Tu es déjà mort ! Les leçons dogmatiques de Ken le Survivant. Avec Baptiste Rappin pour le Cercle Aristote.


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11.02.2021

Que reste-t-il après l'apocalypse ? Quelle vie nous attend dans un monde dévasté par la guerre nucléaire, anéanti par la propagation d'un virus ou englouti sous les eaux d'un déluge cataclysmique ? Tel est précisément le type de situation que l'univers post-apocalyptique, qu'il soit celui du roman, du film ou du jeu vidéo, met en scène.
De ce point de vue, le manga occupe une place particulière car il tient précisément sa raison d'être de l'éclair nucléaire qui frappa et aveugla le Japon par deux fois, les 6 et 9 août 1945. Contrairement à l'Occident, l'Archipel vécut la table rase dans sa chair ; l'apocalypse ne fut pas pour lui une possibilité, mais bien une réalité effective : il fit l'expérience concrète de la faille généalogique et du déficit des origines qui forment le point de départ obligé du manga.
Le fil directeur de dernier essai de Baptiste Rappin, Hokuto no Ken, que l'on connaît en France sous le titre de Ken le survivant, s'inscrit tout naturellement dans cette perspective : les paysages de ruines y sont le théâtre d'une grande régression biologique caractérisée par la recherche d'eau et de vivres ainsi que par la loi du plus fort. Notre héros n'a-t-il d'autre alternative que de plier à ce nouveau nomos de la terre ?

La nouveauté de Platon. Avec Pierre Le Vigan pour le Cercle Aristote.


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01.2021

La philosophie n'est pas une forme supérieure de la pensée. C'est la pensée même. Mais c'est la pensée avec du recul, sur soi et sur le monde. C'est la mise à distance du réel pour mieux le voir et le comprendre. Tel est le travail que les grands philosophes nous ont légué.
L'urbaniste et essayiste Pierre Le Vigan nous invite ici à regarder à Platon et à la nouveauté qu'il a apporté dans la philosophie grecque. Un moment pivot dans l'histoire des idées qui n'aura eu de cesse d'influencer les penseurs après lui.

Un entretien mené par Marianne Corvellec.

Le pourrissement des élites. Avec Denis Collin pour le Cercle Aristote.


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05.05.2020

Il n'y a pas de société sans élite. Ce cons­tat est désa­gréa­ble pour tous ceux qui tien­nent l'égalité pour une vertu fon­da­men­tale, mais c'est un fait.
Le pro­blème est alors bien connu : com­ment conci­lier l'idéal démo­cra­ti­que avec la néces­sité que les élites gou­ver­nent de fait. Il doit demeu­rer un libre jeu, conflic­tuel, entre le peuple et les grands, pour parler comme Machiavel. Les lois fon­da­men­ta­les doi­vent être adop­tées par le peuple tout entier et les élites doi­vent être élues par le peuple et doi­vent lui rendre des comp­tes. La répu­bli­que idéale n'a pas d'autres prin­ci­pes.
Si nous reve­nons main­te­nant à la situa­tion fran­çaise, il faut faire un cons­tat ter­ri­ble : celui de la décom­po­si­tion accé­lé­rée des élites. En rajeu­nis­sant le per­son­nel poli­ti­que et en contri­buant à l'éjection d'une bonne partie de la vieille classe poli­ti­que, le macro­nisme a mis en lumière l'extra­or­di­naire effon­dre­ment du niveau intel­lec­tuel des élites ins­trui­tes dans notre pays. La bêtise crasse, la vul­ga­rité, l'absence de tout sens moral et l'incom­pé­tence acca­blante domi­nent ces nou­vel­les élites, cette classe des "cré­tins éduqués" si bien carac­té­ri­sée par Emmanuel Todd.
Comment en sommes-nous arrivés là ?

Émission des "Entretiens de la Quarantaine", animée par Pierre-Yves Rougeyron.

Penser, c'est rendre grâce. Avec Pierre Magnard pour le Cercle Aristote.


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08.12.2020

"Retrouver le pays natal, pouvoir se prévaloir d'un authentique retour aux origines, c'est ainsi que l'on devient philosophe, pour reprendre pied quand le sol vient à se dérober."
C’est à emprunter un chemin d'écolier que nous invite le dernier livre de Pierre Magnard. Un chemin qui part d'une rencontre, celle de la pensée de Heidegger, dans la khâgne de Jean Beaufret en 1946, où se joue l'intime d'une vocation philosophique.
Un chemin jalonné d'anecdotes savoureuses, où l'on croise toutes les grandes figures de la pensée française de la seconde moitié du XXe siècle, de Gandillac à Boutang, de Foucault à Michel Henry, dialoguant avec Platon, Montaigne ou Bergson.
Un chemin où l'âme d'un vieux maître d'école se recueille pour mieux se livrer, et "conjuguer une fois encore la poussière et l'étoile".

L'affaire Epstein et le carnet noir. Avec Pierre Jovanovic et Pierre-Yves Rougeyron pour le Cercle Aristote.


