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Philosophe et universitaire spécialisé dans les études décoloniales et la pensée noire, Norman Ajari publie Technofascisme, Le nouveau visage de la suprématie blanche (Éditions Météores, 2026), dans lequel il souligne la dimension foncièrement raciste, suprémaciste et profondément inégalitaire du projet politique des milliardaires de la tech américaine et du pouvoir trumpien.
Selon lui, toutes les grandes entreprises fonctionnent comme des dictatures, l'État doit fonctionner comme une entreprise, donc l'État doit fonctionner comme une dictature, privatisant ainsi le pouvoir régalien. Leur discours n'est plus comme au XXe siècle un discours de séduction des masses : c'est au contraire un discours qui prône l'insurrection des élites contre des peuples considérés comme de méprisables troupeaux d'ignorants.
Ce transfert de souveraineté vers les entreprises marque l'effondrement du néolibéralisme concurrentiel au profit d'un capitalisme de monopole illustrant l'impérialisme décrit par Lénine.
Mais alors : que faire ? Comment résister au technofascisme ? Comment socialiser les entreprises ? Comment redonner aux travailleurs le pouvoir dans les structures qui sont aujourd'hui les vrais lieux du gouvernement ?
- 0'00'00 : Introduction et présentation de Norman Ajari
- 0'02'25 : La critique "professorale" de l'IA ne suffit plus
- 0'06'36 : Contre l'IA, attaquons ceux qui la produisent
- 0'08'42 : Qu'est-ce que le technofascisme ?
- 0'11'14 : Une nouvelle "hyperclasse" plus puissante que des États
- 0'14'04 : Peter Thiel, le cerveau caché d’extrême droite de la Silicon Valley
- 0'17'14 : Airbnb et Uber : des entreprises en "mission" contre les États
- 0'21'17 : L'archéofuturisme : alliance de la technologie et des hiérarchies antiques
- 0'27'12 : Une répartition inégalitaire de l'avenir
- 0'28'20 : Transhumanisme : créer littéralement une race supérieure
- 0'30'30 : L'hyperstition : quand la science-fiction devient réelle
- 0'32'30 : Contre le "technoféodalisme", penser l'impérialisme de Lénine
- 0'34'25 : Palantir : le logiciel qui planifie des "chaînes de meurtre"
- 0'37'58 : La DGSI, le NHS... vos données chez les technofascistes
- 0'40'11 : L'arme logicielle succédera à l'arme atomique
- 0'41'47 : Un fascisme sans besoin de vote ni de peuple
- 0'44'34 : L'entreprise fonctionne comme une dictature
- 0'45'02 : Faire plier Musk : le sabotage qui a fait dévisser Tesla
- 0'48'57 : Les data centers, usines géantes à cibler
- 0'50'42 : "Colossus" à Memphis : pollution et contradictions locales
- 0'53'27 : Warren Buffett "La guerre des classes existe, et c'est nous qui la gagnons"
- 0'54'52 : Huey P. Newton et l'intercommunalisme contre les multinationales
- 0'57'12 : Pourquoi Palantir s'appelle Palantir ?
- 1'00'44 : Habermas, ou comment le libéralisme fait le lit du fascisme
- 1'02'40 : Transhumanisme et eugénisme : le vrai projet
- 1'03'31 : La "mafia PayPal" a grandi sous l'Apartheid
- 1'06'01 : Trump, Musk, et le "fascisme de dérision"
- 1'09'59 : Devenir un monopole par vous même
- 1'12'47 : La décennie enchantée (2000-2010) et la panne de l'innovation
- 1'17'01 : On nous ment sur les guerres, et ça ne choque plus
- 1'19'13 : Face à la Chine, la fuite en avant technofasciste


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Au cours des années 2010 et 2020, aux États-Unis, une nouvelle contre-culture de droite radicale s'est développée sur internet. Ses figures centrales, comme Curtis Yarvin ou Nick Land, écrivent le plus souvent sous pseudonymes, sur des blogs et sur les réseaux sociaux. Ils ont donné à ce mouvement son nom, la "néoréaction", ou encore les "Lumières sombres".
Les idées qu'ils défendent sont à la fois anciennes et hypermodernes : détruire la démocratie, établir une monarchie, diriger l'État comme une entreprise, rétablir les inégalités entre hommes et femmes, affirmer les différences entre patrimoines génétiques…
D'abord marginaux, ils ont peu à peu obtenu le soutien de certains milliardaires de la Silicon Valley, et leur audience n'a cessé de s'élargir depuis. Avec la victoire de Donald Trump en novembre 2024, ils estiment avoir désormais les mains libres pour faire de l'Amérique le laboratoire de leurs vœux les plus fous.
L'analyse d'Arnaud Miranda met en lumière l'originalité des néoréactionnaires tout en les inscrivant dans l'histoire longue des idées. Elle permet de prendre la mesure de ce qui pourrait bien, si nous n'y prenons garde, devenir notre futur.


