Pourquoi personne ne contrôle plus rien ? Avec Olivier Rey sur Crépuscule.


(0)
538 Vues
0 commentaire
01.2025

Mathématicien et philosophe, Olivier Rey analyse dans ses essais le rôle crucial de la taille dans la dynamique des sociétés humaines, jusqu'aux éventuels effondrements qui peuvent s'en suivre. Il explore également les limites du progrès technique et les dérives d’une humanité dépassée par ses propres créations technologiques.
Dans cet entretien, il nous offre des pistes de réflexion pour comprendre pourquoi l'humanité est arrivée à un point critique de son évolution, notamment en raison de sa capacité d'innovation technique, et nous invite à changer de trajectoire pour nous en remettre à d'autres formes de sagesse.
Un point de vue indispensable pour saisir les enjeux de notre époque et les limites d'une modernité démesurée.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'00'56 : Les ressorts de la crise politique actuelle
 - 0'08'55 : L'absence de sens dans la société de consommation
 - 0'10'39 : L'humanité face au franchissement des seuils
 - 0'29'21 : Le règne des mathématiques
 - 0'37'05 : Du silex à la centrale nucléaire, l'homme écrasé par la technique
 - 0'44'00 : Quand la technologie devient contreproductive
 - 0'49'45 : La faillite de la politique face au devenir technique du monde
 - 0'56'53 : Tik Tok et la revanche de la Chine
 - 1'05'00 : La facture écologique et énergétique de la technologie
 - 1'07'44 : L'impasse de la géoingénierie
 - 1'12'15 : Tainter et la fragilité des sociétés complexes
 - 1'14'19 : Misère du transhumanisme
 - 1'23'08 : Renoncer à la démesure

Un entretien mené par Thomas Arrighi.

Dits et non-dits du management. Avec Baptiste Rappin et Thierry Beinstingel pour le tiers-lieu culturel Dans le ventre de la baleine.


(0)
856 Vues
0 commentaire
30.04.2022

Les logiques de gestion des organisations du travail comprennent, notamment, des stratégies discursives qui ont pour fonction de favoriser l'adhésion des travailleurs aux dites valeurs de l'entreprise. Il s'agit, surtout, à travers la novlangue managériale qui est un des leviers importants des rapports de pouvoir, de faire croire que la collaboration peut être fluide dans une logique d'efficacité confondue avec l'efficience purement économique.
Il incombe surtout au régime managérial la tâche d'empêcher la conflictualisation dans les rapports de travail (dominants/dominés, prescripteurs/exécutans) et de laisser se reporter le conflit à un niveau plus horizontal en isolant, responsabilisant et divisant les acteurs de la production. Un des enjeux de cette stratégie est que la productivité individualisée élevée attendue par l'exigence de compétitivité qu'impose l'idéologie neolibérale ne puisse pas être ralentie par des revendications collectives.

Sommaire :
 - 0'00'00 : Présentation
 - 0'12'07 : De quoi le vrai, le bien et le beau sont-ils le nom au XXIe siècle et comment cela se traduit-il dans le monde du travail ?
 - 0'43'27 : Quelles sont les conditions et enjeux de la coopération dans les organisations du travail ?
 - 1'20'02 : Le discours managérial semble difficile à contrer et semble convaincre à large échelle : pourquoi et quelles sont les alternatives face à la novlangue ?

Un été avec Homère. Avec Sylvain Tesson sur France Inter.