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12.2020

C'est peut-être l'affaire -sordide- la plus explosive de ces dernière décennies, qui met à nu l'oligarchie occidentale, son mode de fonctionnement et sa dégénérescence.
Le journaliste Pierre Jovanovic et le politiste Pierre-Yves Rougeyron reviennent longuement sur la vie détraquée du milliardaire Jeffrey Epstein, confident de Bill Clinton, qui a piégé, pendant 20 ans, pour le compte des services israéliens, des milliers de députés, sénateurs, hommes d'affaires, journalistes, stars de cinéma, scientifiques de renom, recteurs et doyens d'universités, premiers ministres, princes et princesses, et même des présidents avec son réseau de prostitution de jeunes filles. De son ascension en tant que professeur de mathématiques en passant par une carrière ratée à Wall Street, on le suit jusqu'à sa gloire et sa déchéance, en passant par sa rencontre capitale avec Ghilaine Maxwell, la fille d'un autre très grand espion du Mossad, Robert Maxwell qui avait acheté les médias britanniques pour le compte d'Israël.
Alors qu'il se prétendait millionnaire grâce à Wall Street, en réalité Epstein s'était transformé en proxénète spécialisé pour les seuls ultra-riches et tout-puissants qui n'exigent qu'une seule chose: la discrétion la plus totale. Il invitait tout ce qui était célèbre dans ses différentes luxueuses propriétés, îles privées ou encore à Paris, où toutes les chambres étaient sonorisées et équipées de caméras très discrètes. En leur fournissant régulièrement des gamines, Epstein avait monté le plus grand réseau international de pédophiles, au point que son avion a été surnommé par les contrôleurs aériens le "Lolita Express", avion que prenaient régulièrement Bill Gates comme Bill Clinton. Il vendait ensuite les vidéos aux services...
Arrêté par la police américaine une seconde fois pour "trafic de mineures" il a été retrouvé mort dans des conditions spectaculaires en août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York. Un suicide qui a arrangé toutes les célébrités dont les noms se trouvent dans son fameux "Carnet Noir".
Un échange permettant au public français de prendre connaissance d'un grand nombre de révélations sur les activités d'Epstein, de sa "Madame" Ghislaine Maxwell et sur la manière dont cette affaire révèle non seulement les graves dysfonctionnement des "élites" occidentales, mais également la faillite des services secrets des démocraties libérales.

Le testament d'un économiste désabusé. Avec Michel Santi pour le Cercle Aristote.


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03.12.2020

L'économie est une discipline "post mortem" qui ne fait que constater les faits après qu'ils sont survenus. Comment peut-elle encore prétendre conditionner les politiques publiques des femmes et des hommes politiques qui se réfugient derrière les économistes ? Ou l'économie n'est-elle qu'une blanchisseuse ou une recycleuse de théories et d'axiomes, auquel cas les économistes ne seraient que des caméléons...
Pour l'économie et pour la finance, il y aura ― comme pour la philosophie, les sciences sociales et la littérature ― un avant et un après coronavirus. Seule notre mobilisation peut transformer la fatidique année 2020 en un grand tournant caractérisé par des considérations financières n'ayant plus de prise sur notre manière de gérer la crise. Seule notre détermination sans faille peut déboulonner la toute-puissance de l'argent afin qu'il cède enfin la place aux priorités absolues que sont la santé, l'éducation et l'emploi.

Penser la guerre pour la gagner. Avec Benoist Bihan pour le Cercle Aristote.


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07.09.2020

Plus qu'aucun autre pays européen, la France fait usage de ses forces armées, engagées sans relâche dans des "opérations extérieures" au long cours dont il est parfois difficile de discerner la cohérence d'ensemble. En tête des institutions préférées des Français, qui voient en elles une valeur refuge dans une société désorientée, les Armées ont vu disparaître le climat d'antimilitarisme des années 1970. Mais l'opprobre n'a pas été remplacé par une meilleure compréhension de ce qui guide l'action de guerre.
Or la remise en cause, violente, du cadre des relations entre les États, et désormais des structures mêmes de nos sociétés, nous impose de comprendre. Elle commande de penser la stratégie, et d'approcher ce que signifie être et agir en homme de guerre : pas seulement en militaire, mais bien en citoyen face aux périls menaçant sa Nation, en être humain face à l'inéluctable tragédie de la Politique.
Un monde nouveau émerge, dans les fracas du terrorisme et de la guerre économique, au rythme de "crises" protéiformes. Pour nous, Français, ce monde neuf nous projette paradoxalement vers des horizons anciens, où se pose la question de la survie, et où la victoire est parfois le seul chemin vers la paix. Mais pour y parvenir, il nous faudra toutefois nous montrer capables à nouveau de penser, et de faire la guerre.

L'idolâtrie de la vie. Avec Olivier Rey au Cercle Aristote.


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12.10.2020

En tant qu'il commande un respect absolu, le sacré se trouvait anciennement placé au-dessus de la vie. C'est pourquoi il pouvait, le cas échéant, réclamer le sacrifice de celle-ci.
Comment la vie nue en est-elle venue à prendre elle-même la place du sacré ? Au point que sa conservation, comme l'a montré la crise engendrée en 2020 par l'épidémie de coronavirus, semble bien être devenue le fondement ultime de la légitimité de nos gouvernements.
Que cela apprend-il du rapport des populations à la politique, au pouvoir ? À quelles servitudes nous disposons-nous, si nous accordons à la "vie" la position suprême ?