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L'industrie de défense américaine est actuellement en train d'être redéfinie, avec de nouveaux acteurs comme Palantir et Anduril. Quelle est l'origine de cette mutation spectaculaire ? À quoi répond-elle et quelles en seront les conséquences pour l'Amérique en particulier et l'Occident en général ? Les États-Unis sont-ils en train de basculer vers une forme de "technofascisme" portée par la Silicon Valley et ses nouvelles figures de proue ?
Longtemps nourrie par l'héritage libertaire et contre-culturel du numérique, la Silicon Valley semble désormais assumer un tournant stratégique vers la défense, la sécurité et la puissance étatique. L'exploitation massive des données, leur mise en réseau et leur utilisation opérationnelle redéfinissent les rapports entre entreprises, gouvernements et conflits contemporains. Ce sujet illustre les tensions entre l'universalisme comme idéologie, et les concepts géopolitique de puissance et de souveraineté.
Ce "retour du réel", incarné par la montée des rivalités entre grandes puissances et la fin d'une certaine naïveté occidentale, remet au centre du jeu les problèmatiques stratégiques et l'innovation militaire comme conditions de survie. Entre fascination et inquiétude, assistons-nous à une réelle dérive autoritaire ou s'agit-il d'une adaptation nécessaire à un monde redevenu conflictuel ?


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Le monde observe la mutation politique des États-Unis sans en comprendre la racine idéologique. Derrière l'ascension de figures comme JD Vance ou l'omniprésence de Peter Thiel, se cache un courant radical : la néoréaction (NRx), également appelée "les Lumières Sombres". Ce mouvement, théorisé par Curtis Yarvin et Nick Land, rejette frontalement l'héritage démocratique occidental.
Le constat de départ est brutal. Pour ces idéologues, la démocratie libérale est un système inefficace qu'ils surnomment La Cathédrale. Ils ne cherchent plus seulement à réduire l'État, comme le voulaient les libertariens classiques. Leur stratégie a basculé du contournement vers le retournement : prendre le contrôle du sommet pour transformer la nation en une corporation privée performante.
Cette vision s'incarne déjà dans des outils de puissance technologique sans précédent. L'entreprise Palantir Technologies, spécialisée dans le Big Data et l'intelligence artificielle pour le renseignement, semble être le bras armé de cette doctrine. Selon toute vraisemblance, il ne s'agit plus de politique traditionnelle, mais d'une tentative de remplacer le citoyen par un client au sein d'une monarchie capitaliste.
Quel est le véritable calendrier de cette élite techno-conservatrice ? Comment la pensée de Curtis Yarvin a-t-elle pu infiltrer le cercle restreint de la Maison-Blanche ? Sommes-nous en train de vivre la fin programmée du modèle républicain au profit d'une gestion algorithmique du monde ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'08 : Les origines libertariennes
- 0'30'28 : La critique de la démocratie moderne
- 0'41'08 : Les trois courants néoréactionnaires
- 1'00'07 : Le bioléninisme selon Spandrel
- 1'17'36 : Palantir : les fonctions de l'État
- 1'36'10 : Conclusion
Un entretien mené par Raphaël Besliu.


