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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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L'Histoire a-t-elle perdu son sens ? Les grandes philosophies de l'histoire, qui cherchaient à y discerner une raison ou une finalité, semblent aujourd'hui contestées. Une approche originale propose d'aborder cette question à travers l'événement fondateur de la Révolution française, et plus particulièrement son aspect le plus déroutant : la Terreur. Plutôt que d'y voir un simple projet ou une étape téléologique, il s'agit de la considérer comme une oeuvre accomplie, dont l'énigme persiste.
Pour les penseurs du XIXe siècle – qu'ils soient contre-révolutionnaires (comme Bonald ou Maistre) ou défenseurs des idéaux révolutionnaires (comme Saint-Simon, Leroux, Michelet ou Quinet) –, la Révolution marque une rupture absolue. Inutile d'en chercher les causes lointaines dans des théories préparatoires : c'est dans ses effets, ses résonances et ses recompositions sociales qu'elle révèle sa portée philosophique. Elle redéfinit les liens entre religion, pouvoir, conscience individuelle et collective, tout en faisant émerger le Peuple comme nouveau sujet de l'Histoire.
Cette réflexion écarte toute dialectique spéculative ou matérialiste qui réduirait l'Histoire à un schéma préétabli. Elle met en lumière une scène politique et philosophique où se nouent, de manière inédite, les éléments d'un monde en mutation. La Révolution y conserve son caractère énigmatique, sans être instrumentalisée comme preuve d'une philosophie de l'Histoire préconçue.


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De Joseph de Maistre à Edmund Burke, de Louis de Bonald à Antoine Blanc de Saint Bonnet, de l'Abbé Barruel à Juan Donoso Cortès, de l'école anti-libérale à l'école légitimiste ou nationaliste du XXie siècle, la pensée contre révolutionnaire n'a cessée d'influencer intellectuellement, philosophiquement la pensée politique française et européenne depuis 1789.
Antoine Dresse et Arnaud Naudin reviennent ici sur les origines, les spécificités et l'histoire de la pensée contre-révolutionnaire.
Émission "La Méridienne", animée par Wilsdorf, Jean-Louis Roumégace et Aglaonice.


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Longtemps caricaturées comme l'expression d'une réaction aveugle condamnée par l'Histoire, les idées de la Contre-Révolution n'ont jamais vraiment disparu et retrouvent même aujourd'hui une incontestable actualité.
Royaliste de l'Action Française, l'homme d'immense culture qu'est Pierre de Meuse revient pour nous, en détails, sur ce courant Contre-Révolutionnaire.
- 0'00'27 : première définition de la "contre-révolution" en tant que doctrine
- 0'02'32 : la contre-révolution se confond-t-elle avec la réaction et le conservatisme.
- 0'04'33 : contre-révolution et monarchisme
- 0'06'26 : à quand remonte la pensée contre-révolutionnaire ?
- 0'13'03 : contre-révolution et Révolution française
- 0'18'35 : chouannerie et guerres de Vendée
- 0'21'16 : la "contre-révolution ne sera pas une révolution contraire, mais le contraire de la révolution" disait Joseph de Maistre. Que voulait-il dire ?
- 0'27'32 : qui était Louis de Bonald ?
- 0'31'29 : qui était François Dominique de Reynaud de Montlosier ?
- 0'35'00 : qui était l'abbé Barruel ?
- 0'38'22 : qu'est-ce que le "providentialisme" ?
- 0'44'28 : qui était Edmund Burke ?
- 0'50'51 : comment expliquer le fait que Burke a soutenu la Révolution américaine ?
- 0'52'40 : contre-révolution et libéralisme
- 0'55'24 : contre-révolution et socialisme
- 0'58'16 : contre-révolution et capitalisme
- 1'00'30 : l'Eglise catholique face à la Révolution française
- 1'05'18 : Maurras est un auteur contre-révolutionnaire ?
- 1'09'42 : Carl Schmitt, Ernst Jünger et Friedrich Nietzsche sont-ils des auteurs contre-révolutionnaires ?
- 1'14'10 : les régimes de Franco et de Salazar furent-ils contre-révolutionnaires ?
- 1'21'58 : le régime de Vichy fut-il contre-révolutionnaire ?
- 1'25'58 : De Gaulle est-il une figure contre-révolutionnaire ?
- 1'28'41 : le fascisme est-il contre-révolutionnaire ?
- 1'33'37 : d'Annunzio, Evola et Guénon ?
- 1'37'32 : sur le plan des moyens, la contre-révolution ne doit-elle pas être révolutionnaire pour pouvoir renverser l'ordre initié en 1789 ?


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Quels ont été les arguments développés à la fin du XVIIIe siècle pour combattre l'esprit des Lumières ? Qui les a portés et pourquoi ?
Dans un premier temps, Robert Legros se penche sur le romantisme qui fut une véritable révolution philosophique résidant dans le refus de l'universalisme, de l'humanisme abstrait et de l'autonomie individuelle, mais portant aussi une attention nouvelle au sensible et au corps.
La croyance est-elle opposée à la vérité, s'interroge ensuite Didier Masseau ? Les philosophes cherchent-ils à connaître ou à convaincre le plus grand monde ?
Camille Riquier poursuit l'exploration en nous invitant à étudier la richesse de la pensée de Péguy, lui dont la "conviction totale imposait le respect", selon Gide.
Enfin, c'est à un étonnant voyage chez les antirévolutionnaires en compagnie de Jean-Yves Pranchère que nous sommes conviés.
Retour, donc, sur les fondements philosophiques des critiques des illusions du progrès et de la célébration de la tradition par ces ceux qui rejetaient la Raison universelle et préféraient parier "sur l'obscurité comme force d'éclaircissement" (Annie Le Brun).


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A Chou En Laï, le premier ministre de Mao, on demandait : "La Révolution française a-t-elle été une réussite ?" Il répondait : "C'est trop tôt pour le savoir, l'histoire le dira."
Effectivement, au XXIème siècle -et en Chine particulièrement-, on croit beaucoup moins qu'avant à l'efficacité des révolutions pour changer le monde. L'homme échoue quand il cherche à introduire brutalement une nouvelle temporalité.
Les français, accoutumés à voir en leur Révolution la ligne de partage essentielle, en sont troublés. Quelle part de légitimité faut-il accepter de redonner à la culture contre-révolutionnaire, qui infuse à bas bruit dans notre société ? Dans l'uniformité gelée du répertoire politique contemporain, peut-elle jouer un rôle fécond ?
Émission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.