. S'ensuit un "équilibre catastrophique des forces", dont le césarisme – par exemple fasciste – est l'une des issues possibles.
La crise économique déclenchée en 2008 par l'effondrement des marchés financiers a-t-elle donné lieu à une crise d'hégémonie au sens de Gramsci ?

Une cartographie des nouvelles pensées critiques. Avec Razmig Keucheyan pour le Séminaire Sophiapol.


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18.10.2011

Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Wang Hui, Moishe Postone, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. Mais quelles sont ces théories qui accompagnent l'émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient le mouvement ouvrier dans ses formes traditionnelles ?
Razmig Keucheyan rend compte de la diversité de ces nouvelles pensées : théorie queer, marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. Il montre également l'unité qui sous-tend ces courants, tous produits des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970.
Un travail qui se veut une cartographie intellectuelle, un instrument d'orientation dans le nouveau paysage des pensées critiques, dans une perspective internationale.

La Nature est un champ de bataille. Avec Razmig Keucheyan sur Fréquence Paris Plurielle.


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09.04.2014

Face à la catastrophe écologique annoncée, les bonnes âmes appellent l'humanité à "dépasser ses divisions" pour s'unir dans un "pacte écologique". Razmig Keucheyan s'attaque à cette idée reçue : il n'y aura pas de consensus environnemental.
Loin d'effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. Soit la localisation des décharges toxiques aux États-Unis : si vous voulez savoir où un stock de déchets donné a le plus de chances d'être enfoui, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et autres minorités raciales...

Émission "Les Oreilles loin du Front".

Antonio Gramsci : culture, information et subalternité. Avec Razmig Keucheyan à l'Université Paris VIII Vincennes.


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21.03.2014

Avec des notions comme celles d'hégémonie et de contre-hégémonie, de guerre de position, de bloc historique, d'intellectuel organique, de national-populaire, de journalisme intégral, le couple conceptuel orient/occident ou encore sa typologie des romans, Antonio Gramsci va faire de la culture et de son rapport au pouvoir une dimension importante de la conflictualité sociale et de l'extension du domaine de la lutte, sans ramener, à aucun moment, la confluctualité sociale et les rapports sociaux à de simples rapports de représentation.
Razmig Keucheyan, grand connaisseur des perspectives critiques contemporaines, nous introduit à la question fondamentale de la culture dans l'oeuvre de Gramsci.

La Nature est un champ de bataille. Avec Razmig Keucheyan pour Hors-Série.


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15.12.2015

La nature est un âpre "champ de bataille", où les classes sociales s'affrontent comme ailleurs, pour la bonne raison qu'elles n'y ont pas du tout les mêmes intérêts.
Les désastres environnementaux peuvent donner l'impression qu'il frappent aveuglément (c'est vrai) ; il n'en est pas moins vrai qu'il y a ceux qui trinquent et ceux qui profitent. Le côté qui profite est bien sûr celui du capitalisme. Car s'il est exposé au péril de sa propre destruction lorsqu'il aura épuisé toutes les ressources qu'il a déjà copieusement exploitées, sa spectaculaire résilience l'a déjà conduit à tirer de juteux revenus du risque environnemental : sur les marchés de titres circulent depuis des années des "dérivés climatiques" et autres "obligations catastrophes" qui offrent aux investisseurs de très rentables opportunités spéculatives.
L'incurie de la puissance publique, soigneusement organisée par la doctrine néolibérale qui a conduit l'Etat à confier aux marchés les responsabilités auxquelles il préférait renoncer, a ainsi ouvert au capital un vaste terrain de jeu, et a fait de la crise écologique une formidable opportunité financière.
Aussi faut-il aborder l'écologie en marxiste ; c'est la tâche à laquelle se livre Razmig Keucheyan dont les travaux documentent avec un soin méthodique trois aspects des conflits en cours : l'inégalité sociale devant le risque environnemental, la financiarisation de la nature, et la militarisation de l'écologie. Il vient rouvrir une source de réflexion que les théoriciens contemporains seraient avisés d'explorer à sa suite, s'ils veulent élaborer des propositions susceptibles de bâtir un autre avenir que celui que nous prépare le capital...
Cet autre avenir, selon Keucheyan, passe par une exigence démocratique considérablement accrue : c'est aux citoyens de s'emparer de la problématique environnementale, à tous les niveaux où le pouvoir doit leur être rendu. L'écologie, on ne le répétera jamais assez, est d'abord un problème politique.