Critique du capitalisme numérique. Avec Cédric Durand à l'Institut La Boétie.


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2024

Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
 1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
 2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
 3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.

Les enjeux économiques de la pollinisation. Avec Yann Moulier-Boutang invité par l’Union nationale de l’apiculture française.


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26.09.2012

Dans la première partie de la conférence, Yann Moulier-Boutang s'attache à expliquer le concept d'externalité (délaissé par la "science économique" contemporaine). Il utilise pour cela l'exemple des abeilles et leur rôle décisif au sein de l’environnement, grâce à leur précieuse activité de pollinisation.
La deuxième partie est consacrée à l'exposition des mutations du capitalisme, principalement par l’entrée dans l’économie numérique, et interprétée sous l'angle de la "pollinisation".

L'économie immatérielle. Avec René Passet à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou.


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14.01.2013

D’abord dominée par des logiques mécaniste puis énergétique, l’économie est à présent soumise à des forces motrices qui se situent dans le champ de l’immatériel.
Doit-on alors parler de crise -d’un problème à régler pour rétablir une normalité momentanément rompue- ou d’une mutation, c’est-à-dire d’une nouvelle normalité à laquelle on doit durablement s’adapter ? Les principales approches de l’économie qui, à chaque fois, se sont déployées à la suite d'une mutation sont-elles encore pertinentes ?
L’enjeu est considérable : il ne s’agit pas de revenir aux équilibres du passé, mais de construire -et pour cela de comprendre- le monde de l’avenir.

Le capitalisme cognitif, la nouvelle grande transformation industrielle. Avec Yann Moulier-Boutang à la Librairie Mollat.


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04.02.2009

Après le capitalisme marchand et le capitalisme industriel, voici que s'ouvre une troisième ère, celle du capitalisme de l'apprentissage et de l'innovation.
Notre époque n'est assurément pas celle d'une transition vers le socialisme. L'ironie de l'histoire est que, si transition il y a, comme nous le pensons, il s'agit d'une transition vers un nouveau type de capitalisme. De ce point de vue, le socialisme et la gauche semblent en retard d'une révolution. La "mondialisation" actuelle correspond en effet à l'émergence, depuis 1975, d'un troisième type de capitalisme. Celui-ci n'a plus grand chose à voir avec le capitalisme industriel qui, à sa naissance (1750-1820), rompit avec le capitalisme mercantiliste et esclavagiste.
L'objectif de cette conférence est de décrire et d'expliquer de façon claire et accessible les caractéristiques de ce troisième âge du capitalisme.