Français, on ne vous a rien caché : la Resistance, Vichy, notre mémoire. Avec François Azouvi à la Nouvelle Action Royaliste.


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05.05.2021

Historien de la philosophie et chercheur en sciences sociales, François Azouvi vient de publier, sur la mémoire de la Résistance et sur celle de Vichy, un essai qui ruine la prétendue déconstruction du mythe “résistancialiste” fabriqué par certains historiens à la fin du XXe siècle.
Français, on ne vous a rien caché. Mais pourquoi de très nombreux citoyens ont-ils cru, après 1970, qu’ils étaient les héritiers d’un passé honteux ?

Conférence :
 - 0'01'49 : le travail mémoriel de la 2e Guerre Mondiale en France 
 - 0'10'40 : mystique et résistancialisme 
 - 0'29'00 : épuration et divisions politiques à droite (RPF) comme à gauche (PC et goulags) 
 - 0'35'49 : légitimité et légalité de Vichy 
Discussion : 
 - 0'44'11 : la disparition de la génération de Gaulle dans les années 1970
 - 0'56'00 : le rôle du récit mémoriel dans l'édification périodique de la nation. 
 - 0'59'33 : le syndrome de Vichy dès 1971 
 - 1'09'00 : polémique autour des propos antérieurs

La face sombre de la Libération et des débuts de la 4e République. Avec Eric Branca sur Radio Courtoisie.


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05.05.2024

Tombée dans un trou de mémoire, la IVe République n'est souvent connue que par sa crise finale qui déboucha sur l'avènement de la Ve. Ses débuts, dans le sillage de la Libération, constituent pourtant l'une des périodes les plus folles de l'histoire contemporaine. Comme le Directoire après la Terreur, elle vit s'édifier d'immenses fortunes sur le crime et la corruption. Des carrières fulgurantes se bâtir sur l'imposture avant de s'effondrer dans la honte. Et même d'anciens collaborateurs parvenir au sommet de la hiérarchie judiciaire... Grâce aux procès de l'épuration !
À tous les étages de la société, le travestissement est alors l'artifice le plus usité pour s'adapter aux temps nouveaux. De l'escroquerie consistant à s'inventer un passé de résistant jusqu'au cas – unique dans l'histoire parlementaire – d'un complice des nazis (Jacques Tacnet) parvenant à se faire élire député sous une fausse identité (Jacques Ducreux), en passant par l'invention de faux complots (le Plan bleu) et la dissimulation d'authentiques séditions (comme celle dite de la Pentecôte), rarement communauté ne se sera autant menti à elle-même ni chaque citoyen à son voisin avec une telle audace... Et pour tout dire, pareille impunité !
C'est cette histoire jamais racontée, reconstituée à partir d'archives oubliées ou non encore consultées (en particulier celles de Jacques Foccart) que retrace Eric Branca. À l'heure où la défiance revient en force dans le débat public et où l'accusation de mensonge est celle que les Français lancent le plus volontiers au visage des "princes qui [les] gouvernent" (Michel Debré), ressusciter cette période s'impose. Au-delà de contextes institutionnels, politiques, sociologiques, foncièrement différents, elle nous dit beaucoup de ce que deviennent les hommes de l'ombre dans les moments de transition. Lesquels sont aussi nécessairement des temps de confusion.

Émission du "Libre Journal des Amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Bernard Charbonneau, une promenade biographique.


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09.1995

Partisan dès les années 1930 d'une limitation volontaire de la croissance économique, Bernard Charbonneau (1910-1996) voulait faire du "sentiment de la nature" au sein du personnalisme ce qu'avait été la conscience de classe pour le socialisme. Selon lui, l'homme a autant besoin de nature que de liberté, mais la civilisation techno-industrielle menace les deux.
Dans ses nombreux livres, il fustige la standardisation des goûts et les méfaits d'une agro-industrie provoquant la triple éradication des paysans, des paysages et des nourritures savoureuses. Il souligne le paradoxe du tourisme de masse qui correspond à un désir authentique d'échapper à l'enfer urbain, mais qui saccage les espaces découverts par les pionniers et entraîne ce à quoi le touriste voulait échapper : la promiscuité, le béton et la réglementation.
Dans ces longs entretiens réalisés quelques mois avant sa mort, Bernard Charbonneau -et sa femme Henriette- nous racontent son parcours. Il fut celui de l'un des premiers qui, en France, développa une pensée écologiste, mais aussi profondément humaniste et ironique, constituant toujours aujourd'hui une joyeuse invitation à la réflexion et à l'action.

Un entretien mené par Michel Bergès et Daniel Cérézuelle.

Les manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, sur France Inter.


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01.2023

À la Libération, Céline laissait dans sa fuite des milliers de pages. Les derniers qui les cherchaient avaient perdu espoir. Mais en 2020, 76 ans après, le trésor disparu du plus controversé des écrivains français a ressurgi du passé.

Une série documentaire de Romain Weber, réalisée par Yvon Croizier.

Le CNR : les jours heureux et le programme merveilleux. Avec Gilles Perret sur France Inter.


