La face sombre de la Libération et des débuts de la 4e République. Avec Eric Branca sur Radio Courtoisie.


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05.05.2024

Tombée dans un trou de mémoire, la IVe République n'est souvent connue que par sa crise finale qui déboucha sur l'avènement de la Ve. Ses débuts, dans le sillage de la Libération, constituent pourtant l'une des périodes les plus folles de l'histoire contemporaine. Comme le Directoire après la Terreur, elle vit s'édifier d'immenses fortunes sur le crime et la corruption. Des carrières fulgurantes se bâtir sur l'imposture avant de s'effondrer dans la honte. Et même d'anciens collaborateurs parvenir au sommet de la hiérarchie judiciaire... Grâce aux procès de l'épuration !
À tous les étages de la société, le travestissement est alors l'artifice le plus usité pour s'adapter aux temps nouveaux. De l'escroquerie consistant à s'inventer un passé de résistant jusqu'au cas – unique dans l'histoire parlementaire – d'un complice des nazis (Jacques Tacnet) parvenant à se faire élire député sous une fausse identité (Jacques Ducreux), en passant par l'invention de faux complots (le Plan bleu) et la dissimulation d'authentiques séditions (comme celle dite de la Pentecôte), rarement communauté ne se sera autant menti à elle-même ni chaque citoyen à son voisin avec une telle audace... Et pour tout dire, pareille impunité !
C'est cette histoire jamais racontée, reconstituée à partir d'archives oubliées ou non encore consultées (en particulier celles de Jacques Foccart) que retrace Eric Branca. À l'heure où la défiance revient en force dans le débat public et où l'accusation de mensonge est celle que les Français lancent le plus volontiers au visage des "princes qui [les] gouvernent" (Michel Debré), ressusciter cette période s'impose. Au-delà de contextes institutionnels, politiques, sociologiques, foncièrement différents, elle nous dit beaucoup de ce que deviennent les hommes de l'ombre dans les moments de transition. Lesquels sont aussi nécessairement des temps de confusion.

Émission du "Libre Journal des Amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour, sur France Inter.


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26.03.2024

Céline devient célèbre à 38 ans avec son premier livre paru en 1932, Le Voyage au bout de la nuit, qui raconte le voyage en Amérique d'un personnage indigné contre la civilisation matérielle du XXᵉ siècle. En 1936 paraît Mort à crédit qui rencontre le même succès, le livre raconte l'enfance du personnage de son premier ouvrage, se rappelant ses jeunes années. Mais, est-ce qu'on peut aimer un écrivain en oubliant quel homme il a été un moment, et en oubliant certains de ses livres ?
Les obsessions antisémites de Céline furent inouïes, au point que, quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, sa mort était devenue un sujet sensible. Cela dit, enterrer Louis-Ferdinand Céline fut aussi un soulagement. Un précurseur sans aucun doute, et un immense écrivain. Mais Céline fut aussi une fausse victime, une âme pathétique au service des passions tristes, un homme plus que gênant, un esprit venimeux.
En août 2021, 60 ans après sa mort, le spectre de Louis-Ferdinand Céline a resurgi des décombres. 6000 inédits, dont trois romans ont refait surface plus de 75 ans après leur mystérieuse disparition à Paris en août 1944. C'est sûrement l'une des découvertes les plus extraordinaires de l'histoire de la littérature en Europe. Si quelques zones d'ombre subsistent quant aux chemins empruntés par ces manuscrits inédits pour arriver jusqu'à nous, le véritable sujet est ailleurs.
Depuis le retour de Louis-Ferdinand Céline en librairie en mai 2022, le succès des ventes est immense et nous confronte à une interrogation : quelle place occupe le sulfureux écrivain dans notre mémoire collective ? Styliste de génie et esprit fracassé par les atrocités de la Première Guerre mondiale, Louis Destouches, alias Céline, n'en demeure pas moins un antisémite virulent et radical, raciste et pronazi patenté, qui a œuvré à la faillite morale et politique du régime de Vichy français. Céline, à lui tout seul, questionne la responsabilité de l'écrivain dans la société. Existe-t-il deux Céline, l'homme de lettres et l'homme de la cité ? Les deux sont-ils dissociables ?
Et si l'on aborde régulièrement Louis-Ferdinand Céline sous l'angle de la littérature, il convient ici de procéder un peu différemment en soumettant son destin au regard des historiens et en replaçant Louis Destouches dans le contexte de son époque afin d'essayer de comprendre ce qu'il incarne dans la société française d'hier et d'aujourd'hui.

Une série d'émissions proposée par Philippe Collin.

Les manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, sur France Inter.


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01.2023

À la Libération, Céline laissait dans sa fuite des milliers de pages. Les derniers qui les cherchaient avaient perdu espoir. Mais en 2020, 76 ans après, le trésor disparu du plus controversé des écrivains français a ressurgi du passé.

Une série documentaire de Romain Weber, réalisée par Yvon Croizier.

Les écrivains maudits. Avec Pierre Saint-Servant et Hector Burnouf sur Radio Courtoisie.


