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Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.
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L'extrême droite a construit un imaginaire, une esthétique de la réaction à travers une importante tradition littéraire et artistique depuis la révolution française. Encore aujourd'hui, les formes modernes, politiques ou culturelles de la réaction sont imprégnées de cette longue et diverse tradition.
Isabelle d'Artagnan et Vincent Berthelier décortiquent les différents points saillants de cet univers de l'imaginaire de l'extrême droite, de son esthétique, à la fois de ce qu'on peut en dire du point de vue de l'observateur extérieur, de celui du militant antifasciste mais aussi comme elle se voit elle-même.
Il s'agit notamment de revenir sur les traditions littéraires de l'extrême droite à travers son rapport au style, à l'écriture, à la forme roman elle-même, et de s'intéresser aux thèmes récurrents de cet imaginaire.


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Ces dernières années ont mis au centre de l'attention la question de notre rapport à la nature dans un monde néolibéral. Des néoruraux à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la tension entre une nature vue tantôt comme élément réactionnaire, tantôt comme élément révolutionnaire est au cœur de tous les débats.
Le romantisme, mouvement culturel et artistique majeur apparu au XIXe siècle, a posé les bases d'une vision du monde et de la nature toujours très présente. Et alors qu'ils souvent été considérés comme tenants d'un mouvement bourgeois et réactionnaire, les romantiques ont porté les germes d'une critique radicale du capitalisme et d'une pensée proprement écologiste.
Michael Löwy nous invite à redécouvrir les romantiques, leur pensée, leur vision du monde… pour nous aider à penser les grands défis de notre siècle !