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Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore. Le travail qu'expose Eric Marty est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre.
Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, il est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées…
Il s'agit donc d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire.

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Dans son cours de 1978 sur Le Neutre, Barthes analyse avec son habituelle exactitude et une grande finesse les figures du Neutre. Délicatesse, réveil, androgyne ou scandale, les figures et images du Neutre exposent "l'actif du Neutre". Et nous comprenons que l'opposé de tout n'est pas l'extrême d'un autre extrême, mais le Neutre. Avec le style de Barthes et cette culture cordiale qui se méfie de ceux qui comprennent trop vite et qui préfère la latence de ce que laisse advenir le Neutre d'un moment.
Une conférence animée par Joël Ganault.


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La littérature ne serait-elle pas la meilleure voie pour entrer dans le discours si tortueux de Lacan, un discours qui se tient toujours aux marges de la Chose et ne touche au réel que par le détour des jeux de mots ? Elle serait justement la voie par laquelle les concepts lacaniens s'avèrent tributaires de l'imaginaire, d'une mythologie personnelle que Lacan doit, par exemple, à Sade, lorsqu'il fait s'originer son éthique dans une expérience du tragique qui reçoit le nom de "seconde mort".
L'écrivain Eric Marty de nous raconter Lacan en lecteur qui sait ne pas se laisser prendre au piège de la lettre...
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Imprévue et cependant régulière, toujours nouvelle et toujours intelligible, la mode n'a cessé d'intéresser les psychologues, les esthéticiens, les sociologues.
C'est pourtant d'un point de vue nouveau que Roland Barthes l'interroge : la saisissant à travers les descriptions de la presse, il dévoile en elle un système de significations et la soumet à une véritable analyse sémantique : comment les hommes font-ils du sens avec leur vêtement et leur parole ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Le langage n'est pas la langue, la langue n'est pas le discours, le discours est autre que la parole, la parole ne se réduit pas aux mots, les mots sont plus que des lettres, les lettres qui existent sans les sons, les sons qui ne forment pas toujours des phrases, les phrases qui ne constituent pas à elles-seules un langage.
Dans le langage, on tourne facilement en rond. Puisqu'en parler c'est déjà le solliciter. Comment alors lui tendre un miroir sans le déformer par notre subjectivité ?
Le langage est un pays dans lequel nous pouvons voyager, comme on arpente un terrain familier dont chaque recoin nous paraît, de plus près, étranger. Le langage, par définition, on n'y pense pas puisque c'est lui qui nous fait penser. Mais à le tenir pour acquis, hors de soi, immobile, il s'assèche, et fige la pensée dans des postures incapables de dire ce que nous voulons dire. C'est que le langage n'est pas à notre service. Il est un pouvoir, une tyrannie qui, même lorsqu'on en fait un jeu, s'impose à nous avec insolence, et parfois, humiliation. Essayez de le dompter, il montrera les crocs. Mieux vaut renoncer à toute domestication.
Comment alors se faire entendre dans ces mots qui ne sont pas les miens ? Et pourquoi Roland Barthes vit-il le langage comme une maladie ? Pourquoi la langue est-elle "fasciste", selon le mot du sémiologue ? En quoi consiste son pouvoir ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Le meurtre par Louis Althusser de sa femme Hélène Rytman le 16 novembre 1980 a-t-il marqué la fin d'une époque, symbole macabre ou conséquence ultime de l'anti-humanisme et du refus de la subjectivité, contradiction criante avec l'exemplarité qui devrait être celle de l'intellectuel communiste ? Mais a-t-il seulement été un événement, puisque Althusser, en pleine crise de confusion mentale, n'y était pas ?
Eric Marty revient sur une absence de procès qui a fourni la matière d'une œuvre, L'avenir dure longtemps, et nous raconte l'histoire d'un non-lieu qui n'en a peut-être pas fini de durer.
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? C'est la question fatidique que nous devons nous poser en constatant l'influence du divin marquis sur les grands auteurs et penseurs du siècle dernier.
Des auteurs comme Michel Foucault, Maurice Blanchot, Georges Bataille ou Pier Paolo Pasolini, pour n'en nommer que quelques uns, ont analysé l'oeuvre de Sade. La littérature contemporaine, la psychanalyse également prennent l'auteur Sade comme sujet d'étude : il ne laisse personne indifférent.
Retour sur celui par qui le scandale est nous seulement arrivé, mais perdure également.
Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.