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26.03.2020

Les "maudits", ce sont les écrivains épurés à la Libération : Brasillach, Drieu la Rochelle, Rebatet, Céline, et plus d'une centaine d'autres, entraînés, plus ou moins consciemment, dans la grande fièvre politique des années 1930 et 1940.
Loin d'amener à remettre les choses en perspective, le temps qui s'est écoulé a au contraire favorisé la banalisation d'une imagerie manichéenne, où il n'y a plus que des (très) bons et des (très) méchants. Les opinions ont été transformées en délits, et une pensée unique veut imposer les limites d'un culturellement correct. Il existe une littérature immorale et des auteurs indécents, et leur traque est de salubrité publique.
C'est contre cette grande entreprise de la bêtise universelle, contre cet "esprit des listes noires" que nous devons nous dresser.
Sans sombrer dans la bêtise inverse, nous pouvons lire les livres des "maudits" pour ce qu'ils sont : des livres, bons ou mauvais.

Émission du "Libre des Littératures", animée par Jérôme Besnar.

Les manuscrits retrouvés de Céline. Avec Emile Brami sur France Inter.


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18.11.2021

60 ans après la mort de l'auteur de Voyage au bout de la nuit, des manuscrits mystérieusement disparus dans la confusion de la fin de la guerre ont refait surface. Reconnaissables aux pinces à linge avec lesquelles l'écrivain aimait faire sécher ses pages sur une modeste corde à linge, ces 6000 feuillets représentent une découverte sans équivalent dans l'histoire littéraire.
Pensez donc : un roman de 600 pages, Casse-pipe, qui vient enfin compléter la trilogie initialement composée de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit, deux romans qui ont fait la gloire de Céline. Mais aussi deux autres romans inédits, Londres et Guerre, qui traitent du séjour de Céline à Londres en 1915 et de la Première Guerre mondiale. A quoi il faut ajouter le manuscrit complet de Mort à crédit, des lettres de Céline, et bien d'autres textes encore...
Depuis le mois d'août 2021, et l'annonce de leur découverte, les Céliniens et le monde de l'édition française sont en émoi. Mais au-delà du contenu même de ces feuillets, c'est leur trajectoire qui donne à l'affaire toute sa couleur.
Jean-Pierre Thibaudat, ancien critique au journal Libération, pas du tout spécialiste de Céline, a révélé en être le gardien depuis que les descendants – à ce jour anonymes – de ceux qui les ont dérobé, en 1944, lui avait confiés cette manne littéraire, une quinzaine d'années plus tôt. Provoquant la colère des ayant-droits de Céline, et une bataille judiciaire autour de ce trésor de papier, d'une valeur estimée à plusieurs millions d'euros.

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

L'épuration littéraire 1944-1945. Avec Pierre Saint-Servant sur Radio Courtoisie.


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11.02.2020

Les "maudits", ce sont les écrivains épurés à la Libération : Brasillach, Drieu la Rochelle, Rebatet, Céline, et plus d'une centaine d'autres, entraînés, plus ou moins consciemment, dans la grande fièvre politique des années 1930 et 1940.
Loin d'amener à remettre les choses en perspective, le temps qui s'est écoulé a au contraire favorisé la banalisation d'une imagerie manichéenne, où il n'y a plus que des (très) bons et des (très) méchants. Les opinions ont été transformées en délits, et une pensée unique veut imposer les limites d'un culturellement correct. Il existe une littérature immorale et des auteurs indécents, et leur traque est de salubrité publique.
C'est contre cette grande entreprise de la bêtise universelle, contre cet "esprit des listes noires" que nous devons nous dresser.
Sans sombrer dans la bêtise inverse, nous pouvons lire les livres des "maudits" pour ce qu'ils sont : des livres, bons ou mauvais.

Émission du "Libre Journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

Éloge du sulfureux Henri Béraud. Avec Francis Bergeron sur Radio Libertés.


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30.05.2019

Alors que les éditions Dualpha viennent de rééditer, en un volume unique, trois pamphlets d'Henri Béraud (La croisade des longues figures, Faut-il réduire l'Angleterre en esclavage ? et Les Raisons d'un silence), l'occasion était parfaite pour revenir sur la vie et l'oeuvre du romancier et journaliste Henri Béraud en compagnie de Francis Bergeron, en qualité de président de l'Association des Amis d'Henri Béraud.
Souvenirs d'une époque où la chappe de plomb du "politiquement correct" n'étouffait pas encore les grands auteurs : une bouffée d'air salvatrice !

Émission "Synthèse", animée par Roland Hélie.

Louis-Ferdinand Céline, au fond de la nuit. Une grande traversée sur France Culture.


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07.2019

Louis-Ferdinand Céline demeure un hapax dans notre littérature et notre culture nationale. Plus de cinquante ans après sa mort, il hante et divise toujours les esprits. Il est ce créateur antisémite, cet artiste collaborationniste, qui a​ révolutionné la langue​ avec ​Voyage au bout de la nuit​ et mis sa plume au service de l'abjection ​dans ​Bagatelles pour un massacre. Céline emporte, dégoûte, fascine et scandalise.
En 2011, il est retiré de la liste des célébrations nationales. En 2017, le projet de publication de ses pamphlets chez Gallimard est suspendu. Entre le génie et le salaud, l'homme et son œuvre, où sont les frontières ? ​
Cette grande traversée propose d’aller jusqu'au fond de la nuit, là où comme Céline l'écrit "tout est trouble, équivoque, avant de verser dans le noir".

Une série documentaire produite par Christine Lecerf et réalisée par Franck Lilin.