Max Frisch, la Suisse en question. Avec Christian Ciocca sur la RTS.


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14.05.2011

Né et mort à Zurich, où il a passé une bonne partie de son existence, Max Frisch a acquis une stature unique dans les lettres suisses, devenant un exemple pour toute une génération d'intellectuels engagés de l'après-guerre.
Architecte devenu écrivain, il a questionné, dans une Suisse épargnée par la guerre et encline à l'autosatisfaction, la capacité prospective et utopique d'une démocratie directe qu'il jugeait trop normative. Cette posture courageuse lui a valu, jusqu'à la fin de sa vie, une hostilité tenace des élites politico-militaires du pays, surtout en Suisse alémanique.
Écrivain contestataire de la bien-pensance helvétique, marqué par la Guerre froide, le romancier et dramaturge voulait bousculer l'establishment, qui le lui a bien rendu. Mort le 4 avril 1991 à l'âge de 80 ans, quelques mois après son alter ego Friedrich Dürrenmatt, le Zurichois a laissé un grand vide, notamment sur le plan intellectuel et politique.
Qui croit encore à la capacité de régénérer la société par l'utopie ? Existe-t-il toujours des intellectuels qui savent allier dénonciation politique et grand art littéraire ? 

Émission "L'horloge de sable".