Réflexions sur la peine de mort. Avec Jean-Louis Harouel au Cercle Aristote.


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02.03.2020

On présente aujourd'hui l'abolition de la peine de mort comme un progrès majeur de civilisation. En est-il vraiment ainsi ? S'inscrivant en faux contre la vulgate ambiante, Jean-Louis Harouel propose une autre lecture. iconoclaste et originale.
Il montre que, contrairement aux apparences - et à ce que bien des gens croient sincèrement -, la phobie de la peine de mort qui caractérise aujourd'hui l'Europe occidentale ne procède pas du "Tu ne tueras pas de la Bible", mais est un des effets d'une religion séculière ayant pris le relais du communisme comme projet universel de salut terrestre, "la religion des droits de l'homme". Or celle-ci est la continuatrice de vieilles hérésies oubliées qui manifestaient une grande désinvolture à l'égard de la vie des innocents, tout en professant un amour préférentiel envers les criminels, considérés comme d'innocentes victimes.
Là se trouve la source de l'humanitarisme anti-pénal qui a fait triompher l'abolition de la peine de mort, laquelle, même très peu appliquée, constituait la clé de voûte d'un système pénal fondé sur l'idée de responsabilité. Au lieu de quoi, la suppression de la peine capitale a frayé la voie à une perversion de la justice - l'imposture de la perpétuité de vingt ans ! - au profit des criminels et au détriment de la sécurité des innocents.

Les procès faits aux animaux (XIIIe-XVIIe siècle). Avec Michel Pastoureau aux Archives départementales de la Vienne.


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09.04.2019

Cochons dévoreurs de nouveaux-nés condamnés à l'étranglement, sangsues sommées par la justice de ne plus s'en prendre aux poissons... Du XIIIe au XVIIIe siècle, les bêtes de ferme et autres insectes nuisibles pouvaient être envoyés devant des tribunaux, et jugés à l'aide de toute une rhétorique constituée de citations latines et d'allusions à caractère historique.
Excommunications, exorcismes publics, condamnations à mort, jugements par contumace... ces histoires nous semblent aujourd'hui tellement stupéfiantes, qu'elles sont longtemps passées pour être imaginaires.
L'historien Michel Pastoureau nous fait revivre quelques-uns des plus étonnants procès d'animaux du Moyen Âge : bienvenue dans une époque où l'on attendait des bêtes, membres à part entière de "la communauté de Dieu", qu'elles respectent les mêmes devoirs que les humains.

La justice est-elle instrumentalisée ? Avec Régis de Castelnau au Cercle Res Communa.


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17.01.2020

Avocat honoraire et animateur du blog "Vu du Droit", Régis de Castelnau pense que la justice française est non seulement instrumentalisée, mais qu'elle l'a également acceptée. Et ceci se vérifie avec la répression de masse contre les Gilets jaunes, les poursuites contre François Fillon, contre Marine Le Pen, contre Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu'avec la protection dont bénéficient les amis de monsieur Macron.
Cette collusion entre l'appareil judiciaire et le pouvoir exécutif pose un problème réel pour l'exercice des libertés fondamentales garanties par la constitution. Saurons-nous le comprendre... et le régler ?

Terrorismes, histoire et droit. Avec Henry Laurens sur Canal Académie.


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11.07.2010

Comment définir un phénomène aussi insaisissable que le terrorisme ? Quelle est sa nature, son histoire et son avenir ? Défini comme un crime, il n'en demeure pas moins un concept flou dont les définitions sont extrêmement variables selon les époques, les histoires nationales et le droit.
Cette entretien, en établissant une typologie des terrorismes, fait le point sur les connaissances des violences polymorphes qui sont rassemblées sous ce vocable.

Guerilla 2 : le temps des Barbares. Avec Laurent Obertone au Cercle Aristote.


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25.11.2019

Du sang, des armes et des larmes. Bienvenue au bout de la guerre totale.
Après Guerilla, le journaliste et écrivain Laurent Obertone revient avec un deuxième opus, où ceux qui étaient encore il y a peu des citoyens ne sont plus que de simple créatures humaines privées de tout, isolées dans leur méfiance et prêtes à tuer pour un bidon d'essence dans un environnement où l'Etat et les règles n'existent plus.
Une œuvre de fer, assourdissante et crépusculaire, au réalisme sans précédent, dont les hypothèses de travail reposent sur des informations de première main, provenant du renseignement, des forces spéciales et de témoignages directs de victimes de guerres civiles.

