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En matière de littérature, dit-on, les conservateurs révolutionnent et les révolutionnaires conservent. La droite ferait passer le style avant toute chose.
Ce discours remplit historiquement une fonction politique. Il se solidifie après-guerre, chez des Hussards soucieux de minimiser l'engagement vichyste ou hitlérien de la droite littéraire et de réhabiliter leurs aînés en les présentant comme des stylistes.
Plus largement, en étudiant un large corpus d'auteurs de droite et d'extrême droite, Vincent Berthelier invite à repenser les rapports entre style, langue et politique.
Une intervention modérée par Cédric Passard.


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Le conflit récent sur les retraites a suscité un intérêt inhabituel du public pour une institution liée à la Constitution de la Vème République : le Conseil constitutionnel. Dans d'autres pays (États-Unis, Israël, Pologne…), on voit aussi que le rôle de la Cour suprême est loin d'être anodin, d'où les luttes importantes qui se cristallisent autour de ce type d'instance.
Qu'en est-il du fonctionnement effectif du Conseil constitutionnel en France ? Que peut-on attendre de cette institution ? Si certains y voient le symbole même du "gouvernement des juges", non-élus, d'autres y voient l'un des garants de la démocratie et de l'État de droit.Est-ce une illusion ?
Une conférence modérée par Christian Louboutin.


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L'essor de l'industrialisation au XIXe siècle a été associé à la présence des machines et aux innovations technologiques. Mais la révolution industrielle est loin d'avoir supprimé le recours aux animaux. Au contraire : on peut dire que chevaux, mulets ou chiens en ont été des acteurs importants. Au fond, l'énergie animale est le nécessaire pendant de l'essor de la mécanisation.
François Jarrige cherche donc, en historien, à rendre justice à cette autre classe laborieuse, plus invisible encore que le prolétariat. L'occasion d'interroger les nombreuses figures de la relation entre travailleurs humains et non humains, au cœur de la construction du monde moderne.
Une conférence animée par Laurent Keiff.

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Dans son cours de 1978 sur Le Neutre, Barthes analyse avec son habituelle exactitude et une grande finesse les figures du Neutre. Délicatesse, réveil, androgyne ou scandale, les figures et images du Neutre exposent "l'actif du Neutre". Et nous comprenons que l'opposé de tout n'est pas l'extrême d'un autre extrême, mais le Neutre. Avec le style de Barthes et cette culture cordiale qui se méfie de ceux qui comprennent trop vite et qui préfère la latence de ce que laisse advenir le Neutre d'un moment.
Une conférence animée par Joël Ganault.

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Le travail comme l'éducation sont des modes de relations complexes où souvent l'autorité prend le pas sur l'esprit critique. Pourtant il ne peut y avoir de démocratie sans apprentissage généralisé de l'égalité et de la discussion critique de l'exercice du pouvoir, pour paraphraser John Dewey.
Même si le travail ne suffit pas à définir la totalité de nos vies, il est une activité durable et structurante qui nous engage fortement et reste centrale dans nos existences. C'est pourquoi la démocratie reste vide de sens si la démocratisation des lieux de travail n'est pas réalisée.
Une conférence animée par Jean-Claude Poizat.


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L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé des avancées spectaculaires. Cependant la distance qui la sépare de son objectif proclamé – reproduire l'intelligence humaine – ne diminue pas.
Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l'intelligence humaine. Les systèmes artificiels "intelligents" traitent une variété toujours plus grande de problèmes pressants. Ce devrait demeurer là leur objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l'intelligence humaine.
L'humanité a besoin d'outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition.
Une rencontre modérée par Jean-Paul Delahaye.


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Une des questions majeures aujourd'hui concerne la façon dont les formes contemporaines du travail peuvent susciter de la souffrance au point d'ébranler les sujets eux-mêmes au plus intime.
Les recherches en psychodynamique du travail s'attachent aux causes de ces souffrances dans l'organisation du travail ainsi que dans la vie psychique des sujets, leurs stratégies de défense et leurs mécanismes d’asservissement volontaire.
La souffrance au travail est-elle indépassable ? Comment les sujets peuvent-ils transformer et réinventer le travail, et avec lui, les formes de la vie en commun ?
Une intervention modérée par Katia Genel.


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Depuis la fin du XXe siècle, des signaux d'alarme écologique ne cessent de clignoter : réchauffement climatique, destruction exponentielle de la biodiversité, déforestations accélérées, "plastification" des océans... Pourtant, les défenseurs de la cause écologique peinent à convaincre l'ensemble de la société ainsi que les décideurs économiques et politiques de la nécessité d'un changement urgent de modèle.
À gauche comme à droite, les réticences aux décisions radicales sont nombreuses, même et surtout quand c'est le contraire qui est proclamé. Dire que tout change pour que rien ne change semble une position partagée par beaucoup. Pourquoi en est-il ainsi ?
Tenter d'y répondre, c'est commencer par refuser les slogans simplistes et accepter la patiente anamnèse qui consiste à remonter aux sources des idéaux productivistes, aux idées de ses partisans et de ses détracteurs, afin d'essayer de penser une cité écologique.
Une conférence introduite par Léon Wisznia.