Le premier âge du capitalisme. Avec Alain Bihr à l'Université Libre de Bruxelles.


(0)
111 Vues
0 commentaire
03.2020

L'essor contemporain des pays émergents, Chine en tête, oblige à réinterroger l'histoire du capitalisme. Et si la prééminence occidentale n'avait été qu'une parenthèse ? C'est la thèse qu'Alain Bihr développe dans ses travaux : si l'Europe a été le berceau du capitalisme, c'est d'abord à son emprise sur le reste du monde qu'elle le doit.
Il analyse en premier lieu l'expansion commerciale et coloniale amorcée au XVe siècle vers les Amériques, l'Afrique et l'Asie. Par le commerce forcé, l'échange inégal et l'esclavage, des continents entiers sont subordonés à la dynamique capitaliste européenne — non sans résistances. Alain Bihr s'intéresse ensuite la transition du féodalisme au capitalisme, dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles : émergence des marchés, proto-prolétariat, manufactures, mercantilisme, mais aussi Réforme, Renaissance, Lumières et naissance d'un individu autonome.
Enfin, il referme la boucle en cartographiant ce premier monde capitaliste, de son centre britannique vers ses marges. Les rivalités européennes, les semi-périphéries baltiques ou méditerranéennes, et les grandes puissances asiatiques y sont analysées avec précision — expliquant pourquoi le capitalisme n'a pu naître en Chine des Ming, tandis que le repli féodal du Japon préparait son fulgurant rattrapage Meiji.
Nourrie des acquis historiographiques les plus récents, son Premier âge du capitalisme en trois tomes allie rigueur analytique et souffle narratif.

Les sources médiévales de la pensée capitaliste. Avec Sylvain Piron à École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon.


(0)
176 Vues
0 commentaire
29.04.2021

Face à l'aggravation des crises environnementales qu'elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d'aveuglement. Elle est bercée de l'illusion que tout finira par s'arranger, grâce à la souplesse du marché, l'innovation technique et l'inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. 
Dans le but de défaire cette mythologie, Sylvain Piron cherche à en comprendre l'histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l'écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d'Ivan Illich permettent d'observer l'émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l'effet du tournant néo-libéral des années 1980.
 Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L'appétit de transformation du monde naturel par l'action humaine correspond à une pente générale de l'Occident dans la longue durée du second millénaire de l'ère chrétienne. C'est ce que l'on peut décrire comme une dynamique d'occupation du monde, au double sens d'une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.
Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d'une pensée de l'économie, leur philosophie morale peut aujourd'hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine. 
Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.
Sylvain Piron nous propose une interprétation globale du destin économique de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde.

L'Occupation du monde. Avec Sylvain Piron au Centre Alexandre-Koyré.


(0)
140 Vues
0 commentaire
15.06.2022

Face à l'aggravation des crises environnementales qu'elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d'aveuglement. Elle est bercée de l'illusion que tout finira par s'arranger, grâce à la souplesse du marché, l'innovation technique et l'inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. 
Dans le but de défaire cette mythologie, Sylvain Piron cherche à en comprendre l'histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l'écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d'Ivan Illich permettent d'observer l'émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l'effet du tournant néo-libéral des années 1980. 
Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L'appétit de transformation du monde naturel par l'action humaine correspond à une pente générale de l'Occident dans la longue durée du second millénaire de l'ère chrétienne. C'est ce que l'on peut décrire comme une dynamique d'occupation du monde, au double sens d'une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.
Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d'une pensée de l'économie, leur philosophie morale peut aujourd'hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine. 
Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.
Sylvain Piron nous propose une interprétation globale du destin économique de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde. 

Une intervention modérée par Catherine König-Pralong, agrémentée des contributions des deux discutants Emanuel Bertrand et Julie Brumberg-Chaumont.

La bataille de la Sécu : une histoire du système de santé. Avec Nicolas Da Silva à la Librairie Terra Nova.


(0)
208 Vues
0 commentaire
27.10.2022

Comment a-t-il été possible de construire la Sécurité sociale en 1946 dans un pays où la population dépendait de tickets de rationnement pour se nourrir alors qu'aujourd'hui nous ne serions pas capables de l'étendre dans un pays qui a rarement été aussi riche ? Nicolas Da Silva propose une histoire des transformations de la protection santé en France de 1789 à nos jours, à travers le prisme des conflits qui l'ont façonnée.
Au cours de la Révolution de 1789, alors que les débats sur la place de l'État et du capital dans la protection santé se déroulent dans des termes très contemporains, l'État refuse de procéder à des réformes d'envergure. Les mutuelles naissent alors comme forme d'auto-organisation malgré les interdits et la répression. Par crainte de leurs velléités révolutionnaires, l'État se réapproprie l'esprit des mutuelles par une série de loi à partir de 1852. C'est avec la Première Guerre mondiale que naît véritablement l'État social : la conduite et les conséquences de cette "guerre totale" renforcent le rôle de l'État dans la société, et son besoin de prendre soin comme de contrôler la population. L'État social en France n'est pas le produit de la bienveillance parlementaire mais celui de la guerre.
Après 1945, deux logiques en germe depuis un siècle s'affrontent directement : d'un côté, des militants cégétistes issus de la Résistance mettent en place en quelques mois un système de sécurité sociale autogéré par les intéressés, dans la tradition de la "Sociale" initiée par la Commune de Paris ; de l'autre, dès 1946, l'État cherche à mettre la main sur la "Sécu" contre le pouvoir populaire. Bientôt, il va modifier les principes de l'institution – de "chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins" à "chacun paye selon ses moyens et reçoit selon son niveau de risque".
Au gré des réformes, l'État social renforce un capitalisme politique où la proximité entre élites politiques et économiques impose des politiques souvent en contradiction avec les aspirations populaires. Si les dépenses de santé ne baissent pas, elles sont de plus en plus contraintes (nouvelle gestion publique) et changent de nature. Au nom de la lutte contre les déficits – c'est l'invention du "trou de la Sécu" –, la politique de ciblage des dépenses vers les plus pauvres et les plus malades ouvre un espace pour l'épanouissement des alliés politiques de l'État (médecine libérale, complémentaires santé) et pour le capital (cliniques, industrie pharmaceutique).
La pandémie a mis en lumière toute l'absurdité de ces évolutions et l'impérieuse nécessité à reprendre le pouvoir sur la sécurité sociale.