(0)
2059 Vues
0 commentaire
2018

L'Iliade et l'Odyssée d'Homère nous est ici contée par l'aventurier Sylvain Tesson. Un voyage entre la mythologie et le monde d'aujourd'hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.
L'Iliade est le récit de la guerre de Troie. L'Odyssée raconte le retour d'Ulysse en son royaume d'Ithaque. L'un décrit la guerre, l'autre la restauration de l'ordre. Tous deux dessinent les contours de la condition humaine. À Troie, c'est la ruée des masses enragées, manipulées par les dieux. Dans l'Odyssée on découvre Ulysse, circulant entre les îles, et découvrant soudain la possibilité d'échapper à la prédestination. Entre les deux poèmes se joue ainsi une très violente oscillation : malédiction de la guerre ici, possibilité d'une île là-bas, temps des héros de côté-là, aventure intérieure de ce côté-ci.
Ces textes ont cristallisé des mythes qui se répandaient par le truchement des aèdes dans les populations des royaumes mycéniens et de la Grèce archaïque il y a 2500 ans. Ils nous semblent étranges, parfois monstrueux. Ils sont peuplés de créatures hideuses, de magiciennes belles comme la mort, d'armées en déroute, d'amis intransigeants, d'épouses sacrificielles et de guerriers furieux. Les tempêtes se lèvent, les murailles s'écroulent, les dieux font l'amour, les reines sanglotent, les soldats sèchent leurs larmes sur des tuniques en sang, les hommes s'étripent et une scène tendre interrompt le massacre pour nous rappeler que les caresses arrêtent la vengeance.
Préparons nous : nous passerons des fleuves et des champs de bataille, nous serons jetés dans la mêlée, conviés à l'assemblée des dieux, nous essuierons des tempêtes et des averses de lumière, nous serons nimbés de brumes, pénétrerons dans des alcôves, visiterons des îles, prendrons pied sur des récifs. Parfois, des hommes mordront la poussière, à mort. D'autres seront sauvés. Toujours les dieux veilleront. Et toujours le soleil ruissellera et révèlera la beauté mêlée à la tragédie. Des hommes se démèneront pour mener leurs entreprises mais derrière chacun d'eux, un dieu veillera et jouera son jeu. L'Homme sera-t-il libre de ses choix ou devra-t-il obéir à son destin ? Est-il un pauvre pion ou une créature souveraine ?
Les poèmes auront pour décor des îles, des caps et des royaumes dont un géographe, Victor Bérard, effectua dans les années 1920 une très précise localisation. La Mare Nostrum est ce haut lieu d'où a jailli l'une des sources de notre Europe, qui est la fille d'Athènes autant que de Jérusalem.
Mais une question nous taraude. D'où viennent exactement ces chants, surgis des profondeurs, explosant dans l'éternité ? Et pourquoi conservent-ils à nos oreilles cette incomparable familiarité ? Comment expliquer qu'un récit de 2500 ans d'âge, résonne à nos oreilles avec un lustre neuf, un pétillement aussi frais que le ressac d'une calanque ? Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits pas plus tard qu'aujourd'hui, par un très vieux poète à la jeunesse immortelle, pour nous apprendre de quoi seront fait nos lendemains ? En termes moins lyriques (Homère est le seul maître en la matière) d'où provient la fraîcheur de ce texte ? Pourquoi ces dieux et ces héros semblent malgré la terreur qu'ils inspirent et le mystère qui les nimbe, des êtres si amicaux ?

Qu'est-ce que l'Hubris ? Avec Jean Clair et Jean-François Mattéi à Répliques sur France Culture.


(1)
2551 Vues
0 commentaire
16.06.2012

Le vingtième siècle aura été le siècle de la démesure. La démesure de la politique, la démesure de l'homme, ensuite, la démesure du monde et de sa représentation dans l'art, enfin.
Nietzsche avait clairement établi le diagnostic : "La mesure nous est étrangère, reconnaissons-le; notre démangeaison, c'est justement la démangeaison de l'infini, de l'immense." Le sens de la démesure semble être une fatalité...
Au travers de la tentation de la raison d'abolir toute limite, de remettre en cause la finitude humaine, la démesure témoigne du tragique de notre condition.

La méditerranée en partage. Avec Jean-François Mattéi et Yves Paccalet au Forum Universitaire De l'Ouest Parisien.


(0)
2129 Vues
0 commentaire
06.10.2009

La Méditerranée, notre Mer, la Thalassa des Grecs, la Mare nostrum des Latins, berceau de nos civilisations et de nos cultures.
Aucune des civilisations qui entourent la Méditerranée ne fut et n’est étrangère aux autres. Nous autres Méditerranéens avons un horizon commun et sans doute, un projet à imaginer ensemble !
Pour aborder cette thématique, deux amoureux de la Méditerranée, et par là même, attentifs et inquiets.