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01.05.2018

Voici la Glorieuse histoire du Conseil National de la Résistance : le fameux CNR, ou comment un groupe d'hommes a rédigé clandestinement, en pleine occupation allemande, une série de grandes mesures politiques et sociales qui influent encore sur nos vies.
Car le CNR c'est d'abord un texte. Court : 2870 mots. Deux parties distinctes, pour une action en deux temps : un plan d'action immédiat pour organiser la riposte, suivi d'un ensemble de mesures à appliquer dès la Libération. 8
Pour l'écrire, une vingtaine de résistants affublés de surnoms improbables se réunissent en secret dès mai 43. Ils ont pour la plupart entre 25 et 40 ans. Pendant plusieurs mois ils débattent en secret, malgré leurs différences politiques : à la fin, quelques feuillets, limpides, et un titre lumineux : "les Jours Heureux". Dans cette République qui s'est couchée, déshonorée, une voix unie s'élève : un avenir joyeux est possible après l'infamie. En ce printemps 44, des siècles d'histoire sociale convergent dans un texte : la base du modèle social français était posée.
La sécurité sociale, les retraites, la création d'EDF, les grandes nationalisations, la liberté de la presse... Toutes ces grandes mesures de l'après-guerre sont le fruit de la réflexion et des débats de la Résistance unifiée sous ces trois lettres : CNR.
Comment ce programme est-il né ? En quoi reste-t-il un texte de référence ? Mais aussi... Pourquoi son histoire est-elle si peu racontée ?

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

Jean Cavaillès (1903-1944), l'agrégé du sabotage. Avec Hourya Benis Sinaceur, Alya Aglan et Jean-Jacques Szczeciniar sur France Culture.


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25.05.2019

Au printemps 1944, un philosophe français qui s'était intéressé de très près aux mathématiques était fusillé par les Allemands dans la Citadelle d'Arras. Il venait d'avoir quarante ans et s'appelait Jean Cavaillès. Ce philosophe, qui avait été reçu major au concours d'entrée à l'Ecole Normale en 1923, n'aimait guère les tours d'ivoire. C'est pourquoi il fut aussi un combattant, un résistant, un chef de réseau, un homme d'action et même de coups de main : avec quelques copains, il fit gaillardement sauter des ponts, des transformateurs, des trains et des usines.
Jean Cavaillès fut en somme "un philosophe mathématicien bourré d’explosifs", pour reprendre les mots de Georges Canguilhem. Le mot explosif était ici à prendre au sens propre et au sens figuré, car sa pensée était elle aussi radicale : selon lui, la tâche de la philosophie est de substituer au primat de la conscience le primat du concept. La philosophie doit refuser le déclin de la preuve pour devenir fille de la rigueur, c'est-à-dire s'apparenter davantage aux mathématiques qu'à la littérature : philosopher, c'est démontrer, et non pas verser dans le psychologisme ; philosopher, c’est une affaire de concepts plutôt que l'épanchement des états d’âme de l'intellect. Car la recherche de la vérité réclame qu'on s'oublie un peu.  
Si Cavaillès est entré en résistance, c'est non par appartenance à une ligne politique, mais "par logique" : la lutte contre l'inacceptable est inéluctable, donc nécessaire, un point c'est tout. Par lutte, il ne faut pas entendre l'indignation chuchotée dans les couloirs, le porte-à-porte patriotique ou l'alimentation des boîtes aux lettres en tracs vengeurs. Par lutte, il faut entendre ici le combat les armes à la main.
Arrêté et emprisonné à plusieurs reprises, évadé chaque fois sauf la dernière, il ne renonça jamais, ni à l'action la plus subversive, ni à la réflexion la plus abstraite. En 1942, dans la solitude héroïque d'une prison, il écrivit un ouvrage intitulé Sur la logique et la théorie de la science, qui ébranlera plus tard la scène philosophique.
Cavaillès fut arrêté par la Gestapo en août 1943, à Paris, puis condamné à mort et exécuté cinq mois plus tard, en février 1944. Son cadavre fut jeté dans une fosse commune, avec comme seule indication "l'inconnu n°5". Ceux qui le fusillèrent n'avaient sans doute pas à l'esprit que pour un philosophe mathématicien, être appelé l' "inconnu", cette chose que les mathématiques permettent de réduire calmement par le calcul, c'était la plus belle des épitaphes.
Mais qui donc était cet homme, Jean Cavaillès ?

Émission "Science en questions", animée par Etienne Klein.

À l'aube de la Résistance. Avec François-Marin Fleutot à la Nouvelle Action Royaliste.


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24.10.2020

Editeur, historien, essayiste, François Fleutot a bouleversé l'historiographie du royalisme pendant la Deuxième Guerre mondiale avec l'ouvrage qu'il a publié voici vingt ans sous le titre Des royalistes dans la Résistance (Flammarion).
Dans son nouveau livre, À l'aube de la Résistance (Le Cerf, 2020) il raconte comment se rencontrèrent et s'organisèrent les hommes et les femmes "ordinaires" qui dire Non à la collaboration avec l'Allemagne nazie. Avec leurs tracts, leurs modestes journaux clandestins, leurs explosifs, ils inventent la Résistance. Beaucoup connaîtront la prison et les camps de la mort.

La non-épuration en France. Avec Annie Lacroix-Riz à la Librairie Tropiques.


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17.09.2019

Dès 1943 et jusque dans les années 1950, les élites impliquées dans la Collaboration ont cherché à se "recycler". Y a-t-il vraiment eu, en France, une politique d'épuration ?
Annie Lacroix-Riz se pose cette question dans son dernier ouvrage La non-épuration en France (Armand Colin, 2019) dans lequel elle démontre que l'épuration criminalisée ayant suivi la Libération (femmes tondues, cours martiales, exécutions) a cherché à camoufler la non-épuration, aussi bien de la part des ministères de l'Intérieur et de la Justice que de celle des milieux financiers, de la magistrature, des journalistes, des hommes politiques, voire de l'Eglise. De nombreux anciens collaborateurs ont ainsi bénéficié de "grands protecteurs". Le poids des Etats-Unis a également participé de cette non-épuration.
Annie Lacroix-Riz nous livre sa version des faits basée sur les archives et prend le contrepied des ouvrages d'histoire de l'épuration parus ces vingt dernières années, selon elle aussi unanimes que fantaisistes, se concentrant exclusivement sur l'épuration (dite) sauvage, systématiquement confondue avec celle de la Résistance armée.