Une histoire du conflit politique : élections et inégalités sociales. Avec Julia Cagé et Thomas Piketty pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


(0)
509 Vues
0 commentaire
29.11.2023

Qui vote pour qui et pourquoi ? Comment la structure sociale des électorats des différents courants politiques en France a-t-elle évolué de 1789 à 2022 ? Grâce à un travail inédit de numérisation des données électorales et socio-économiques des 36'000 communes de France couvrant plus de deux siècles, Julia Cagé et Thomas Piketty proposent une histoire du vote et des inégalités à partir du laboratoire français et nous permettent de porter un regard neuf sur les crises du présent et leur possible dénouement.
La tripartition de la vie politique issue des élections de 2022, avec d'une part un bloc central regroupant un électorat socialement beaucoup plus favorisé que la moyenne – et réunissant d'après les sources ici rassemblées le vote le plus bourgeois de toute l'histoire de France –, et de l'autre des classes populaires urbaines et rurales divisées entre les deux autres blocs, ne peut être correctement analysée qu'en prenant le recul historique nécessaire. En particulier, ce n'est qu'en remontant à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à une époque où l'on observait des formes similaires de tripartition avant que la bipolarisation ne l'emporte pendant la majeure partie du siècle dernier, que l'on peut comprendre les tensions à l'œuvre aujourd'hui. La tripartition a toujours été instable alors que c'est la bipartition qui a permis le progrès économique et social. Comparer de façon minutieuse les différentes configurations permet de mieux envisager plusieurs trajectoires d'évolutions possibles pour les décennies à venir.

Du jardin d'Eden à aujourd'hui : le travail et les catholiques. Avec Jean-Marie Salamito sur Radio Courtoisie.


(0)
494 Vues
0 commentaire
09.05.2023

La Bonne Nouvelle n'est pas une théorie économique, et cependant, révélant Dieu, elle redécouvre plus profondément l'humain, jusque dans les conditions matérielles de son existence. Ainsi le christianisme, prêchant un Verbe fait charpentier, a-t-il transformé en profondeur la vision du travail héritée des Grecs et des Romains, et affirmé la dignité du manouvrier.
Au-delà d'une critique frontale des valeurs sociales, il s'est agi d' abord de manifester le besoin de tout homme d'être sauvé - l'aristocrate aussi bien que l'esclave - et de conduire, indirectement ou de surcroît, à une économie de la communion et de l'humilité.

Émission du "Libre Journal de la Réaction", animé par Philippe Mesnard.

Histoire des dettes et de leurs répudiations. Avec Eric Toussaint chez Les Amis du Monde diplomatique à Montpellier.


(0)
514 Vues
0 commentaire
05.11.2018

De l'Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l'Égypte, la dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation. Le recours à l'endettement extérieur et l'adoption du libre-échange constituent à partir du XIXe siècle un facteur fondamental de la mise sous tutelle d'économies entières par les puissances capitalistes. La Grèce des années 2010 est un exemple supplémentaire d'un pays et d'un peuple privés de liberté sous le prétexte de rembourser une dette illégitime.
Cette dictature de la dette n'est pas inéluctable. En deux siècles, plusieurs États ont annulé leurs dettes avec succès. Eric Toussaint analyse les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets. Il met en lumière et actualise la doctrine de la dette odieuse.

Le premier âge du capitalisme. Avec Alain Bihr au Café marxiste.


(0)
816 Vues
2 commentaires
03.02.2023

Sociologue et marxiste, Alain Bihr a principalement travaillé sur la justice sociale, les inégalités au sens large, l'extrême droite et le capitalisme.  
De 2018 à 2019, il publie Le Premier âge du capitalisme en 3 tomes, une œuvre titanesque de près de 3'300 pages, qui détaille l'histoire des origines du capitalisme.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'36 : Éléments décisifs chez Marx sur les origines du capitalisme
 - 0'32'04 : Tome 1 : L'expansion européenne
 - 0'45'08 : Tome 2 : La marche de l'Europe occidentale vers le capitalisme
 - 0'59'11 : Tome 3 : Un premier monde capitaliste
 - 1'11'20 : Comment lire cet ouvrage monstrueux ?