De la Révolution à l'Histoire. Avec Jean-Yves Pranchère et Frédéric Brahami aux Facultés Loyola Paris.


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20.04.2017

L'Histoire a-t-elle perdu son sens ? Les grandes philosophies de l'histoire, qui cherchaient à y discerner une raison ou une finalité, semblent aujourd'hui contestées. Une approche originale propose d'aborder cette question à travers l'événement fondateur de la Révolution française, et plus particulièrement son aspect le plus déroutant : la Terreur. Plutôt que d'y voir un simple projet ou une étape téléologique, il s'agit de la considérer comme une oeuvre accomplie, dont l'énigme persiste.
Pour les penseurs du XIXe siècle – qu'ils soient contre-révolutionnaires (comme Bonald ou Maistre) ou défenseurs des idéaux révolutionnaires (comme Saint-Simon, Leroux, Michelet ou Quinet) –, la Révolution marque une rupture absolue. Inutile d'en chercher les causes lointaines dans des théories préparatoires : c'est dans ses effets, ses résonances et ses recompositions sociales qu'elle révèle sa portée philosophique. Elle redéfinit les liens entre religion, pouvoir, conscience individuelle et collective, tout en faisant émerger le Peuple comme nouveau sujet de l'Histoire.
Cette réflexion écarte toute dialectique spéculative ou matérialiste qui réduirait l'Histoire à un schéma préétabli. Elle met en lumière une scène politique et philosophique où se nouent, de manière inédite, les éléments d'un monde en mutation. La Révolution y conserve son caractère énigmatique, sans être instrumentalisée comme preuve d'une philosophie de l'Histoire préconçue.

Les droits de l'homme en question. Avec Jean-Yves Pranchère à la Villa Gillet.


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22.11.2017

Dénonciation du narcissisme de l'individu épris de ses seuls droits, crainte d'une spirale de revendications infinie, rappel des exigences de la communauté familiale, sociale ou politique : la "religion des droits de l'homme" suscite de plus en plus ouvertement la contestation. En témoigne le succès de l'accusation de "droit-de-l'hommisme" destinée à fustiger l'oubli des contraintes de l'action politique.
Ces attaques ne reflètent-elles que la constance, sous des formes voilées, de la pensée antidémocratique ? Si certaines émanent de catholiques conservateurs ou des tenants d'une nouvelle hypothèse communiste, elles sont toutefois aussi menées par des auteurs qui, de Marcel Gauchet à Régis Debray ou Jean-Claude Michéa, se réclament du républicanisme ou de la démocratie.
En comprenant leur généalogie, il s'agit ici de questionner la place des droits de l'homme dans l'Europe du XXIe siècle.

Les anti-Lumières. Avec Robert Legros, Didier Masseau, Camille Riquier et Jean-Yves Pranchère sur France Culture.


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04.2017

Quels ont été les arguments développés à la fin du XVIIIe siècle pour combattre l'esprit des Lumières ? Qui les a portés et pourquoi ?
Dans un premier temps, Robert Legros se penche sur le romantisme qui fut une véritable révolution philosophique résidant dans le refus de l'universalisme, de l'humanisme abstrait et de l'autonomie individuelle, mais portant aussi une attention nouvelle au sensible et au corps.
La croyance est-elle opposée à la vérité, s'interroge ensuite Didier Masseau ? Les philosophes cherchent-ils à connaître ou à convaincre le plus grand monde ?
Camille Riquier poursuit l'exploration en nous invitant à étudier la richesse de la pensée de Péguy, lui dont la "conviction totale imposait le respect", selon Gide.
Enfin, c'est à un étonnant voyage chez les antirévolutionnaires en compagnie de Jean-Yves Pranchère que nous sommes conviés.
Retour, donc, sur les fondements philosophiques des critiques des illusions du progrès et de la célébration de la tradition par ces ceux qui rejetaient la Raison universelle et préféraient parier "sur l'obscurité comme force d'éclaircissement" (Annie Le Brun).