Le travail n'est pas une marchandise. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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22.05.2019

Ce n'est ni en défaisant l'État social ni en s'efforçant de le restaurer comme un monument historique que l'on trouvera une issue à la crise sociale et écologique. C'est en repensant son architecture à la lumière du monde tel qu'il est et tel que nous voudrions qu'il soit. Et, aujourd’hui comme hier, la clé de voûte sera le statut accordé au travail.
Face à la faillite morale, sociale, écologique et financière du néolibéralisme, l'horizon du travail au XXIe siècle est celui de son émancipation du règne exclusif de la marchandise. Comme le montre le cas du travail de recherche, les statuts professionnels qui ont résisté à la dynamique du Marché total ne sont donc pas les fossiles d'un monde appelé à disparaître, mais bien plutôt les germes d'un régime de travail réellement humain, qui fasse place au sens et au contenu du travail – c'est-à-dire à l'accomplissement d'une œuvre.

Parlons travail : 1919, naissance du BIT. Avec Alain Supiot sur France Inter.


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08.07.2019

Par deux fois, à l'issue de chacune des deux guerres mondiales, un sursaut s'est produit dans les consciences. En 1919, en parallèle avec la Société des Nations, est créée à Genève une Organisation Internationale du Travail. Sans justice sociale, affirme-t-elle, pas de paix durable.
L'OIT est la seule institution du système des lendemains de la Première Guerre à avoir survécu à la Deuxième. Exilée outre-Atlantique entre 1940 et 1945, elle publie, dès le printemps 1944, avant même la création de l'ONU, une Déclaration de Philadelphie qui reprend les questions posées à sa création. Qu'est-ce qu'un régime de travail réellement humain ? Et comment peut-il s'établir à travers le monde si telle ou telle nation ne veut pas le prendre en compte ?
A l'époque du travail taylorisé, le périmètre des régulations possibles portait surtout sur le montant des salaires, le temps de travail, les accidents du travail on encore les libertés syndicales. A notre époque, les terrains qui nécessitent intervention sont beaucoup plus mouvants. Après la révolution cybernétique et numérique, la main d'œuvre devient cerveau d'œuvre : on attend que, réagissant aux multiples signaux qui lui sont envoyés, elle atteigne des objectifs chiffrés. Nous sommes au temps de la gouvernance par les nombres. Et aussi du Marché total qui engage les individus dans une compétition sans fin.
Le travailleur en réseau de l'ère numérique n'a souvent d'autre ressource que de se mettre sous la protection du plus fort en s'assurant des services du plus faible. Hommage et servage. Ce n'est pas que nous  soyons retournés au Moyen Age mais les structures féodales reviennent en force.
Le droit du travail est plus que jamais nécessaire pour conjurer la puissance mortifère de l'anarcho-capitalisme.

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Lire au travers de Rawls : enquête sur la réception d'un philosophe américain en France. Avec Mathieu Hauchecorne sur France Culture.


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06.04.2019

Si certains s’en servent pour caler des armoires, les livres sont avant tout écrits et publiés pour être lus. Ils peuvent toutefois s'avérer précieux à d'autres fins. Servir en particulier de prisme au travers desquels mieux percevoir certains phénomènes.
Lire au travers c'est précisément ce qu'a fait Mathieu Hauchecorne avec un livre devenu récemment un classique, la Théorie de la justice du philosophe américain John Rawls. Lire au travers de la version française plus exactement, celle qui a paru en 1987 aux éditions du Seuil, soit seize ans après sa publication en langue originale.
Si Mathieu Hauchecorne a pris le parti de se servir ainsi de Rawls, c'est pour faire apparaître, à travers la réception de son œuvre en France, certaines caractéristiques du monde intellectuel de notre pays entre les années 1960 et aujourd'hui, et par là proposer une autre manière, sociale et politique, d'écrire l'histoire des idées.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.