Les deux dialectiques ou comment s'articulent les deux premières hypothèses du Parménide chez Proclus. Avec Pierre Caye au Centre Jean Pépin.


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10.03.2025

La "gigantomakhia peri tês ousias" ("gigantomachie autour de l'étantité", Sophiste, 246a), que met en scène le Sophiste entre les fils de la Terre et les amis des Formes, constitue moins une antinomie qu'une dialectique où chacun des termes est appelé à régler son rapport à l'être et au non-être, à l'âme et au corps, à la part visible et invisible du monde en fonction des positions de l'autre terme.
Cette dialectique est appelée à un grand avenir et traversera toute l'histoire de la philosophie jusqu'à nos jours, selon des modalités à chaque fois renouvelées, mais qui toutes renvoient aux questions initiées par les dialogues de Platon.
C'est à ce travail de la dialectique, à sa richesse problématiques, à sa fécondité intellectuelle, mais aussi à ses apories, à ses tours de passe-passe, voire à ses mystifications que Pierre Caye consacre cette conférence en revenant particluièrement sur les thèses de Proculs.

Nomos dans la philosophie du XXe siècle : du théologico-politique au théologico-économique. Avec Pierre Caye au Centre Jean Pépin.


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23.05.2022

C'est pour répondre à la "violence divine" évoquée par Walter Benjamin que Carl Schmitt a conceptualisé le théologico-politique, soit en posant les conditions philosophiques et juridiques nécessaires pour canaliser la sauvagerie de l'instance dispensatrice de puissance, conditions qu'il a résumées sous le terme stoïcien de katéchon : l'arche politique et morale qui maintient l'ordre du monde institué et retarde le jugement dernier.
Cette idée de la puissance qui se donne au monde et son transit ne cesse de revenir à travers la philosophie contemporaine, mais ce n'est plus le politique qui en est le médiateur mais l'économie sous quelque forme qu'on entende cette notion, aussi bien libidinale chez le philosophe que financière chez l'économiste. Là est la nouveauté : ce qu'on peut appeler le théologico-économique.
Ce terme de nomos qui définit dans le vocabulaire non pas de la Grèce antique, mais bien de la philosophie contemporaine, cette dispensation tous azimuths de la puissance par quelque instance que ce soit, est utilisé par Gilles Deleuze aussi bien que par Carl Schmitt, par Friedrich Hayek aussi bien que par Heidegger.

Carl Schmitt et le jeu des espaces : le nomos contre la "loi". Avec Jean-François Kervegan au Centre Jean Pépin.


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20.06.2022

La réflexion sur les enjeux de territoire et la récusation d'une unité politique du monde sont des motifs récurrents de l’œuvre de Carl Schmitt, malgré les ruptures apparentes ou réelles qu’elle comporte. Ils sont présents dans les écrits de la période décisionniste (1920-1933), où ils illustrent le fantasme d’un dépassement définitif du conflit politique.
Durant la période national-socialiste, Schmitt oppose sa théorie du "grand espace" et des Empires aux rêves mondialistes, d'autant plus dangereux qu'’ils servent les intérêts d'une puissance aspirant à l'hégémonie, les États-Unis.
Mais c'est dans les écrits postérieurs à 1945 que cette approche devient centrale, en même temps que la réflexion désabusée sur "le nouveau nomos de la terre" qui pourrait succéder au jus publicum europaeum de l'époque moderne.
En fin de compte, le rejet constant du rêve d'une unification politique illustre à la fois la conviction étatiste de Schmitt et son refus d'une philosophie rationaliste de l’histoire.

Platon, critique des politiques d'Aristote : la lecture de Campanella. Avec Pierre Caye pour le Centre Jean Pépin.


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18.01.2021

Spécialiste des philosophies et des théories architecturales renaissantes et classiques, Pierre Caye revient en profondeur sur le différend entre Aristote et Platon au sujet de l'essence du politique, tel que Tommaso Campanella l'a exposé.
Une étude nécessaire à la compréhension des débats philosophiques qui eurent lieu durant la Renaissance, période d'ébullition intellectuelle s'il en est.