Bookmakers. Avec Pierre Michon sur Arte Radio.


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06.2024

Né en 1945 dans un hameau de la Creuse, Pierre Michon se voit parfois comme "le dernier écrivain du XIXe siècle". En 1984, il publie ses fameuses Vies minuscules aujourd'hui considéré comme un classique, départ d'une œuvre exigeante constituée d'une douzaine de livres brefs portés par son goût des histoires en costumes, où sont peints les malheurs de Van Gogh (Vie de Joseph Roulin) ou les "infimes effets" du génie de Rimbaud (Rimbaud le fils).
Pierre Michon a longtemps cru aux muses qui, depuis l'Antiquité, soufflent aux artistes le vent de l'inspiration. Mais ces divinités lui furent capricieuses. Écrire l'a longtemps "épuisé". À chaque fois, il a eu le sentiment de "jouer sa peau", terrorisé que son "don" puisse disparaître. "Le roi vient quand il veut", dit-il : c'est l'image-titre de son brillant recueil d'entretiens sur la littérature (Albin Michel, 2007), le roi personnifiant ici le talent ou plutôt "la Grâce". Pour lui, l'écrivain qui bataille tous les jours avec ses personnages, qui s'arrache les cheveux à faire tenir un dialogue, "désacralise la relation à l'écriture", réduite à devenir "aussi ordinaire et triviale que dormir, se nourrir ou pisser".
Du haut de ses 79 ans, le maître, qu'une maladie respiratoire a grandement éprouvé, vit étonemment plus serein, au cœur du Limousin. Dans le ciel et sur la terre, les muses s’amusent.

Un entretien mené par Richard Gaitet.

Jean Giono, le déserteur du réel. Avec Michèle Gazier, Sylvie Durbet-Giono, Jacques Mény, Christian Morzewski, Pierre Michon, Pierre Magnard et André Reynaud sur France Culture.


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04.09.2008

Tel Ulysse, Giono est un rusé, un menteur colossal, un tragique à peine déguisé. Voyageur immobile ancré à Manosque, passé maître dans l'art de la fiction, il fera du roman son royaume.
En lisant et en écrivant, il s'est nourri du sang de la littérature, de toute la littérature, du polar à Faulkner. Très tôt reconnu par la critique et par le public, Giono a connu les vicissitudes de l'homme qui dit non... aux fascistes, aux communistes, aux petits bourgeois. Eloigné des coteries parisiennes et réfractaire à tout pittoresque régionaliste, Giono afficha un goût constant pour le cinéma, un goût très sûr qui le mènera derrière la caméra, suscitant l'admiration de Renoir, Truffaut et Godard.
Observateur implacable de la condition humaine, Giono s'impose comme le chantre de l'utopie et de la communion qui lie l'homme à la nature. Travailleur acharné épris de liberté, Giono exalte l'héroïsme de l'individu confronté à sa propre solitude.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par François Caunac.