Le triomphe du vampire, un mythe toujours réinventé. Avec Claude Lecouteux sur France Culture.


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26.09.2009

La mode est aux vampires mais la croyance en ces créatures imaginaires remonte à loin. Issu de faits étranges déformés par l'imagination populaire, le vampire - est-il nécessaire de le rappeler ? - est un défunt qui, à la faveur de la nuit, revêtant parfois une forme animale, s'échappe de son tombeau pour sucer le sang des vivants, seule "nourriture" à son goût.
On date la naissance du personnage du vampire en 1732 en Serbie suite aux décès inexpliqués d'une quinzaine de personnes. Depuis lors, la figure du vampire n'a cessé d'évoluer, reflétant les grandes tendances de son époque : à chaque période de crise, son vampire comme exutoire. On peut projeter sur lui tous les fantasmes possibles.
La littérature gothique du début du XIXe siècle va reprendre le personnage du vampire comme dans les romans de John William Polidori ou Sheridan Le Fanu, qui met en scène un vampire féminin, avant de s'épanouir à la fin du XIXe siècle, dans le très célèbre et romantique Dracula de Bram Stoker, fondateur du mythe moderne du vampire. Il a puisé dans un fonds commun de croyances à toute l'Europe et monté ensemble des éléments disparates qu'on n'avait encore jamais reliés. Il a ainsi su donner une cohérence à son personnage de Dracula.
Jusqu'à nos jours le mythe du vampire a connu d'innombrables versions littéraires et cinématographiques. C'est un univers où on tue les morts, dans le cas des vampires à l'aide d'un pieu, nous explique Claude Lecouteux. Le vampire a remplacé les sorcières dans l'imaginaire, on trouve d'ailleurs des similitudes étonnantes entre les deux. La figure vampirique a maintenant évolué vers de la grande vulgarisation, c'est même devenu un sujet récréatif à travers des série télévisées.
Claude Lecouteux, en historien des mentalités, explique en quoi le vampire, avatar du revenant, est bien le reflet de son époque.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.