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De quoi parlons-nous quand nous parlons du temps ? Au terme d'une enquête métaphysique aussi captivante que rigoureuse, Francis Wolff cherche à éclaircir cette énigme du maintenant dont parlait Einstein.
Le temps est-il comme une flèche, ou comme un fleuve ? Événements passés et futurs existent-ils, ou le réel ne se conjugue-t-il qu'au présent
? Entre le temps de la nature (étudié par les physiciens) et la temporalité de la conscience (décrite par les philosophes), il convient de ne pas oublier le temps du monde, celui-là même dans lequel nous vivons et nous parlons les uns aux autres.
Une rencontre animée par Thibaud Ottevaere.
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Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore. Le travail qu'expose Eric Marty est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre.
Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, il est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées…
Il s'agit donc d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire.


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En matière de littérature, dit-on, les conservateurs révolutionnent et les révolutionnaires conservent. La droite ferait passer le style avant toute chose.
Ce discours remplit historiquement une fonction politique. Il se solidifie après-guerre, chez des Hussards soucieux de minimiser l'engagement vichyste ou hitlérien de la droite littéraire et de réhabiliter leurs aînés en les présentant comme des stylistes.
Plus largement, en étudiant un large corpus d'auteurs de droite et d'extrême droite, Vincent Berthelier invite à repenser les rapports entre style, langue et politique.
Une intervention modérée par Cédric Passard.


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Le conflit récent sur les retraites a suscité un intérêt inhabituel du public pour une institution liée à la Constitution de la Vème République : le Conseil constitutionnel. Dans d'autres pays (États-Unis, Israël, Pologne…), on voit aussi que le rôle de la Cour suprême est loin d'être anodin, d'où les luttes importantes qui se cristallisent autour de ce type d'instance.
Qu'en est-il du fonctionnement effectif du Conseil constitutionnel en France ? Que peut-on attendre de cette institution ? Si certains y voient le symbole même du "gouvernement des juges", non-élus, d'autres y voient l'un des garants de la démocratie et de l'État de droit.Est-ce une illusion ?
Une conférence modérée par Christian Louboutin.


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L'essor de l'industrialisation au XIXe siècle a été associé à la présence des machines et aux innovations technologiques. Mais la révolution industrielle est loin d'avoir supprimé le recours aux animaux. Au contraire : on peut dire que chevaux, mulets ou chiens en ont été des acteurs importants. Au fond, l'énergie animale est le nécessaire pendant de l'essor de la mécanisation.
François Jarrige cherche donc, en historien, à rendre justice à cette autre classe laborieuse, plus invisible encore que le prolétariat. L'occasion d'interroger les nombreuses figures de la relation entre travailleurs humains et non humains, au cœur de la construction du monde moderne.
Une conférence animée par Laurent Keiff.

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Dans son cours de 1978 sur Le Neutre, Barthes analyse avec son habituelle exactitude et une grande finesse les figures du Neutre. Délicatesse, réveil, androgyne ou scandale, les figures et images du Neutre exposent "l'actif du Neutre". Et nous comprenons que l'opposé de tout n'est pas l'extrême d'un autre extrême, mais le Neutre. Avec le style de Barthes et cette culture cordiale qui se méfie de ceux qui comprennent trop vite et qui préfère la latence de ce que laisse advenir le Neutre d'un moment.
Une conférence animée par Joël Ganault.

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Le travail comme l'éducation sont des modes de relations complexes où souvent l'autorité prend le pas sur l'esprit critique. Pourtant il ne peut y avoir de démocratie sans apprentissage généralisé de l'égalité et de la discussion critique de l'exercice du pouvoir, pour paraphraser John Dewey.
Même si le travail ne suffit pas à définir la totalité de nos vies, il est une activité durable et structurante qui nous engage fortement et reste centrale dans nos existences. C'est pourquoi la démocratie reste vide de sens si la démocratisation des lieux de travail n'est pas réalisée.
Une conférence animée par Jean-Claude Poizat.


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L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé des avancées spectaculaires. Cependant la distance qui la sépare de son objectif proclamé – reproduire l'intelligence humaine – ne diminue pas.
Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l'intelligence humaine. Les systèmes artificiels "intelligents" traitent une variété toujours plus grande de problèmes pressants. Ce devrait demeurer là leur objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l'intelligence humaine.
L'humanité a besoin d'outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition.
Une rencontre modérée par Jean-Paul Delahaye.