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Pourquoi les Églises et les chrétiens ont-ils tant tardé à se mobiliser en faveur de l'abolition de l’esclavage ? Et comment a-t-on pu si longtemps s'accommoder de cette insoutenable contradiction associant une religion prônant l'amour de son prochain avec la réalité de pratiques esclavagistes attentatoires à la dignité humaine, parfois justifiées par des alibis religieux, voire génératrices de profits pour l'institution ecclésiastique ? À ce premier discours très critique en répond un second présentant l'histoire du christianisme comme celle d'une lente, nécessaire et logique maturation de l'idée abolitionniste, en quelque sorte contenue en germe dans son esprit.
Aucune de ces explications univoques ne peut rendre compte d'une relation aussi complexe. Antique, médiéval, moderne ou contemporain, l'esclavage se recompose en effet en permanence, jouant un rôle plus ou moins important selon les époques, et touchant des populations différentes. Le christianisme, aussi, se recompose sans cesse. Et les débats se multiplient, s'enchevêtrent, se recombinent. Paul pense que le chrétien doit se faire esclave de Dieu pour se libérer du péché. Pendant des siècles on s'évertue à protéger de l'abjuration les chrétiens esclaves de non-coreligionnaires, tout en admettant qu'un chrétien puisse être esclave d'un frère en foi. La question concerne également l'Autre, musulman, Indien d'Amérique, Africain. Théologiens, institutions, simples chrétiens se questionnent, s'affrontent parfois. Aux fausses certitudes de certains répondent les doutes et l'engagement d'autres. Au XVe siècle, cela en est fini de l'esclavage des chrétiens par des chrétiens. Au siècle suivant, l'esclavage des Indiens est officiellement aboli dans l'Amérique espagnole, avant que ne se pose la question de celui des Africains.
Émission "Les Racines du présent", animée par Frédéric Mounier.


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Depuis une vingtaine dʹannées, Olivier Grenouilleau remonte le temps et traverse lʹespace pour porter son regard sur la question des abolitions, de la traite négrière et de lʹesclavage. Car si lʹesclavage a "toujours" existé, il nʹest jamais allé de soi, mais il a fallu attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir des individus sʹélever afin non plus de le réformer ou de lʹhumaniser, mais de lʹabolir.
Dans son ouvrage La révolution abolitionniste, il montre le caractère à la fois profondément révolutionnaire et réformateur du projet abolitionniste et retrace des combats solitaires qui ont ouvert la voie à un phénomène global inaugurant une liste ininterrompue de conquêtes au nom des doits de lʹhomme.
Émission "Sous les pavés", animée par Anik Schuin.


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Omniprésente, l'obsession pour le "vivre-ensemble" n'exprime plus qu'une inconsistance intellectuelle et politique lénifiante.
Au travers d'exemples récents tirés des champs philosophique, sociologique, historique et littéraire, l'essayiste Paul-François Paoli nous montre comment cette idéologie implose en faisant la promotion de la censure et niant la liberté d'expression, condition nécessaire à l'exercice démocratique et à la pratique scientifique.


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Du Nouveau Testament aux philosophes de la Renaissance et jusqu'aux économistes du début du XXe siècle, Olivier Pétré-Grenouilleau retrace plus de deux mille ans de discours contradictoires sur la légitimité du marché et dessine en même temps l'histoire du capitalisme.
De quoi alimenter le débat sur ce que peuvent et doivent faire les gouvernements à une époque où l’économie mondialisée semble imposer à tous sa loi – ou son absence de loi.


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Une série d'émission pour faire le point sur la thématique de l'Empire, l'une des 3 grandes formes politiques que l'histoire a sécrétées.
De grands historiens comme Henry Laurens, Gilles Veinstein ou Olivier Pétré-Grenouilleau s'interrogent sur la naissance et la chute de telles structures de pouvoir, ainsi que sur l'organisation concrète que les différents exemples historiques nous enseignent.


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Peut-on enfin aborder les sujets de l'esclage et de la traite négrière de manière historique ? Que s'est-il réellement passé sur le continent africain ? Qui est responsable de la déportation et de l'exploitation de millions d'êtres humains réduits en esclavage ?
Et quel rapport la France doit-elle entretenir face à cette mémoire ?