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La guerre provient-elle du fond des âges, voire de notre héritage biologique, ou est-elle apparue à un stade déterminé de l’évolution des sociétés ?
De cette question, l'anthropologue Christophe Darmangeat et le préhistorien spécialiste de l'art rupestre et des mythologies Jean-Loïc Le Quellec en discutent en marge d'un colloque précisément consacré à ce sujet, organisé par la Société historique française à l'Université Toulouse Jean-Jaurès.


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Il n'est pas de société humaine qui n'ait soulevé la question de ses origines. Notre propre culture ne fait pas exception. Mieux : elle se singularise par la pluralité des discours d'origine qui y circulent.
Véritable originologie, l'enquête de Pascal Nouvel identifie quatre types de discours d'origine : les discours mythiques (comme la Genèse) ; les discours rationnels (de Thalès à Auguste Comte) ; les discours scientifiques (Big bang, origine de la vie, origine de l'homme, etc.) ; et, enfin, les discours phénoménologiques (qui mobilisent, dans le sillage de Husserl, la notion d'" originaire "). Sont ainsi examinées les diverses façons par lesquelles il nous est donné de parler de ce qui fût avant toutes choses.
Thèse dans la thèse, il est montré que c'est la biologie qui a ouvert la voie à la physique pour l'élaboration de discours d'origine de type scientifique et non l'inverse. Il nous invite à l'analyse détaillée de ces discours et des rapports multiples, de légitimation ou de délégitimation, qu'ils entretiennent entre eux, y compris dans leurs dimensions éthiques, sociales et politiques.
Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.


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Le prodige de l'origine des langues ne se réitère pas seulement devant nous chaque fois qu'un enfant commence à parler : il se réitère en nous et par nous chaque fois que nous prenons la parole, que nous répondons à une question posée ou que nous nous mettons à écrire. Cette liberté que nous découvrons chez les nouveaux-parlants ne nous est pas étrangère ; c'est elle qui nous porte depuis longtemps, nous les vieux-parlants. Mais si familière soit-elle, elle nous échappe en partie à nous-mêmes.
Quelle leçon faut-il tirer de tout cela ? A coup sûr, il importe de renoncer aux rêveries historiques ou poétiques sur la "langue originaire" et d'accepter que nous nous situions "au milieu de l'histoire". Mais cela n'implique pas qu'on doive renoncer à toute forme de sensibilité à la question de l'origine. Même si on doit renoncer à expliquer "le mystère de la formation des langues", il peut y avoir, au milieu même de l'histoire, un "prodige de l'origine". Il y a des événements qui sont à la fois seconds par rapport à une origine antérieure et qui, tout en étant des recommencements, sont aussi de vrais commencements absolus.
Une conférence du séminaire "Formes symboliques" organisée par le laboratoire "Linguistique, Anthropologique, Sociolinguistique" de l'équipe de recherche de l'Institut Marcel Mauss.


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Y a-t-il une vérité certaine ? L'intelligence humaine peut-elle savoir ce qui est vrai ou faux ? Questions essentielles auxquelles cette série de cours a l'ambition de répondre en retournant aux vérités philosophiques fondamentales qui sont les principes directeurs de la vie individuelle. Il y a, en effet, contrairement à ce que pensent beaucoup de nos contemporains, des certitudes obtenues par l'expérience et le raisonnement et dont les conclusions peuvent être admises et comprises par tous.
Issu de dizaines d'années de pratique, cet enseignement suit un plan pédagogique en abordant la question de l'être, de l'objet de la connaissance et des limites de l'intelligence, des moyens d'action de l'homme et enfin des êtres immatériels, de la conscience et de l'existence de Dieu et de ce que nous pouvons connaître de lui sans faire appel à la révélation.
Jean Daujat n'écarte pas non plus le statut des vérités révélées. En effet, même la foi a besoin de l'intelligence. Elle présuppose que l'intelligence humaine qui va adhérer aux vérités révélées en les croyant vraies est une faculté de connaissance qui sait discerner le vrai du faux et reconnaître la vérité avec certitude.


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Au cours des siècles où le monde romain entre en crise et où commencent à résonner ces langues que l'Europe parle encore, la culture européenne médite l'épisode biblique de la confusio linguarum et tente de guérir la blessure de la Tour de Babel en essayant de récupérer la Langue adamique, ou de la reconstruire comme Langue parfaite.
Beaucoup se sont consacrés à ce rêve et, bien que leurs utopies ne se soient pas réalisées, elles ont produit des "effets collatéraux". C'est pour cette raison que si nous connaissons aujourd'hui le monde naturel à travers des taxinomies rigoureuses, si nous inventons des langages pour les machines, si nous tentons des expériences de traduction automatique, nous sommes encore débiteurs de ces tentatives de retrouver une langue adamique...