 1. L’héritage de la Grèce, par Jean-François Mattéi.
Dans un souci de comprendre la crise du monde occidental, Jean-François Mattéï interroge la culture commune à tout l’espace méditerranéen : la Grèce.
L’oubli de la notion de mesure, chère aux Grecs, ne serait-il pas un des facteurs de cette crise ?

 2. La quête de l'Atlantide, par Yves Paccalet.
En cherchant cette île engloutie dont il rêve depuis son enfance, Yves Paccalet plonge (dans tous les sens du terme) dans cette Méditerranée qui reste une merveille du monde et dont dépend notre avenir.
Et si la légende de l’Atlantide, née sous la plume de Platon, devenait le cauchemar de notre futur ?

Le devenir de la culture européenne. Avec Jean-François Mattéi aux Entretiens d'Issy.


(0)
1786 Vues
0 commentaire
13.05.2013

Des plus grands penseurs du siècle passé jusqu’à ceux d’aujourd’hui, ils ont été nombreux tout au long de l’histoire à se préoccuper de l’extinction de la culture européenne. Pourquoi une telle inquiétude ?
Caractérisée par le regard qu’elle porte sur le monde, l’Europe ne serait-elle pas victime de sa critique, ou plus précisément de son autocritique ?
À l’heure de la globalisation, alors que le modèle européen traverse une crise sociale et morale, chacun cherche à se distinguer, refusant l’identité commune au nom de la diversité.
Jean-François Mattéi apporte son éclairage sur ce qu’est devenue et ce qu’il pourrait advenir de la culture européenne.

L'Odyssée du philosophe : d'Ulysse à Dédale. De la répétition à la libération ? Avec Dominique Pagani au centre d'animation René Goscinny.


(0)
1871 Vues
0 commentaire
2017

Plutôt qu'une reconstitution linéaire de l'histoire de la philosophie, les interventions de Dominique Pagani portent surtout sur ce qui, à la faveur de la crise en cours, fait surgir la spécificité de l'interrogation philosophique en général, via ses concepts les plus récurrents.
La référence aux auteurs sert à illustrer les problématiques ainsi dégagées, autant que leurs effets transversaux dans les champs concernés : du poétique au politique, en passant par le religieux ou le scientifique.
Et alors que le séminaire en est à sa 3e année d'existence, l'intitulé de l'atelier, censé fixer le cap auquel il faut revenir par-delà chaque détour, subit une évolution. Celle-ci affecte moins son contenu que sa formulation : au lieu de la résonance historique du titre précédent ("Entre crise et guerre : philosopher ?"), il sera essayé d'affronter les mêmes périls selon une connotation plus mythologique...

Le délire occidental et ses effets actuels dans la vie quotidienne. Avec Dany-Robert Dufour à la Librairie Quilombo.


(0)
1460 Vues
0 commentaire
18.02.2015

Et si la raison occidentale était devenue délirante ? Si tel était le cas, alors il faudrait entreprendre séance tenante une "psychanalyse" de ce délire occidental.
Dany-Robert Dufour s'en donne les moyens. Il part de ce que Descartes proposait dans Le discours de la méthode, fondement de la raison moderne : que les hommes "se rendent comme maîtres et possesseurs de la nature". Un tournant dans l'aventure humaine qui a entraîné le développement progressif du machinisme et du productivisme, jusqu'à l'inflation technologique actuelle affirmée comme valeur suprême.
Si ce délire occidental fait aujourd'hui problème, c'est qu'il a gagné le monde (la mondialisation néolibérale qui exploite tout, hommes et environnement, à outrance) et qu'il est appelé, comme tout délire, à se fracasser contre le réel. D'une part, parce que la toute-puissance et l'illimitation des prétentions humaines qu'il contient ne peuvent que rencontrer l'obstacle : notre terre réagit déjà vigoureusement aux différents saccages en cours. D'autre part, parce que ce délire altère considérablement les trois sphères fondamentales de la vie humaine que sont le travail, le loisir et l'amour en les vidant de tout sens.
Mais tout n'est pas perdu : c'est à une nouvelle raison délivrée de ce délire que Dany-Robert Dufour en appelle pour une refondation de la civilisation occidentale, dont il esquisse les possibles contours.