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Pour l'essentiel, Alexandre Kojève (1902-1968) reste une figure fascinante et méconnue de l'histoire de ce siècle.
Que savait-on, en effet, de son destin aventureux ? Que savait-on de ce Russe d'origine qui devint à l'Ecole pratique des hautes études un illustre professeur dont Bataille, Queneau, Aron, Lacan ou Léo Strauss suivaient admirativement les cours ? Quel fut, enfin, le vrai visage de ce sage hégélien qui, croyant venu "l'Etat final", choisit de se métamorphoser en haut fonctionnaire avant de mourir, à Bruxelles, pendant une réunion du Marché commun ?
L'occasion de ressusciter le destin et la légende de cet homme d'exception et de réaliser à quel point son oeuvre, éparse et inachevée, nous permet d'entendre la rumeur violente d'une époque que Kojève voulut penser et vivre à travers quelques questions : qu'en est-il vraiment de cette "fin de l'Histoire" dont certains analystes invoquent toujours l'actualité ? A partir de quand un philosophe peut-il se prendre pour le confident de la Providence ? A-t-il le droit, sans faillir à sa mission, de devenir le conseiller des princes ?
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Jean Daive.Émission "Une vie, une œuvre", produite par Jean Daive.


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Paul Valéry est né à Sète, ville qu'il immortalisera avec son célèbre poème Le Cimetière marin, dans lequel il comparait la mer à un "toit tranquille, où marchent les colombes / Entre les pins palpite, entre les tombes…"
C’est dans ce "cimetière marin" de Sète qu'il repose aujourd'hui, après avoir été l'un des derniers poètes français à connaître des funérailles nationales - c'était à la demande de Charles de Gaulle - quelques semaines après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Parce qu'il multipliait les discours, préfaces et oraisons funèbres, l'auteur de Monsieur Teste était raillé, de son vivant, comme le Bossuet de la IIIe République. Aujourd'hui encore il demeure prisonnier d'une image d'homme de lettres en faux-col, froid, intellectualiste et mondain.
Et c'est pourtant un Valéry sensuel et paradoxalement moderne que nous découvrons ici...
Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Christine Lecerf.
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Prophète, poète, auteur de théâtre d'avant-garde, mystique, comédien, drogué, interné, Antonin Artaud est d'abord un grand écrivain, "né de ses œuvres", et un penseur. Son œuvre, si souvent occultée par le personnage Artaud dont les comportements bizarres, la folie et la dégradation physique spectaculaire à la fin de sa vie fascinent, est comme rejeté de sa vie, ce qui rappelle cette étrange soirée donnée par ses amis à son bénéfice, à laquelle il fut interdit d'entrée. Ce soir là, il rôda seul autour d'un théâtre rempli en son honneur...
Ici, l'on ne parle pas de sa folie, ni de son besoin de drogue, ni de sa théorie sur le théâtre. Si la légende enténèbre l'œuvre, la rendant parfois incompréhensible, Artaud est-il illisible pour autant ?
Par-delà la littérature, par la voix, le cri, le chantonnement, la présence physique, le dessin, son écriture est une traversée du corps qui l'a conduit à aller au delà du verbe. Car Antonin Artaud tente en permanence de dépasser sa souffrance.
À deux reprises, il partit voyager, au Mexique et en Irlande, dans une quête mystique complexe. Il fut interné à son retour d'Irlande en 1937 jusqu'en 1946, deux ans avant sa mort.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Marion Thiba et Jean Couturier.