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La notion d'origine mêle des considérations temporelles à des ambitions explicatives, trimbalant son ambiguïté entre deux idées par ailleurs limpides : d'une part, celle de commencement, qui répond à la question "quand ?" ; d'autre part, celle de cause, qui répond à la question "pourquoi ?".
Prenons l'origine du monde, qui est sans doute -et de loin- la plus délicate à saisir de toutes les origines. Elle demeure assurément un mystère, une question sans réponse connaissable, car sans point d'ancrage ferme. Pourtant, dès qu'un discours prétend nous éclairer sur elle, nous tendons l'oreille, avides d'entendre l'écho du tout premier signal. Car nous autres, les humains, nous sommes des "animaux métaphysiques", comme disait Schopenhauer, les seuls qui s'interrogent sur l'être en tant qu'être, les seuls pour qui l'être fasse question.
D'ailleurs, aussi loin qu'on puisse remonter dans le passé, on constate que les interrogations sur l'origine ont préoccupé les êtres humains, aimanté leur esprit et leur âme. Toutes les sociétés, grandes ou petites, puissantes ou faibles, perdues sur un îlot rocheux ou dans un désert inhospitalier, ont proposé une "histoire du monde", "leur" histoire du monde et de son origine.
Les philosophes, les psychanalystes, les psychologues, les théologiens n'ont pas manqué de s'intéresser au pourquoi de ce questionnement : l'origine serait -au choix- une quête sans fin prévisible, le moteur même de notre questionnement, un manque qui nous habite, une carence qui nous définit, une illusion qui nous sauve, ou encore, plus prosaïquement, un faux problème qui nous turlupine bigrement.
Mais en amont de ces analyses, il reste un fait brut : la variété et la richesse des récits sur l'origine que les anthropologues ont rapportés des quatre coins de la planète sont impressionnantes. Dès lors, la question qui se pose est celle-ci : est-il possible de classer ces discours en un petit nombre de familles ? Si oui, combien ? Et lesquelles ?
Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.


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Imaginons que nous montions au grenier pour explorer les vieux cartons où sont rangées nos archives familiales : qu'aimerions trouver ? Des vieux journaux, souvenirs d'événement remarquables : Combat du 8 mai 1945, quand l'Allemagne nazie capitule... Un autre journal de septembre 1939 qui annonce que la guerre est déclarée. En fouillant encore, nous allons peut-être trouver la correspondance d'un poilu, puis un diplôme de la Légion d'honneur signé par Napoléon, un testament olographe de Louis XIV, une charte médiévale, des papyrus antiques et des tablettes cunéiformes. Pourtant, bien souvent, nous trouvons seulement de vieilles factures, quelques cahiers d'écolier et la notice d'utilisation d'un robot de cuisine.
Hitler lui aussi a exploré les archives et il a demandé à ses archéologues de fouiller, mais ce qu'ils ont trouvé dans le sous-sol allemand n'a pas convenu aux nazis. Alors ils sont partis à travers le monde pour piller les civilisations afin de se construire la leur !
D'où la question que nous nous posons : dans quelle mesure l'idéologie nazie peut-elle être définie comme un ensemble d'emprunts à différentes civilisations ? C'est ce à quoi répondent Johan Chapoutot et Laurent Olivier en interrogeant le rôle de l'archéologie et de l'histoire comme instruments de propagande.
Émission "Le Cours de l'histoire", animée par Xavier Mauduit.


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Comment certains singes pratiquent-ils une chasse organisée et une sorte de transfert de viande avec ses alliés ? Et pourquoi manger de la viande, pour des primates essentiellement végétariens au départ ? Quels enseignements peut-on tirer de ces comportements de prédation pour appréhender la transition entre le monde des primates non humains et les hommes eux-mêmes, dans les temps les plus reculés de nos origines ? Comment les homininés et les carnivores ont-ils co-évolué ? Quand et comment Homo Sapiens a-t-il commencé à exploiter le milieu aquatique ? Et quelle est l'influence des comportements de chasse et de prédation sur les groupes humains ou les structures familiales de nos lointains ancêtres préhistoriques ?
Le professeur et paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin nous entraîne dans une grande exploration de la prédation et de la chasse chez les homininés où l'on trouve le genre homo et des formes disparues, et que l'on distingue des hominidés, rassemblant tous les grands singes, y compris nos lointains cousins, les chimpanzés, les orang-outans et les gorilles.