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Née sur le web au tournant des années 2010, la néoréaction (NRx) est désormais une galaxie intellectuelle aussi influente que méconnue. Cette pensée s'est structurée contre l'échec perçu du néoconservatisme de l'ère Bush pour infuser aujourd'hui le "Trumpisme 2.0", incarné par des figures comme JD Vance.
Arnaud Miranda distingue trois piliers fondamentaux de la droite : les conservateurs (préservation), les libéraux (réforme) et les réactionnaires (rupture). La singularité des néoréactionnaires réside dans leur rejet total de la démocratie, considérée comme une illusion métaphysique inefficace. Il souligne l'importance de la "Cathédrale", concept néoréactionnaire désignant le bloc médiatico-académique qui maintiendrait le consensus progressiste. Pour la renverser, ces penseurs utilisent le "passivisme" : une infiltration des élites plutôt qu'une mobilisation des masses.
- 0'00'00 : Présentation du travail d'Arnaud Miranda
- 0'01'16 : L'importance de prendre les idées politiques au sérieux
- 0'04'45 : Typologie des penseurs : de l'académie à la tech
- 0'07'35 : Conservateurs, réactionnaires et libéraux : les distinctions
- 0'16'00 : Les racines du libertarianisme américain
- 0'21'10 : Néoconservateurs vs Paléoconservateurs : le point de rupture
- 0'26'00 : Alt-right, néoréaction et post-libéralisme
- 0'33'50 : Curtis Yarvin et le concept de formalisme
- 0'44'50 : La "Cathédrale" et la stratégie du passivisme
- 0'56'50 : Nick Land et l'accélérationnisme technocapitaliste
- 1'05'50 : Peter Thiel : promoteur et financeur du mouvement
- 1'15'00 : Quelles réponses pour les démocraties ?
Un entretien mené par Pierre Coutelle.


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La néoréaction (NRx) est un mouvement intellectuel né sur internet et porté par des figures comme Curtis Yarvin et Nick Land. Entre critiques acerbes du système politique moderne, visions futuristes de sociétés décentralisées (patchwork states) et réflexions sur l'intelligence artificielle, ces idées provocantes interrogent les fondements de nos démocraties et proposent des alternatives radicales.
Bien que discutées au plus au somment de la deuxième administration Trump, elles sont parfois en tension avec des approchent plus conservatrice, identitaires ou religieuses.
C'est avec un ton à la fois érudit et accessible que sont abordées des sujets comme la "Cathédrale" idéologique, les limites de l'État-providence ou encore les dilemmes éthiques de l'IA.
Entre science-fiction et analyse politique, une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la technologie et à l'avenir des sociétés occidentales.
Émission "Libre echange".


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Ce portrait explore le parcours hors norme d'un homme qui, des échecs à la finance en passant par la création de PayPal et Palantir, a l'ambition de façonner l'ère numérique avec une vision à la fois libertarienne et élitiste. Son histoire – de son enfant en Afrique du Sud à s fascination pour les "niveaux de lecture" inspirés de Leo Strauss en passant une pratique des échecs à haut niveau – révèle un esprit aussi brillant que controversé, oscillant entre décentralisation du web et maîtrise technocratique.Au cœur des paradoxes : Thiel défie les catégories, alliant soutien à la crypto et collaboration avec les agences gouvernementales, tout en critiquant la "Cathédrale" médiatique. Son approche, entre patchwork politique et précrime algorithmique, interroge : et si la liberté naissait d'une élite éclairée ?
Une plongée dans les rouages d'un monde où la tech, entre utopie et dystopie, redéfinit le pouvoir.


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C'est en compagnie de Stefou Xenomancie qu'est étudié en profondeur le courant intellectuel souterrain mais influent des lumières sombres, un mouvement qui remet radicalement en question les fondements de la modernité politique. Inspiré par le penseur Nick Land, théoricien d'une technocratie élitiste, le débat s'articule autour d'une critique acerbe de la démocratie, de l'égalitarisme et du progressisme. Ce courant prône un retour à des structures sociales hiérarchisées, tout en intégrant les avancées technologiques pour façonner un futur où l'efficacité prime sur les idéaux humanistes. Entre rejet des utopies égalitaires et fascination pour un capitalisme débridé, ces idées interrogent : une société gouvernée par une élite technoscientifique est-elle viable, voire souhaitable ?
L'échange aborde également des thèmes connexes comme la providence technocapitaliste, où le marché et l'intelligence artificielle sont perçus comme des forces quasi divines de sélection sociale, ou encore la guerre hybride, où les conflits futurs se joueront autant sur les champs de bataille que dans les réseaux numériques. Des références à la gnose, à la double prédestination calviniste ou aux mythes faustiens viennent éclairer cette vision d'un monde où le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns, tandis que la masse, dépossédée de son autonomie, n'est plus qu'un rouage d'un système dépassant l'entendement humain. Entre dystopie et prophétie, cette discussion invite à décrypter les dérives possibles d'un futur où technologie, pouvoir et spiritualité s'entremêlent de manière troublante.